Syrie: la trêve a expiré à Alep, première aide à une ville assiégée

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Des forces gouvernementales syriennes sur la route durant une opération contre le groupe EI près des villages de Zarour et Khanaser, dans la région d'Alep le 26 février 2016. (AFP/Archives/GEORGES OURFALIAN)
Des forces gouvernementales syriennes sur la route durant une opération contre le groupe EI près des villages de Zarour et Khanaser, dans la région d’Alep le 26 février 2016. (AFP/Archives/GEORGES OURFALIAN)

Une trêve temporaire entre le régime syrien et les rebelles à Alep a expiré jeudi avant l’aube sans qu’elle soit reconduite, tandis que la localité assiégée de Daraya s’apprêtait à recevoir sa première aide en quatre ans.
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Mise à jour au 12/05/2016 à 15h

Le convoi d’aide humanitaire censé soulager la population « désespérée » de la ville syrienne de Daraya a été empêché d’entrer jeudi dans cette cité assiégée par les forces du régime depuis 2012.

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La guerre continue de faire rage partout en Syrie, avec des frappes intenses du régime sur le fief rebelle de la Ghouta orientale près de Damas, une prise par Al-Qaïda et ses alliés d’un village alaouite dans le centre, et des combats entre rebelles et jihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans le sud.

Ce groupe ultraradical a infligé ces deux derniers jours des revers à l’armée syrienne en isolant Palmyre, moins d’une semaine après les célébrations par le régime et son allié russe de la reprise de cette ville antique située en plein désert.

A Alep, la deuxième ville du pays, le cessez-le-feu temporaire imposé il y a une semaine aux belligérants a expiré à minuit (mercredi 21H00 GMT), sans être prolongé comme ce fut le cas à deux reprises.

Dans la nuit, deux rebelles ont été tués dans une frappe sur le quartier al-Chaar, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Selon la défense civile, deux barils ont été largués par l’armée de l’air sur un quartier rebelle, sans faire de victime.

Près de 300 personnes ont été tués à Alep dans les combats qui ont fait voler en éclat le 22 avril le cessez-le-feu instauré en Syrie le 27 février sous l’égide de Moscou et Washington.

‘Des actes, pas des paroles’

Après cet échec, le conflit sera au centre d’une nouvelle réunion le 17 mai à Vienne du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), co-présidé par les Etats-Unis et la Russie.

Ces derniers se sont engagés à « redoubler d’efforts » pour aboutir à un règlement politique de cette guerre particulièrement complexe mettant aux prises un régime qui veut regagner du territoire avec l’appui de l’aviation russe, des rebelles en perte de vitesse, des groupes jihadistes rivaux EI et Al-Nosra, ainsi que les forces kurdes qui ont constitué une région de facto autonome.

Mais pour le coordinateur de l’opposition Riad Hijab, interviewé par l’AFP, « cela fait cinq ans que le peuple syrien meurt. Nous voulons des actes, et non plus des paroles, de la part de nos amis ».

« Nous espérons que les Etats-Unis, les Français, les Britanniques, les Allemands et autres vont agir sur le terrain », a-t-il souligné, en rappelant que la rébellion se battait à la fois contre le régime et ses alliés, l’EI et les forces kurdes.

M. Hijab a réclamé des armes antiaériennes pour contrer les bombardements ainsi que des mesures contre le régime qui bénéficie, selon lui, d’un « feu vert pour poursuivre ses exactions ».

Première aide à Daraya

Dans la province centrale de Hama, Al-Nosra et des groupes islamistes se sont emparés du village alaouite d’al-Zara. « Ils ont kidnappé des familles alaouites aux abords du village » dans la foulée de l’assaut, a précisé l’OSDH.

« Des groupes terroristes se sont infiltrés à al-Zara, ont commis un massacre ainsi que des destructions et des pillages », a pour sa part rapporté l’agence officielle Sana.

Par ailleurs, sept frappes du régime ont visé jeudi la Ghouta orientale, bastion de la rébellion à l’est de Damas, d’après l’OSDH.

Dans la province sud de Deraa, au moins sept civils dont deux enfants ont été tués par des roquettes de rebelles et d’Al-Nosra sur deux localités contrôlées par une organisation affiliée à l’EI.

A l’ouest de la capitale, le CICR, le Croissant rouge syrien et l’ONU se préparaient à faire « entrer aujourd’hui la première aide humanitaire dans la ville de Daraya depuis le début du siège (des troupes du régime, ndlr) en novembre 2012 », a indiqué Pawel Krzysiek, porte-parole du CICR en Syrie.

Le régime refusait jusqu’à présent de faire rentrer de l’aide à Daraya, un fief rebelle très symbolique pour l’opposition car elle échappe au régime depuis quatre ans. La ville était à la pointe de la révolte contre Bachar al-Assad lorsqu’elle a éclaté en mars 2011.

Dans la ville, aujourd’hui presque entièrement détruite et qui a perdu 90% de ses 80.000 habitants, ceux qui restent souffrent de malnutrition.

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