Syrie: Kerry réclame le retour du cessez-le-feu dans tout le pays, y compris Alep

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Alep encore sous les bombes. (Vidéo AMC)

John Kerry a réclamé un rétablissement du cessez-le-feu sur tout le territoire en Syrie, notamment à Alep bombardé par le régime, a indiqué samedi soir le département d’État, quelques heures avant le départ pour Genève du secrétaire d’État américain pour des entretiens d’urgence sur le conflit.

Le chef de la diplomatie américaine s’est entretenu vendredi et samedi au téléphone avec l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, et avec le coordinateur de l’opposition syrienne Riad Hijab et il leur a dit «clairement que la fin des violences à Alep et le retour au bout du compte à une cessation durable (des hostilités) étaient la première des priorités», a rendu compte le porte-parole du Département d’État John Kirby dans un communiqué publié à 19h (heure de Washington) samedi.

Le Secrétaire d’État John Kerry a appelé au cours des deux derniers jours l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura et le coordonnateur général pour les Hauts Comité des négociations, le Dr Riyad Hijab de l’opposition syrienne.

« Le Secrétaire a exprimé sa profonde préoccupation face à la détérioration de la situation à Alep, où le régime Assad continue d’intensifier le conflit en ciblant principalement des civils et des innocents ainsi que des groupes qui sont parties à l’accord de cessez-le-feu, et non pas Al Nousra, comme le régime le prétend faussement le régime Assad », déclare sans ambiguïté le communiqué du porte-parole américain.

« De telles attaques sont des violations directes du cessez-le-feu et doivent cesser immédiatement », prévient Washington..

Lors des deux appels, indique le Département d’État, le Secrétaire a souligné que les efforts initiaux pour rétablir le cessez-le-feu dans les secteurs de Lataquié et de la Ghouta orientale ne sont pas limités à ces deux régions et que les efforts pour renouveler le cessez-le-feu « comprennent et doivent comprendre Alep ».

Toujours selon la même source, le Secrétaire américain a précisé que la fin de la violence à Alep et le retour à un cessez-le-feu à l’échelle de tout le pays était une priorité absolue. « Nous travaillons sur des initiatives spécifiques pour désamorcer la recrudescence des combats et les tensions et avons espoir de faire des progrès tangibles sur ces initiatives bientôt », a-t-il déclaré..

En attendant, le Secrétaire a précisé a exhorté la Russie à prendre des mesures pour faire cesser les violations par le régime Assad, en particulier ses attaques aériennes aveugles sur Alep.

Le Secrétaire d’État américain s’engagé à continuer à travailler à travers le Groupe international de soutien en Syrie pour rétablir ;e cessez-le-feu à l’échelle nationale. pour mettre fin à l’obstruction à l’acheminement des secours humanitaires à toutes les secteurs qui en ont besoin; et pour faire des progrès concrets vers une transition politique. Il discutera de ces efforts lors de ses prochaines réunions à Genève, conclut le communiqué.

Pour Moscou, ce qui se passe à Alep « fait partie de cette lutte contre la menace terroriste »

On sait que la Russie ne demandera pas à Damas de cesser ses bombardements sur la région d’Alep, le principal champ de bataille de la guerre civile en Syrie,

« Non, nous n’allons pas mettre la pression (sur le régime de Damas pour qu’il cesse ses frappes) parce qu’il faut comprendre qu’ici, il s’agit d’une lutte contre la menace terroriste », a-t-il affirmé a déclaré samedi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov dans un entretien avec l’agence de presse russe Interfax.

Ce qui se passe à Alep « fait partie de cette lutte contre la menace terroriste », a-t-il ajouté.

Des responsables américains ont également accusé Moscou d’appuyer les attaques du régime de Damas, qui semble préparer un assaut sur Alep. Jeudi, Washington a exhorté la Russie à faire pression sur son allié Bachar al-Assad.

Mais l’armée russe a aussitôt démenti soutenir les frappes gouvernementales, affirmant qu’aucun de ses avions n’avait survolé Alep ces derniers jours.

De son côté, le chef du principal groupe d’opposition syrien, Anas al-Abdeh, a estimé samedi, après de nouveaux raids sur la région d’Alep, que les chances d’une solution politique en Syrie étaient en danger à moins que la communauté internationale ne fasse pression sur le régime de Damas.

«La Russie ne fait pas ce qu’elle est supposée faire, à savoir exercer une pression suffisante sur le régime de Damas pour qu’il fasse preuve de retenue et cesse de viser des civils», a ajouté le responsable de l’opposition.

Pour M. Abdeh, c’est aux États-Unis, engagés dans d’intenses pourparlers avec la Russie pour trouver une solution en Syrie, que revient la tâche de sauver le processus de paix de Genève après les derniers combats.

« Les Américains savent très bien qu’il doivent faire quelque chose de spécial pour faire renaître le processus politique en Syrie et remettre sur les rails les négociations politiques. J’espère que les Américains le font, car autrement, tous les efforts déployés au cours des derniers quatre mois l’auront été en vain », a ajouté l’opposant.

Un nouveau round de négociations doit commencer le 10 mai à Genève.

Pendant ce temps, depuis le 22 avril, plus de 246 civils ont été tués dans des bombardements et des tirs de l’armée et des rebelles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Des dizaines d’habitants du côté rebelle de la ville d’Alep ont fui samedi leurs quartiers pour échapper aux nouveaux raids aériens du régime, qui ont repris pour le 9e jour consécutif.

*Avec AFP

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