Corée du Nord: Kim élu président d’un organe coiffant l’armée, le parti et le gouvernement

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Le leader nord-coréen Kim Jong-Un(c) au congrès du Parti des travailleurs à Pyongyang, le 9 mai 2016. (AFP/Antoine Demaison)
Le leader nord-coréen Kim Jong-Un(c) au congrès du Parti des travailleurs à Pyongyang, le 9 mai 2016. (Photo d’illustration/AFP/Antoine Demaison)

Pyongyang a gravé dans le marbre l’absolutisme du pouvoir de Kim Jong-Un en nommant mercredi le jeune leader de 33 ans à la tête d’un nouvel organe de gouvernement coiffant tous les autres pouvoirs en Corée du Nord.

L’Assemblée suprême du peuple (ASP), organe législatif de Corée du Nord, a élu mercredi à l’unanimité M. Kim à la présidence d’une nouvelle Commission des affaires de l’État, a annoncé l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Cette institution vient remplacer la puissante Commission de défense nationale (CDN), qui était l’organe suprême de prise de décision politique.

Cette nomination, a déclaré le président de l’ASP, Kim Yong-Nam, reflète « la foi inébranlable et la volonté à toute épreuve de tous les fonctionnaires et habitants du pays de soutenir Kim Jong-Un (…) au plus haut poste de la RPDC », en référence aux initiales de la République populaire et démocratique de Corée.

Cette décision entérine effectivement l’élevation de M. Kim au rang de chef suprême du pays, confirme Cheong Seong-Chang, spécialiste de la Corée du Nord à l’Institut Sejong de Séoul.

« Cela correspond au titre de +président de la République+ qui avait été donné à Kim Il-Sung en 1972 », a comparé M. Cheong.

Le fondateur du régime et grand-père de Kim Jong-Un était même devenu à sa mort en 1994 « président éternel ».

Kim Jong-Un présente une étonnante ressemblance physique avec son grand-père, un trait sur lequel il a joué pour capter l’héritage politique du fondateur, et se démarquer de celui de son père Kim Jong-Il.

Sa nomination à la tête de la nouvelle Commission des affaires de l’État constitue du reste une rupture supplémentaire avec le règne de Kim Jong-Il qui, jusqu’à son décès fin 2011, a dirigé la Corée du Nord en tant que président de la désormais défunte CDN.

Par essence militaire, la CDN était responsable de toutes les questions de défense et de sécurité. Mais conformément à la stratégie du « songun » (l’armée d’abord) de Kim Jong-Un, cette commission élaborait les politiques dans tout un tas d’autres domaines, sans lien avec l’armée.

La nouvelle Commission des affaires de l’État compte, elle, trois vice-présidents explicitement chargés de l’armée, du parti et des questions gouvernementales.

« En se faisant le chef d’une commission contrôlant l’armée, le parti et le gouvernement, Kim Jong-Un est devenu le leader suprême, à la fois par son titre et dans la réalité », a analysé Yang Moo-Jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes de Séoul.

« Cela constitue une nette rupture avec l’époque de son père », a-t-il ajouté.

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