Réunion de la Coalition à Stuttgart, le Canada à la table du groupe des principaux contributeurs

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Le ministre Sajjan (dernier au bout de la table face à Ashton Carter) était à Stuttgart, en Allemagne, ce 4 mai prochain, pour participer à une réunion des ministres de la Défense provenant des pays qui dirigent la coalition internationale contre le groupe armé État islamique (EI).(DoD)
Le ministre Sajjan (dernier au bout de la table face à Ashton Carter) était à Stuttgart, en Allemagne, ce 4 mai prochain, pour participer à une réunion des ministres de la Défense provenant des pays qui dirigent la coalition internationale contre le groupe armé État islamique (EI).(DoD)

Le ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan et ses homologues de la coalition n’ont pu éviter à leur réunion d’aujourd’hui en Allemagne le sujet brûlant de l’instabilité politique et des divisions sectaires en Irak, pas plus qu’ils n’ont pu ignorer la délicate question de la présence de Moscou en Syrie.

Non seulement l’instabilité politique en Irak qui pourrait compromettre la lutte à l’EI alors que la coalition est si près du but a été l’un des thèmes majeurs de cette rencontre, ainsi que l’action après la défaite du groupe armé État islamique qui s’était justement emparé de pans entiers du territoire national,irakien à la faveur des divisions sectaires et confessionnelles.

Le ministre Sajjan, était à Stuttgart, en Allemagne, ce 4 mai prochain, pour participer à une réunion des ministres de la Défense provenant des pays qui dirigent la coalition internationale contre le groupe armé État islamique (EI).

Étaient présents à cette importante réunion du groupe restreint de la coalition présidée par le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, les ministres de la Défense du Canada, du Danemark, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande,de la Norvège, de l’Espagne, et du Royaume-Uni. L’Australie, elle, y était représentée par son ambassadeur en Allemagne.

La rencontre avait pour but de discuter des résultats de la campagne militaire contre Daech depuis la réunion des ministres de la Défense de la Coalition à Bruxelles en février, et de faire le point sur la façon de de générer des capacités supplémentaires pour accélérer davantage les efforts déployés par le gouvernement irakien et les forces locales.

« La réunion d’aujourd’hui avec mes homologues de la coalition internationale s’est avérée une excellente occasion d’aborder les progrès, de donner un élan et de planifier les prochaines étapes de la campagne visant à affaiblir et à vaincre l’EI », a déclaré le ministre Sajjan après la rencontre.

Prévoir les efforts de stabilisation

Le Canada et les autres pays de la coalition ont aussi discuté, d’affirmer le ministre canadien en conférence de presse depuis l’Allemagne au sortir de la réunion,,d’un plan auquel le Canada sera appelé à participer pour la reconstruction de l’Irak et de ses villes ravagées après la défaite de l’Irak, de façon à favoriser la réconciliation et à éviter la résurgence de groupes comme l’EI.

« Trouver, en collaboration avec nos alliés et partenaires de la coalition, des solutions qui assureront la sécurité à long terme en Irak et en Syrie constitue une priorité pour le Canada. À cette fin, j’ai souligné l’engagement accru du Canada à titre de membre actif de la coalition internationale, ainsi que le travail positif effectué par les membres des Forces armées canadiennes, qu’il s’agisse de fournir de l’instruction sur le terrain, de conseiller les forces de sécurité locales irakiennes, d’appuyer les activités de surveillance aérienne et de ravitaillement ou de fournir des capacités de renseignement à la coalition », a expliqué le ministre canadien de la Défense.

Les ministres de la Défense des principaux contributeurs de la coalition réunis à Stuttgart ont, tout en reconnaissant « le travail important qui est fait pour stabiliser les zones libérées de l’EI, y compris dans la région stratégiquement importante de la province d’Anbar », selon les mots du communiqué publié après la rencontre, souligné l’immense travail qu’il reste à faire et « les vastes besoins en ressources pour la stabilisation et les défis considérables qui subsistent dans le financement de ces efforts qui ne sont pas intrinsèquement militaire, mais dont le succès est essentiel pour le résultat final de la campagne militaire. ».

La Coalition doit aussi veiller à ce que tous les groupes puissent continuer à travailler ensemble. Le Canada à cet égard a un rôle essentiel et le ministre Sajjan assure que les relations entre les peshmergas avec lesquels travaillent les conseillers militaires canadiens et le gouvernement de Bagdad devreient rester au beau fixe.

Ce qui est d’autant plus important que les Kurdes doivent jouer une rôle central dans la reprise de Mossoul qui est devenu la priorité de la coalition en Irak et l’objet de discussions à un stade avancé entre les Américains, les Kurdes et Bagdad.

Appel à l’OTAN

Les ministres ont également convenu « de travailler collectivement avec d’autres partenaires pour générer plus efficacement les capacités supplémentaires identifiés par le commandement de l’opération IMHERENT RESOLVE ».

Le secrétaire américain à la Défense a évoqué pour sa part une aide sous forme de « coordination dans la logistique » des pays membre de l’Alliance atlantique déjà impliqués à titre individuel dans la coalition anti-EI. Il a aussi mentionné « la question des Awacs de l’Otan ».

Dans un premier pas, l’Otan a donné jeudi son accord de principe pour déployer ses avions de surveillance Awacs au-dessus des États-Unis, de façon à permettre à l’armée américaine de libérer ses propres appareils pour des opérations dans le ciel irakien et syrien.

Selon une source diplomatique, Washington veut aller plus loin avec un engagement des Awacs de l’Otan dans les espaces aériens syriens et irakiens. Une demande formelle pourrait être déposée lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan les 19 et 20 mai à Bruxelles, selon cette source.

Par ailleurs, le rôle de l’Italie comme leader d’une intervention en Lybie a été confirmé à cette réunion. Il n’a pas été encore question de la forme que pourrait prendre une participation du Canada à une éventuelle intervention dans ce pays, mais le ministre Sajjan a insisté en téléconférence ce matin depuis Stuggart sur l’importance de briser le réseau de l’EI qui s’étend dangereusement hors d’Irak et de Syrie.

Mais le Canada ne fait pas que participer aux discussions. Pendant ce temps, contrairement à ce que certains semblent vouloir laisser croire, l’effort canadien se poursuit aussi au plan opérationnelle malgré le retrait des CF-18 le 15 février dernier et, en plus du travail de nos conseillers militaires sur le terrain, en date du 23 avril 2016 la Force opérationnelle aérienne en Irak a maintenant effectué 2 275 sorties aériennes, selon les chiffres les plus récents du ministère de la Défense nationale:

L’appareil de ravitaillement aérien CC150T Polaris a effectué 434 sorties, acheminant environ 25 300 000 livres de carburant aux aéronefs de la coalition et les aéronefs CP140 Aurora ont effectué 463 missions de reconnaissance.

« La réunion d’aujourd’hui souligne la détermination de la coalition internationale à collaborer pour vaincre l’EI et à appuyer les efforts visant une réconciliation politique en Irak, ainsi que le rôle de premier plan que joue le Canada dans ces efforts »,a finalement conclu le ministre canadien de la Défense. », ajoutant « Je me réjouis à l’idée de poursuivre ces importantes discussions à la prochaine réunion des ministres de la Défense appartenant à la coalition internationale qui aura lieu plus tard cette année. »,

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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