Syrie: raids sur le camp de déplacés d’Al-Kammouna, l’ONU horrifiée

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Syrie: au moins 28 morts dans des raids sur le camp de déplacés d'Al-Kammouna. (photo tirée de la page facebook de Shahba press)
Syrie: au moins 28 morts dans des raids sur le camp de déplacés d’Al-Kammouna. (photo tirée de la page facebook de Shahba press)

Au moins 28 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées et une cinquantaine blessées jeudi dans des raids aériens contre un camp de déplacés dans le nord-ouest de la Syrie, près de la frontière turque, a indiqué une ONG.

Le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, a affirmé que les raids avaient ciblé le camp d’Al-Kammouna près de la localité de Sarmada dans le nord de la province d’Idleb, contrôlée en majorité par le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, et ses alliés rebelles.

Il n’a pas précisé qui était derrière ces raids alors que le ciel syrien est encombré par les appareils du régime, ceux de la Russie et ceux de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

L’ONG a affirmé que le bilan des morts pourrait s’alourdir en raison de la gravité de l’état de certains blessés.

Mamoun al-Khatib, directeur de l’agence de presse locale prorebelles Shahba press, basée à Alep, a accusé le régime de Bachar al-Assad d’avoir mené ces raids.

«Deux avions du régime Assad ont tiré quatre missiles sur le camp situé dans le village d’Al-Kammouna. Deux missiles sont tombés tout près du camp provoquant un mouvement de panique et deux autres à l’intérieur où une dizaine de tentes ont pris feu», a-t-il dit.

Selon lui, les déplacés dans ce camp avaient fui les combats dans le nord de la province d’Alep.

Des images diffusées par des militants sur les réseaux sociaux montrent des secouristes éteindre les flammes dévorant les tentes.

Il n’était pas possible de vérifier les accusations du militant syrien contre le régime.

L’ONU réclame une enquête

Le chef des opérations humanitaires de l’ONU a réclamé une enquête immédiate sur les frappes aériennes contre un camp de civils déplacés en Syrie, qui ont fait au moins 28 morts jeudi, se disant « horrifié et écoeuré ».

« Si on découvre que cette attaque choquante a pris délibérément une structure civile pour cible, cela pourrait constituer un crime de guerre », a déclaré Stephen O’Brien, plus haut responsable de l’ONU pour les affaires humanitaires.

Les femmes et les enfants qui ont été tués par les frappes aériennes avaient trouvé refuge dans ce camp ce situé dans la province d’Idleb (nord), après avoir fui les combats dans la région voisine d’Alep.

Cette province, proche de la frontière turque, est contrôlée par le Front Al-Nosra, branche d’Al-Qaïda en Syrie, et ses rebelles alliés.

« Je suis horrifié et écoeuré par les informations concernant la mort de civils aujourd’hui dans des frappes aériennes qui ont touché deux installations où des gens déplacés avaient cherché un sanctuaire », a indiqué M. O’Brien dans un communiqué.

Des milliers de civils avaient fui ces dernières semaines les combats dans la province septentrionale d’Alep entre rebelles, djihadistes, régime et forces kurdes. Ils se sont installés dans des secteurs bordant la frontière de la Turquie qui a refusé jusque-là de les laisser passer.

Plusieurs camps de déplacés abritant des dizaines de milliers de personnes ont été établis dans les régions nord du pays près de la frontière turque notamment dans les provinces d’Alep et d’Idleb.

Le 27 février, une trêve globale était intervenue entre le régime et les rebelles, à l’exception des djihadistes, après des mois de combats avant d’être brisée huit semaines plus tard.

Puis une trêve de 48 heures est entrée en vigueur à 00H01 locale (22H01 GMT mercredi) à Alep, deuxième ville du pays, où une offensive des forces du régime de Damas a été lancée le 22 avril.

La guerre en Syrie, qui a fait plus de 270.000 morts, a aussi poussé à la fuite plusieurs millions de personnes depuis son déclenchement en mars 2011, provoquant un désastre humanitaire qui a atteint les portes de l’Europe.

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