Burkina: attentats de janvier où avaient péri 6 Québécois, six personnes interpellées

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La façade de l'hôtel Splendid, à Ouagadougou, a été touché par des tirs d'hommes armés, vendredi.
La façade de l’hôtel Splendid, à Ouagadougou.

La gendarmerie et la police burkinabè ont arrêté « six personnes étrangères », suspectées d’être impliquées dans les attentats qui ont fait 30 morts, dont 6 humanitaires québécois, le 15 janvier à Ouagadougou, a-t-on appris mercredi de source sécuritaire, rapporte l’AFP.

« Six individus de nationalités étrangères ont été interpellés le lundi 30 mai à Ouagadougou », affirme un communiqué de la gendarmerie nationale, transmis à l’agence de presse.

« Nous avons opéré des arrestations, en liaison avec l’attaque du 15 janvier », a indiqué de son côté le ministre burkinabè de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré devant la presse.

Selon les premiers éléments de l’enquête, « ces personnes auraient hébergé et facilité l’action des auteurs de l’attentat de Ouagadougou et seraient en liaison avec le cerveau des attentats (qui est) toujours recherché », poursuit le communiqué.

M. Compaoré a également indiqué que ces arrestations ont été opérées grâce à une coopération entre les forces de sécurité du Burkina Faso et leurs « collègues » de la sous-région.

« Ce sont ces informations qui ont permis de faire des recoupements et d’opérer à ces arrestations. Nous allons petit à petit remonter la piste », a-t-il souligné.

Le 15 janvier, un commando de trois assaillants ont attaqué l’hôtel Splendid, le café-restaurant Cappuccino, l’hôtel Yibi et le bar Taxi-Brousse, situé sur l’Avenue Kwamé N’Krumah, la plus fréquentée de la capitale Ouagadougou. Ils ont tué 30 personnes, majoritairement des étrangers et fait 71 blessés.

Six humanitaires québécois sont morts dans l’attaque terroriste de Ouagadougou,

Les six Québécois tués dans les attentats de Ouagadougou étaient des résidents de la région de Québec qui étaient partis au mois de décembre pour faire de l’aide humanitaire en Afrique.

Le groupe était composé notamment d’une famille qui résidait à Lac-Beauport, le père, Yves Carrier, un professeur à la retraite, et sa conjointe Gladys Chamberland, qui travaillait au ministère des Ressources naturelles et de la Faune, et leurs enfants, Maude Carrier (belle-fille de Gladys), une enseignante de 37 ans et Charlelie Carrier, un jeune homme de 19 ans qui était toujours aux études. Les deux autres personnes avec eux étaient des proches de la famille, soit Louis Chabot et Suzanne Bernier, précise aussi le quotidien.

Sur les six voyageurs, trois d’entre eux, Gladys Chamberland, Maude Carrier (37 ans) et Louis Chabot, se préparaient à rentrer au Canada après trois semaines de bénévolat. C’est quelques heures avant de prendre l’avion qu’ils ont perdu la vie, alors que quatre djihadistes liés au groupe Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont fauché la vie de ces Québécois partis aider le Burkina.

Les trois autres personnes devaient aussi revenir au pays au cours des prochains jours.

Les services de sécurité burkinabè détiennent depuis les attentats de Ouagadougou un Burkinabè de 38 ans pour son implication présumée dans ces attaques.

Pays sahélien pauvre d’Afrique de l’ouest jusque-là épargné par les attaques terroristes et rapts d’occidentaux, le Burkina Faso a été frappé pour la première fois en 2015 lorsque le chef sécuritaire roumain d’une mine de manganèse a été enlevé par des membres d’Aqmi à Tambao, dans le nord du pays, près des frontières avec le Mali et le Niger, deux pays confrontés depuis 2008 aux attaques djihadistes.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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