Washington critique implicitement l’Égypte à l’ONU pour sa répression de la presse

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L'ambassadrice américaine aux Nations Unie, Samantha Power a soulevé auprès du ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, la question des atteintes à la liberté d'expression au nom de la lutte au terrorisme. (Compte Twitter/@AmbassadorPower)
L’ambassadrice américaine aux Nations Unie, Samantha Power a soulevé auprès du ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shoukry, la question des atteintes à la liberté d’expression au nom de la lutte au terrorisme. (Compte Twitter/@AmbassadorPower)

L’ambassadrice américaine auprès des Nations unies Samantha Power a critiqué mercredi implicitement l’Égypte pour ses atteintes à la liberté d’expression, estimant que la lutte contre le « terrorisme » ne pouvait pas servir de prétexte à la répression.

Elle s’exprimait lors d’un débat au Conseil de sécurité de l’ONU présidé par le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukry sur les moyens de contrer la propagande extrémiste. L’Égypte assume en mai la présidence tournante du Conseil.

« Notre objectif commun de lutter contre l’idéologie terroriste ne devrait jamais être utilisé comme une excuse pour éliminer l’opposition politique », a-t-elle affirmé, sans toutefois jamais faire référence explicitement à l’Égypte.

« L’action en justice est un instrument essentiel dans la lutte contre (le groupe État islamique) mais elle ne doit pas être brandie comme un gourdin contre ceux qui expriment des opinons impopulaires ou critiquent les autorités ».

En particulier, a ajouté Mme Power, « emprisonner des journalistes, condamner à mort des reporters, traiter les médias comme un ennemi de l’Etat est totalement contre-productif ». « La presse », a-t-elle expliqué, « est une alliée quand il s’agit de dire la vérité sur les groupes terroristes ».

M. Choukry n’est pas intervenu sur ce thème en séance mais, interrogé ensuite par des journalistes, il a affirmé que ces propos « n’étaient pas dirigés contre l’Égypte » et que Mme Power s’exprimait « de manière très générale ».

Il a cependant estimé qu’il fallait « séparer les sujets afin de ne pas diluer le message » que le Conseil entend adresser sur l’extrémisme. « Il est important », a-t-il insisté, « de garder le cap, d’envoyer un message clair et de ne pas mélanger la lutte contre le terrorisme avec d’autres questions ».

Le ministre a aussi affirmé que le gouvernement égyptien « respecte la liberté d’expression et la liberté de la presse » et il a nié qu’il y ait eu des arrestations arbitraires de journalistes.

Le syndicat des journalistes en Égypte a dénoncé un « recul » de la liberté de la presse dans le pays, accusant le pouvoir d’être en « guerre contre le journalisme », après l’arrestation le 1er mai de deux reporters au siège de l’organisation.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l’homme d’avoir instauré un régime ultra-autoritaire qui réprime violemment toute opposition depuis qu’il a destitué en 2013 son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi.

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