Syrie: la trêve à Alep de nouveau prolongée de 48 heures

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Alep, vue de la mosquée des Omeyades, joyau historique dont le minaret a été détruit dans les combats en avril dernier (Photo: Archives/ Guillaume Piolle, WikiC)
Alep, vue de la mosquée des Omeyades, joyau historique dont le minaret a été détruit dans les combats en avril 2013. (Photo: Archives/ Guillaume Piolle, WikiC)

La trêve entre régime et rebelles à Alep, deuxième ville de Syrie, a été prolongée une nouvelle fois de 48 heures, soit jusqu’à mercredi à minuit, a annoncé le commandement de l’armée lundi.

« Le ‘régime du silence’ est prolongé à Alep et sa province, à partir de mardi 01H00 (lundi 22H00 GMT) jusqu’à mercredi minuit » locale (mardi 21H00 GMT), a-t-elle précisé dans un communiqué.

C’est la deuxième fois que la trêve temporaire, instaurée jeudi dernier sous l’impulsion des Etats-Unis et de la Russie, est prolongée dans la métropole septentrionale divisée entre secteur gouvernemental et secteur rebelle.

Elle avait été prolongée une première fois samedi et devait expirer mardi 00H01 (lundi 21H01 GMT).

Avant cette trêve, les bombardements à Alep avaient fait près de 300 morts parmi les civils entre le 22 avril et le 5 mai, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Depuis le début de cette trêve, cinq civils, dont deux enfant, ont péri dans des tirs sporadiques d’insurgés sur plusieurs quartiers du secteur ouest de la ville qui est sous le contrôle du régime de Bachar al-Assad, d’après l’OSDH.

Encouragées par l’arrêt des bombardements, des familles ont regagné leurs foyers et les écoles ont rouvert dans le secteur rebelle.

Ailleurs en Syrie, dans la province d’Idleb (nord-ouest) contrôlée par la branche d’Al-Qaïda, au moins dix civils dont trois enfants ont péri lundi dans des bombardements du régime, qui ont fait également de nombreux blessés graves, selon l’OSDH.

Moscou et Washington à la manœuvre, les soutiens de l’opposition réclament des garanties

Par ailleurs, la Russie et les États-Unis se sont engagés lundi à « redoubler d’efforts » pour aboutir à un règlement politique du conflit syrien et étendre le cessez-le-feu, les pays soutenant l’opposition réclamant des « garanties » que le processus ne volerait pas une nouvelle fois en éclats.

Dans une déclaration commune publiée par la diplomatie russe, Moscou, allié de Damas, et Washington, qui soutient l’opposition, se sont promis de « redoubler d’efforts » et ont détaillé leurs engagements pour faire respecter la trêve et relancer le processus de paix.

« Nous avons décidé de réaffirmer notre engagement pour la cessation des hostilités en Syrie » ont déclaré les deux pays, tout en promettant de renforcer leurs efforts pour l’accès de l’aide humanitaire sur le terrain.

« Ce sont des mots sur une feuille de papier, ce ne sont pas des actes », a reconnu quelques heures plus tard à Paris le secrétaire d’État américain John Kerry. « La Russie s’est engagée à réfréner le régime syrien » pour éviter des opérations aériennes dans les zones peuplées de civils, a-t-il dit.

La Russie et les États-Unis, qui co-président le groupe de soutien international à la Syrie (GISS, 17 pays), pilotent le dossier et le contrôle du cessez-le-feu, instauré sous leur impulsion le 27 février. Ce dernier avait volé en éclats fin avril à Alep, la grande ville du nord du pays, divisée entre secteurs contrôlés par les rebelles et par le régime, où quelque 300 personnes ont été tuées ces dernières semaines.

Une trêve temporaire entre forces gouvernementales et groupes rebelles a de nouveau été instaurée la semaine dernière. Lundi soir, après la déclaration commune de Moscou et Washington, l’armée syrienne a annoncé une nouvelle prolongation de la trêve jusqu’à mercredi à minuit.

Si Moscou s’est engagé à faire pression sur Damas pour « limiter » ses bombardements, Washington de son côté à promis d' »augmenter le soutien à ses alliés régionaux pour les aider à empêcher la circulation des combattants, des armes ou des moyens de soutien financier aux organisations terroristes à travers leurs frontières », selon la déclaration commune de la Russie et des États-Unis.

Quelques heures plus tard à Paris, où se tenait une réunion des pays arabes et occidentaux — dont les Etats-Unis — soutenant l’opposition, des « garanties concrètes » sur le maintien de la trêve et l’accès humanitaire ont été exigées.

« Il ne faut pas que ce soit une déclaration de plus », a résumé le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault à l’issue de cette réunion, illustrant les difficultés à trouver une stratégie commune pour sortir de ce conflit qui a fait plus de 270.000 morts depuis 2011, et qui implique directement ou indirectement une dizaine de pays.

Pour relancer le processus politique et garantir le cessez-le-feu, une réunion du GISS (qui comprend les soutiens de l’opposition ainsi que la Russie et l’Iran, alliés de Damas), devrait probablement se tenir la semaine prochaine à Vienne, a-t-il indiqué.

Les négociations de paix, qui avaient été suspendues à Genève fin avril sans avancée notable, doivent reprendre « le plus rapidement possible », a-t-il insisté.

Il a cependant convenu que c’était « difficile pour l’opposition de pouvoir justifier un retour à Genève sans qu’il y ait des évolutions concrètes sur le terrain », accusant le régime de Damas d’être responsable des violations de la trêve et du blocage de l’aide humanitaire.

La déclaration commune de Moscou et Washington sur la Syrie est un « signal encourageant pour l’opposition (syrienne), même si ce n’est certainement pas encore suffisant pour décider d’un retour aux pourparlers de paix à Genève », a estimé son homologue allemand Frank Walter Steinmeier.

Le représentant de l’opposition syrienne rassemblée au sein du HCN (Haut comité des négociations), Riad Hijab, assistait à la réunion de Paris.

Le HCN avait quitté la dernière session de pourparlers de Genève sous l’égide de l’ONU après la reprise des bombardements le 22 avril à Alep, où le régime de Damas affirme combattre des « groupes terroristes » comme le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda.

Depuis la réinstauration d’une trêve temporaire à Alep, cinq civils, dont deux enfant, ont péri dans des tirs sporadiques d’insurgés sur plusieurs quartiers du secteur ouest d’Alep qui est sous le contrôle du régime de Bachar al-Assad, d’après l’ONG syrienne OSDH.

Ailleurs en Syrie, dans la province d’Idleb (nord-ouest) contrôlée par la branche d’Al-Qaïda, au moins dix civils dont trois enfants ont péri lundi dans des bombardements du régime, qui ont fait également de nombreux blessés graves, selon l’OSDH.

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