Daraya bombardée en pleine distribution d’aide humanitaire

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44 barils d’explosifs ont été largués par des hélicoptères aujourd’hui, 10 juin 2016, jour de distribution d’aide alimentaire pour la première fois depuis 2012. (Vidéo de Darya Revolution)

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a exprimé vendredi son « indignation » devant le bombardement de la ville syrienne de Daraya en pleine distribution d’aide humanitaire.

« C’est bien à une duplicité extraordinaire du régime (syrien) à laquelle nous assistons », a-t-il commenté lors d’une conférence de presse à New York.

D’intenses raids aériens du régime syrien ont empêché vendredi la distribution des vivres contenus dans le tout premier convoi de nourriture à entrer dans la ville assiégée de Daraya depuis 2012.

« Ma réaction est une réaction d’indignation, au point que je n’arrive pas à trouver les mots pour la décrire », a déclaré M. Ayrault.

« À force d’insister pendant des semaines et des semaines pour que l’aide humanitaire parvienne à cette ville qui est une ville martyre (..) le régime finit par dire oui », a-t-il rappelé. « Mais l’accès commence et les bombes repartent, donc nous avons la démonstration de la duplicité de ce régime ».

Pour M. Ayrault, « c’est une raison de plus pour reprendre la voie politique avec une grande détermination » dans le cadre du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui comprend les grandes puissances, « pour voir ce que nous pouvons faire vraiment d’efficace ».

« J’aurai l’occasion, a-t-il ajouté, d’en rediscuter avec mes partenaires européens, américains et russes le plus vite possible car il y a urgence ».

Il a fait part de sa « déception » devant les résultats de la réunion du GISS du 17 mai à Vienne. « Il y avait une conclusion qui pourrait apparaître positive mais il ne s’est rien passé après et la situation a continué à se dégrader », a-t-il estimé.

Le GISS est né à l’automne 2015 à Vienne et se compose de 17 pays et trois organisations multilatérales, soutiens de l’opposition syrienne et du régime de Damas.

Ce groupe est co-présidé par les États-Unis et la Russie et comprend aussi l’Iran, l’Arabie saoudite et les puissances européennes.

« La situation est dramatique (en Syrie), a encore déclaré M. Ayrault, car le régime malgré ses déclarations choisit jour après jour de continuer à attaquer son propre peuple ».

« Il n’y a plus de cessez-le-feu, il faut le dire, il y a des tirs et des bombardements quotidiens avec des barils de dynamite qui vont directement sur les civils ».

« Le régime a commis des crimes contre l’humanité dans le cadre d’une politique d’État systématique », a encore affirmé le ministre, soulignant que la France « va continuer à pousser pour que les auteurs rendent des comptes ».

M. Ayrault se trouvait vendredi à New York pour présider une réunion au Conseil de sécurité sur la protection des civils dans les opérations de maintien de la paix.

La France préside le Conseil en juin.

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