Examen de la politique de défense: deux humanitaires à la table ronde de Montréal

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Table ronde à Montréal le 27 juin 2016 dans le cadre des consultations visant à éclairer l,examen de la politique de défense. (Compte twitter/@JohnMcKayLib)
Table ronde à Montréal le 27 juin 2016 dans le cadre des consultations visant à éclairer l,examen de la politique de défense. (Compte twitter/@JohnMcKayLib)

Dans le cadre des consultations publiques se déroulant à l’échelle du Canada afin d’éclairer l’élaboration d’une nouvelle politique de défense pour le Canada, John McKay, secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, a aujourd’hui tenu à Montréal une table ronde où on a pu entendre, non seulement des militaires et des universitaires, mais deux humanitaires, Jonathan Jennings de MSF Canada et Susan Johnson, de la Croix-Rouge canadienne.

Au cours de la table ronde d’une journée, les discussions ont porté sur trois thèmes principaux, soit:

  • les principaux défis liés à la sécurité du Canada;
  • le rôle que doivent jouer les Forces armées canadiennes (FAC) pour contrer les menaces et relever les défis actuels et futurs;
  • les ressources et les capacités nécessaires pour réaliser le mandat des FAC.

Les participants à la table ronde possèdent divers antécédents professionnels et universitaires et se spécialisent dans divers domaines, comme le Moyen-Orient, la paix et la sécurité, l’acquisition, le terrorisme et la politique de défense, maison entend moins souvent des experts venus des organisations humanitaires.

Avant la table ronde, les participants ont soumis de courts exposés qui ont été utilisés de pair avec le document de consultation pour orienter la discussion.

Ont participé à la table ronde de Montréal ce lundi 27 juin et soumis des exposés, le brigadier-général (à la retraite) Gaston Côté, le major (à la retraite), Marc Dauphin, le major (à la retraite) Brian Hay, M. Jonathan Jennings, de Médecins sans frontières, Mme Susan Johnson, de la Croix-Rouge canadienne, M. Thomas Juneau, de l’Université d’Ottawa, le lieutenant-colonel (à la retraite) Rémi Landry, M. Frédéric Mérand, professeur de science politique et directeur du CÉRIUMM, Steve Saideman, de l’Université Carleton, et Mme Stéphanie von Hlatky, de l’Université Queens.

Pour l’un, Jonathan Jennings, directeur exécutif adjoint de MSF Canada, se disant heureux d’avoir l’occasion de contribuer à l’élaboration par le gouvernement du Canada d’une nouvelle politique de défense, a déclaré « qu’il est essentiel que cette politique reconnaisse explicitement l’importance de la protection de la dignité humaine et de la mission médicale et humanitaire ». Allant encore plus loin, il a affirmé que ces considérations devraient même « supplanter les activités concurrentes, mais connexes, auxquelles les FAC peuvent participer ».

« Le recours croissant à l’angle de la sécurité lors des interventions dans la foulée de crises humanitaires ne doit pas servir d’excuse pour faire fi du droit fondamental aux soins médicaux, pas plus qu’on ne doit s’en servir pour justifier que l’on ferme les yeux sur le statut protégé des organisations médicales et humanitaires qui fournissent ces soins », a-t-il insisté.

Une autre humanitaire à cette table ronde de Montréal, Mme Susan Johnson, vice-présidente principale et secrétaire générale adjointe de la Croix-Rouge canadienne, a déclaré pour sa part que le travail humanitaire et de secours aux sinistrés au Canada et à l’étranger doit être exécuté par des organisations humanitaires spécialisées et professionnelles et mis en garde contre la confusion dans l’esprit des bénéficiaires et des acteurs armés et lorsque le travail humanitaire est exécuté par des militaires.

Confusion qui peut, dit-elle, déboucher sur un accès réduit.

« Dans un environnement de plus en plus mondialisé, le fait de brouiller les frontières des différents rôles dans un contexte donné peut avoir un effet d’entraînement et risque de contribuer à la réduction de l’accès et de la sécurité à d’autres endroits », affirme Mme Johnson, qui recommande de ne recourir aux militaires qu’en dernier ressort, seulement quand les capacités des premiers intervenants civils sont insuffisantes.

Elle recommande aussi d’inclure dans l’instruction des membres de forces armées étrangères au Canada et ailleurs dans le monde un volet sur l’application du DIH [Droit international humanitaire] qui traiterait de la compréhension des obligations envers l’ennemi, la prévention de la violence sexuelle et sexiste, ainsi que la protection des missions médicales et humanitaires.

Le processus de consultations publiques se poursuivra maintenant jusqu’à la fin du mois de juillet 2016, et il est accessible sur le site Web des consultations de la défense. La prochaine table ronde aura lieu à Halifax le 28 juin 2016, et elle sera suivie d’une réunion avec des spécialistes du secteur de la défense organisée le 6 juillet à Ottawa par le ministre de la Défense nationale, à Ottawa, Harjit Sajjan.

«Je tiens à remercier tous les participants de la séance de consultation d’aujourd’hui. Le haut niveau d’expertise présenté à ces rencontres permet de comprendre clairement et comme il est nécessaire la façon dont le ministère de la Défense nationale peut équilibrer ses priorités, répondre aux menaces émergentes et investir dans les Forces armées canadiennes.», a déclaré pour sa part le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, John McKay, à la fin de cette rencontre.

L’examen de la politique de défense en brf. (Source: MDN)

Tous les Canadiens et Canadiennes sont encouragés à participer au processus de consultation en ligne à http://www.canada.ca/consultations-defense d’ici le 31 juillet 2016.

En date du 17 juin 2016, le ministère de la Défense nationale (MDN) a reçu plus de 10 000 réponses par l’intermédiaire du document de travail électronique de l’examen de la politique de défense, et plus de 4 300 commentaires ont été formulés par le public sur les groupes de discussion virtuels.

Comprenant la séance d’aujourd’hui, le MDN a tenu cinq tables rondes dans le cadre de l’examen de la politique de défense. Cela inclut les rencontres qui ont eu lieu à Vancouver, à Toronto et à Yellowknife avec le ministre de la Défense Harjit S. Sajjan, et celle qui a eu lieu à Edmonton avec Kent Hehr, ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale.

Les comités de la Chambre des communes et du Sénat sur la défense nationale ont été invités à se pencher sur quelques questions particulièrement pertinentes dans le cadre de l’examen de la politique de défense. Tous les députés et sénateurs ont été renseignés sur le sujet et sont incités à tenir des séances de consultation communautaires dans leur circonscription ou leur région.

Un guide est aussi disponible en ligne pour les collectivités souhaitant mener leurs propres consultations auprès des citoyens intéressés. Ces activités de mobilisation communautaire joueront un rôle important pour étoffer le travail réalisé par le MDN et les FAC et permettront de faire en sorte que le processus d’examen soit crédible, fondé sur des données probantes et éclairé par le point de vue de la population canadienne.

Dans le cadre de l’examen de la politique de défense, le ministre Sajjan a sollicité l’avis d’alliés internationaux, dont tout récemment au cours de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN qui a eu lieu à Bruxelles, les 14 et 15 juin 2016.

Un groupe consultatif ministériel a aussi été créé. Au cours de la prochaine année, quatre éminents Canadiens spécialisés dans les domaines de la défense, de la sécurité, des affaires étrangères et des questions juridiques appuieront et conseilleront le ministre de la Défense nationale durant le processus d’examen de la politique.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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