Syrie: la trêve à Alep est prolongée de 72 heures, annonce le ministère russe de la Défense

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Alep, vue de la mosquée des Omeyades, joyau historique dont le minaret a été détruit dans les combats en avril dernier (Photo: Archives/ Guillaume Piolle, WikiC)
Alep, vue de la mosquée des Omeyades, joyau historique dont le minaret a été détruit dans les combats en 2013. (Archives/ Guillaume Piolle, WikimediaCommons)

Le ministère russe de la Défense a annoncé vendredi que la trêve instaurée pour deux jours à Alep, dans le nord de la Syrie, avait été prolongée de 72 heures.

Cette trêve entre forces gouvernementales et groupes rebelles à Alep avait été instaurée pour les journées de jeudi et vendredi, sous la pression de Moscou et de Washington, après que la cessation des hostilités entrée en vigueur le 27 février eut volé en éclats dans cette ville.

À l’initiative de la partie russe, « le régime de silence (des armes, ndlr) dans la province de Lattaquié (dans le nord-ouest de la Syrie, ndlr) et dans la ville d’Alep a été prolongé de 72 heures à partir du 7 mai à 00h01 heure locale », a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

La trêve prévue initialement pour deux jours avait été décidée après des combats qui avaient fait près de 300 morts depuis le 22 avril à Alep, deuxième ville de Syrie, où des quartiers sont tenus par des groupes rebelles et d’autres par les forces gouvernementales. Cette trêve de 48 heures expirait samedi à 01h01 heure locale (vendredi 22h00 GMT).

Les États-Unis ont fait état de la prolongation de la trêve à Alep peu après son annonce par Moscou. « La cessation des hostilités a réduit la violence à Alep, et les États-Unis sont engagés à maintenir cette trêve aussi longtemps que possible », a déclaré le porte-parole du département d’État, John Kirby.

« Nous saluons cette récente prolongation, mais notre objectif est d’arriver au point où nous n’aurons plus à compter les heures et où la cessation des hostilités sera pleinement respectée à travers la Syrie », a ajouté le porte-parole américain.

Journée des Martyrs dans le théâtre antique de Palmyre

Le théâtre romain de Palmyre (AFP)
Le théâtre romain de Palmyre (AFP)

Par ailleurs, Damas a célébré la journée des Martyrs dans le théâtre antique de PalmyreMusique militaire, chants patriotiques, floraison de drapeaux, les autorités syriennes ont célébré vendredi le centenaire de la journée des Martyrs dans le théâtre antique de Palmyre, où il y a peu les jihadistes exécutaient leurs prisonniers.

Alors que le pays connait depuis cinq ans une guerre civile qui a fait plus de 170.000 morts, le régime a voulu donner un lustre particulier en illuminant la cité antique, six semaines après que l’armée, épaulée par les militaires russes, eut chassé les combattants ultra-radicaux de l’État Islamique (EI).

« Nous sommes ici pour saluer ceux qui sont morts pour sauver la patrie et nous saluons les martyrs de la Syrie et parmi eux les héros qui sont morts précisément sur ce théâtre », a affirmé le présentateur avant de laisser la place à l’orchestre de la police et de l’armée qui a entamé l’hymne aux morts.

Le 25 juillet 2015, l’EI avait diffusé une vidéo de l’éxécution de 25 soldats dans ce théâtre et l’un des murs porte encore les empreintes des balles.

Pour montrer le rôle primordial joué par leur pays, indéfectible allié du régime, dans la reconquête de la ville, une vingtaine de soldats russes sont montés sur scène en agitant des drapeaux russes et syriens, avant le début de la représentation.

La veille, dans cet endroit mythique, le chef d’orchestre russe Valéri Guerguiev avait dirigé un concert symphonique.

Interprété par l’Orchestre symphonique du théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, le concert intitulé « Prière pour Palmyre, la musique redonne vie aux anciens murs », s’était déroulé devant 400 spectateurs dont de nombreux soldats russes.

« Nuage passager »

Vendredi, les autorités avaient fait venir en bus dans cette ville en plein désert, des délégations de toutes les régions de Syrie sous contrôle gouvernemental et distribué au public à l’entrée du théâtre des drapeaux syriens.

« J’ai toujours rêvé de revoir Palmyre. Nous sommes venus pour faire revivre à nouveau Palmyre maintenant que la sécurité est rétablie et j’espère assister bientôt à un concert dans la citadelle, qui est aujourd’hui bien fatiguée », a affirmé à l’AFP Zoulfiqar Hassan, un dentiste de la cité balnéaire de Lattaquié.

Ce monument islamique construit par les Mamelouks au 13ème siècle sur la colline surplombant la site antique, a pris ensuite le nom de Fakhredine, du nom de l’émir druze qui contrôla la cité au 16ème siècle.

Le château ainsi que le site antique de Palmyre sont classés au patrimoine mondial de l’Humanité.

May Aref, directrice d’une école, 35 ans, venue de Damas espère que « ce concert marquera pour Palmyre le retour à sa splendeur d’antan et que ce qui s’est passé n’était qu’un nuage passager ».

La Chorale de joie a interprété des chansons patriotiques de Fayrouz. Mais alors que la diva libanaise chante « mon père est parti avec l’armée, il a tenu un fusil (…) il a combattu et gagné à Anjar », une localité libanaise, les chanteurs l’ont remplacé par Palmyre.

Entre chaque morceau, le public scandait « Syrie » et « les fils des martyrs protégent le chef de la nation », allusion au président Bachar al-Assad.

Six semaines après leur départ, Palmyre porte encore les irrémédiables outrages de la présence durant dix mois des djihadistes avec la destruction à l’explosif de monuments antiques comme l’illustre temple de Bêl ou celui de Baalshamin ainsi que l’arc de triomphe et le musée.

Elle garde aussi les stigmates des combats pour la reconquête de la ville avec les immeubles sans façades, les chaussées défoncées, où les jihadistes avaient caché des mines artisanales que soldats russes et syriens ont du faire sauter.

Mais la guerre n’est pas loin. L’EI se trouve à une trentaine de km et n’a pas rendu ses armes. Il y quelques jours, les djihadistes se sont emparés du champ gazier de Chaer, tout proche.

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