Yémen: 25 recrues de la police tuées dans un attentat revendiqué par l’EI

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Des forces de sécurité devant la résidence de l'ambassadeur iranien à Sanaa le 18 janvier 2014 (Mohammed Huwais/AFP)
Des forces de sécurité, à Sanaa le 18 janvier 2014. (Archives/Mohammed Huwais/AFP)

Au moins 25 recrues de la police au Yémen ont été tuées et 60 blessées dimanche dans un attentat suicide visant un centre de recrutement du sud-est du pays, selon un responsable et des sources médicales.

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a rapidement revendiqué l’attentat perpétré contre un centre de la police près de Moukalla, chef-lieu de la province du Hadramout, d’où les jihadistes d’Al-Qaïda avaient été chassés le 24 avril.

Un kamikaze s’est infiltré parmi des dizaines de jeunes rassemblés dans un centre de recrutement à Fuwah, dans la banlieue sud-ouest de Moukalla, où il a actionné sa ceinture explosive « tuant au moins 25 personnes et faisant plusieurs blessés », a déclaré à l’AFP un responsable provincial.

Des sources médicales, interrogées par l’AFP, ont confirmé la mort d’au moins 25 jeunes, ajoutant qu' »environ 60 autres ont été blessés, dont certains gravement ».

L’EI, de plus en plus actif dans le sud du Yémen, a indiqué qu’un de ses combattants, identifié comme état Abou al-Baraa al-Ansari, avait mené l’attentat suicide contre « les apostats des forces de sécurité, faisant environ 40 morts et des dizaines de blessés ».

Il s’agit de la deuxième opération revendiquée dans ce secteur par l’EI qui n’avait pas auparavant fait acte de présence dans la vaste province du Hadramout, l’un des principaux bastions d’Al-Qaïda, fortement implanté depuis des années dans le sud et le sud-est du Yémen.

Jeudi, l’EI avait revendiqué une attaque meurtrière contre l’armée yéménite à Khalf, à l’est de Moukalla, où trois attentats suicide à la voiture piégée avaient fait, selon un responsable militaire, au moins 15 morts.

Le Yémen est en proie au chaos depuis l’entrée en septembre 2014 dans la capitale Sanaa de rebelles chiites Houthis, accusés par l’Arabie sunnite de liens avec l’Iran chiite. Ces insurgés ont ensuite pris le contrôle d’autres régions, dont certaines ont été reprises par l’armée, principalement dans le sud.

Le conflit s’est aggravé avec l’intervention en mars 2015 d’une coalition militaire arabe, conduite par Ryad, en soutien au gouvernement internationalement reconnu.

Les jihadistes d’Al-Qaïda et ceux de l’EI en ont profité pour renforcer leur emprise sur le sud et le sud-est du Yémen.

Les attaques, revendiquées ou attribuées à des groupes jihadistes, contre des symboles de l’Etat se sont multipliées ces derniers mois dans le sud, dans une apparente tentative d’entraver les efforts du gouvernement de remettre sur pied l’armée et les forces de sécurité.

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