ANAKONDA 16 : le réalisme au plus proche (PHOTOS/VIDÉO)

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Depuis le lancement de l’Opération REASSURANCE au début de 2014, les militaires canadiens ont pris part à pas moins de 26 exercices majeurs en Europe de l’est. 45eNord.ca suit de près les troupes lors de ce 26e exercice: ANAKONDA 16.

Le major Éric Beauchamp, commandant de la Force opérationnelle terrestre de l’Opération REASSURANCE explique que «depuis ce conflit [en Ukraine]l’OTAN a décidé d’intensifier sa présence en Europe de l’est et comme le Canada est un bon partenaire de l’OTAN, on a décidé de participer à cette augmentation et depuis 2014 on est installé ici en Pologne avec plusieurs rotations – et nous sommes la cinquième en place».

Pour le major Félix St-Jean, commandant de la compagnie C du 1er Bataillon Royal 22e Régiment, l’exercice ANAKONDA 16 est une belle opportunité pour apprendre de nouvelles choses au contact de l’Armée polonaise mais aussi d’autres alliés. L’interopérabilité entre les différents partenaires de l’OTAN est un des objectifs de la participation du Canada à l’exercice, mais aussi à l’opération REASSURANCE, qui vise aussi à rassurer nos alliés d’Europe de l’est du soutien du Canada dans un contexte de tensions croissantes avec le voisin russe.

Avec pas moins de huit lieux entraînements à travers toute la Pologne, ANAKONDA 16 est l’un des exercices les plus importants conduit dans le pays depuis la fin de la Guerre froide. De multiples scénarios impliquant les trois éléments ont ainsi été mis en place.

Les 9, 10 et 11 juin, à Wędrzyn, Canadiens, Américains et Polonais se sont retrouvés pour prendre d’assaut un village et le «nettoyer» des ennemis présents. Jouant tout d’abord les attaquants le premier jour, les Canadiens ont ensuite joué les attaqués les deux jours suivants.

Pour le premier jour, le major St-Jean explique que l’objectif était de prendre certains bâtiments: «Les rapports qu’on avait avant l’assaut était que l’ennemi était concentré dans trois bâtiments, mais on avait des hélicoptères qui étaient ‘on station’ et qui nous ont dit qu’il y avait pas mal plus de mouvements que prévu, mais ce n’était pas un problème puisqu’on avait deux F-16 qui ont couvert notre approche ainsi que deux hélicoptères Apache».

Peu après 13h00, le 9, l’assaut est donné. C6, C7 et C9 crachent leurs munitions, des grenades et des fumigènes sont lancés. Les Canadiens peuvent avancer sans trop de mal vers les premiers bâtiments du village.

Prudemment, ils rentrent dans un premier bâtiment et commencent à le «nettoyer». Quelques ennemis embusqués se font rapidement descendre, mais certains sont également faits prisonniers et mis dans une pièce à part en attendant la confirmation que le bâtiment est sécuritaire. Les escaliers, toujours une étape délicate, sont pleins de soldats en alerte. Pièce par pièce, une porte défoncée à la fois, la confirmation est donnée.

Une fois terminée avec ce premier objectif, toujours à couvert dans le bâtiment, les équipes continuent de tirer des centaines de munitions sur les autres bâtiments où se trouvent d’autres ennemis.

Environ deux heures plus tard, tous les bâtiments assignés ont été sécurisés, mission accomplie.

Mais ce n’était que la première étape, alors que dès le lendemain ce sont les Canadiens qui ont donné du fil à retordre aux Américains. Portes bloquées, pièges posés un peu partout dans le village, tireurs embusqués, souterrains piégés, les ingénieurs n’y sont pas allés de main morte pour l’attaque de nuit, à laquelle a assisté le commandant de l’Armée américaine en Europe, le lieutenant-général Ben Hodges.

«Au dernier sommet de l’OTAN, les 28 pays membres de l’OTAN ont convenu en raison de la force utilisée en Ukraine par la Russie pour changer l’environnement sécuritaire, que l’Alliance devait être plus réactive, que nous devrions être encore plus interopérables et faire plus d’exercices complexes. Cet exercice, même si ce n’est pas un exercice de l’OTAN, il y a quand même 23 pays dont la plupart sont de l’OTAN, nous permet justement de travailler sur ces choses que nous avons besoin ensemble», a dit le général américain en entrevue avec 45eNord.ca sur place.
Retour au village attaqué.

Après plusieurs heures d’attaques, les Américains ont pris la majorité du village, mais encore au petit matin des poches de résistance sont toujours présentes. «On avait une mission au niveau de compagnie de retarder le plus possible la progression de l’ennemi pour une période de quatre heures puis ensuite de se replier dans une zone d’attente pour pouvoir contre-attaquer», a dit pour sa part le sergent Francis Archambault à 45eNord.ca peu après la dernière attaque américaine.

Quelques bâtiments sont ainsi encore aux mains des Canadiens et ne se laisse pas «tuer» aussi facilement que prévu. Il faudra tout un bataillon d’Américains pour venir à bout d’une compagnie de militaires canadiens de l’Opération REASSURANCE. Un bel entraînement pour les deux alliés.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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