34 GBC: le colonel Dan Chafaï cède le commandement au colonel Christian Mercier

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Dimanche après-midi avait lieu au Manège militaire Côte-des-Neiges la cérémonie de passation de commandement du 34e Groupe-brigade du Canada (34 GBC) entre le colonel Dan Chafaï, commandant sortant, et le colonel Christian Mercier, commandant entrant, dont le mandat sera, dans la foulée de son prédécesseur, en partie axé sur le recrutement, un point fort du Groupe-brigade.

La cérémonie qui s’est déroulée en présence d’une centaine d’invités était présidée par le brigadier-général Stéphane Lafaut, général commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est).

Les plus de 2100 miliciens et miliciennes du 34e GBC proviennent de toutes les couches de la société et sont appuyés par une équipe de 164 personnes à temps complet réparties dans ses unités et son quartier général.

Le colonel Chafaï au « Club des Ils » après deux années intenses

Le colonel sortant du 34 GBC, Dan Chafaï, en entrevue avec 45eNord.ca dans le mess des officiers du Manège militaire Côte-des-neiges après la cérémonie de passation de commandement dimanche 11 juin 2016. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
Le colonel sortant du 34 GBC, Dan Chafaï, en entrevue avec 45eNord.ca dans le mess des officiers du Manège militaire Côte-des-neiges après la cérémonie de passation de commandement dimanche 11 juin 2016. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
Le Colonel Chafaï, qui a terminé son mandat de deux ans à titre de Commandant du 34 GBC, sera désormais le sous-chef d’état major au Quartier Général de la 2e Division du Canada.

Paraphrasant avec ironie le titre d’une émission bien connue de Radio-Canada, « Le Club des ex », le colonel Chafaï a déclaré qu’avec cette nomination à l’état-major de la Division, il appartiendra désormais au « Club des Ils », ceux dont les soldats et réservistes sur le terrain disent (parfois avec résignation): « Ils ont décidé de ça », « Ils ont décidé de faire ça », « Ils ont pris cette décision »…

Après ses deux années intenses à la tête du 34 GBC, le colonel Chafaï s’est dit en entrevue à 45eNord.ca particulièrement fier de l’acquisition pendant son mandat à la tête du Groupe-brigade de cette nouvelle « capacité » de l’Armée qu’est le Groupe-compagnie d’intervention Arctique et de l’entraînement de 120 soldats dans des conditions de froid extrême.

« On a aussi fait deux montées en puissance du GBC », a noté ensuite le colonel sortant, ajoutant que « maintenant, c’est institutionnalisé ».

En outre, la montée en puissance l’an dernier s’est faite dans la région de Laval plutôt que dans une base militaire, a souligné colonel Chafaï, se référant à QUORUM NORDIQUE où 650 soldats se sont entraînés en janvier, non pas dans les secteurs d’entraînement de la base de Valcartier, mais bien en milieu urbain. Ce qui est particulièrement intéressant puisque, selon le colonel, si le Groupe-bataillon territorial est un jour déployé, il le sera dans un contexte domestique. »

Mais la plus grande fierté du colonel sortant est la continuité avec des effectifs qui, nous déclare-t-il, augmentent sans cesse, année après année, depuis plus de cinq ans ».

« Ce qui veut dire, de préciser le colonel. « que les soldats sont de plus en plus nombreux à la brigade et participent de plus en plus nombreux aux activités ». Pour Dan Chafaï, il s’agit là « probablement de la plus belle réalisation de la brigade ».

Objectif 400 avec le colonel Mercier

Le colonel entrant du 34 GBC, Christian Mercier, en entrevue avec 45eNord.ca dans le mess des officiers du Manège militaire Côte-des-neiges après la cérémonie de passation de commandement dimanche 11 juin 2016. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
Le colonel entrant du 34 GBC, Christian Mercier, en entrevue avec 45eNord.ca dans le mess des officiers du Manège militaire Côte-des-neiges après la cérémonie de passation de commandement dimanche 11 juin 2016. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
Dans un audit lié au secteur militaire, le bureau du vérificateur général avait conclu en mai que le nombre de soldats de la Réserve avait diminué, malgré la volonté du gouvernement de les voir augmenter. Les soldats de la Réserve doivent représenter en principe environ la moitié de l’effectif de l’Armée canadienne, et ils sont censés fournir jusqu’à 20% des soldats déployés lors d’opérations internationales.

Nais, si la Défense nationale n’a pas été en mesure de recruter et de garder dans les rangs le nombre de soldats dont la Réserve a besoin, le nombre de soldats de la Réserve accusant même un recul soutenu, le 34e GBC fait exception et affiche au contraire depuis plusieurs années un taux d’effectifs de près de 102% en moyenne sur ses 13 unités

Le 34e Groupe-brigade du Canada est constitué de 13 unités, dont neuf sont situées sur l’île de Montréal, ce qui, soulignait un peu plus tôt le commandant sortant, le colonel Chafaï, est un atout quand vient le temps de recruter et retenir les réservistes si on compare la situation du 34 GBC à celle de certains groupes-brigades au Canada dont le territoire est plus étendue, allant parfois même jusqu’à couvrir trois provinces.

Et, s’il n’en tient qu’au commandant entrant, le colonel Christian Mercier, la performance en la matière du 34 GBC continuera de contribuer favorablement à la performance générale de recrutement et de rétention, qui demeure une priorité majeure. Peut-être victime de son succès, le groupe-brigade vient de se voir assigner cette année l’objectif de recruter 400 réservistes additionnels en plus du renouvellement normal visant à remplacer ceux qui partent.

Enthousiaste, le colonel Mercier se déclare quant à lui privilégié d’arriver à un moment où l’Armée a annoncé une expansion de sa Réserve et envisage avec optimisme le « défi avec [son]équipe de déployer une campagne de recrutement efficace et d’aller chercher les réservistes additionnels. », tout en maintenant le taux de rétention.

L’expérience militaire, un atout, Christian Mercier, un exemple

Même s’il a réussi en 2008 sa transition à la vie civile, Christian Mercier est un militaire de carrière qui s’est enrôlé en 1986 dans la Force régulière et a servi 23 ans au sein du Royal 22e Régiment.

En 2009, il a quitté l’uniforme à temps plein pour devenir civil, puis réserviste, une transition », dit-il, « qui a été exceptionnelle et dont je suis reconnaissant à la vie ».

La carrière dans la vie civile de Christian Mercier a débuté en tant que directeur général de la Corporation du Fort Saint-Jean de janvier 2009 à avril 2016 où, à la tête d’une équipe de 250 employés, il a dirigé un parc immobilier principalement consacré à la formation militaire sous l’égide du CMR Saint-Jean. Et, depuis mai 2016, il n’est rien de moins que président et chef de l’exploitation de la mutuelle d’assurance Union-Vie.

N’en tirant aucune vanité pour lui-même, le nouveau colonel du 34 GBC en profite pour noter à quel point l’expérience militaire, dont celle acquise dans la Réserve, peut bien préparer les militaires à des postes de responsabilité. dans la vie civile.

La Réserve, de conclure le colonel Mercier « nous donne des outils solides pour devenir de très bon gestionnaires et pour gérer le risque à notre façon dans le quotidien de la vie civile ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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