15h52 (HNE) Chérif Chekatt, l’auteur de l’attentat de mardi contre le marché de Noël à Strasbourg, a été tué par la police jeudi soir dans le quartier Neudorf, a-t-on appris de source proche du dossier.

16h57 (HNE) Le groupe armé État islamique revendique l’attentat de Strasbourg via l’agence Amaq et qualifie son auteur, Cherif Chekatt, de “soldat de l’Etat Islamique”

Attentat de l’EI déjoué en Allemagne et menaces sur l’Euro de football en France

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La tour de télévision de Düsseldorf. (AFP/Archives/PATRIK STOLLARZ)
La tour de télévision de Düsseldorf. (AFP/Archives/PATRIK STOLLARZ)

Les autorités allemandes ont annoncé jeudi avoir déjoué un projet d’attentat-suicide du groupe État islamique fomenté par des Syriens, certains entrés en Europe par la Grèce, sur fond de craintes nourries par les attaques de Paris et la crise migratoire.

« Selon les résultats de l’enquête en cours », trois suspects arrêtés en Allemagne et un détenu en France envisageaient de perpétrer un attentat-suicide pour « l’organisation terroriste étrangère État islamique », « dans la vieille ville de Düsseldorf », affirme le parquet fédéral allemand, dans un communiqué.

Les trois hommes, Hamza C., 27 ans, Mahood B., 25 ans, et Abd Arahman A. K., 31 ans, tous de nationalité syrienne, ont été arrêtés en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans le Brandebourg (la région qui entoure Berlin) ainsi que dans le Bade-Wurtemberg, et leurs appartements perquisitionnés.

Le quatrième homme lié à ce projet, Saleh A., 25 ans, se trouve en détention provisoire en France où il est passé aux aveux le 1er février, révélant les projets du quatuor, selon le parquet de Karlsruhe (sud-ouest) compétent pour les affaires de terrorisme. L’Allemagne va demander son transfèrement.

Saleh A. et Hamza C. étaient entrés séparément en Europe par la Grèce en mars et juillet 2015 juste avant le « pic » de la crise migratoire européenne.

Les autorités judiciaires ont toutefois assuré que ces arrestations n’étaient en rien liées à l’Euro de football qui doit s’ouvrir en France le 10 juin et suscite des inquiétudes quant à la sécurité dans les stades.

Même s' »il n’existe pas d’indices permettant d’affirmer que les suspects avaient déjà commencé à mettre en application leur plan d’attaque », ils préparaient un attentat « dans la vieille ville de Düsseldorf ».

D’après les plans de Saleh A. et d’Hamza C., qui avaient reçu en Syrie l’ordre d’organiser cet attentat, deux kamikazes « portant des gilets explosifs » devaient se faire sauter dans l’une des artères principales de la métropole.

D’autres devaient ensuite « tuer le plus (grand nombre) possible de passants avec des fusils et d’autres charges explosives », a poursuivi le parquet.

Des incidents très isolés

« Au plus tard en janvier 2016 », les deux hommes ont convaincu Mahood B. de participer à leur projet.

Selon le parquet, Abd Arahman A. K., soupçonné d’être à la fois membre de l’organisation EI et du Front Al-Nosra (la branche syrienne d’Al-Qaïda), avait rejoint l’Allemagne en octobre 2014 pour préparer cette attaque. Il est soupçonné d’être l’artificier du groupe et d’avoir en 2013 fabriqué des ceintures explosives et des grenades pour le compte du Front Al-Nosra.

L’Allemagne n’a jusqu’à présent pas été touchée par une attaque djihadiste d’ampleur, contrairement à ses voisins français et belge, mais les autorités ont à de nombreuses reprises fait savoir qu’elle pouvait être une cible.

Plusieurs descentes de police y ont eu lieu ces derniers mois sans mettre au jour de projets concrets. Des alertes à Munich la nuit du Nouvel an et à Hanovre (nord) quelques jours après le 13 novembre ont aussi inquiété les autorités mais aucune précision sur l’ampleur de la menace n’a été fournie.

L’afflux de plus d’un million de migrants en 2015 et le précédent des attentats de Paris ont par ailleurs aussi alimenté les craintes que des militants djihadistes aient pu pénétrer en Allemagne dissimulés parmi les centaines de milliers de réfugiés originaires de Syrie notamment.

Jusqu’à présent cependant, seuls des incidents liés au jihadisme très isolés ont eu lieu.

Fin mars, une Germano-Marocaine de 15 ans a grièvement blessé un agent dans la gare de Hanovre à l’occasion d’un contrôle de routine. Elle avait séjourné à la frontière turco-syrienne avant que sa mère n’aille la chercher sur place et ne la ramène en Allemagne.

En septembre 2015, Rafik Youssef, un Irakien de 41 ans en liberté conditionnelle après avoir purgé une peine pour appartenance à une organisation « terroriste » et un projet d’attentat contre un Premier ministre irakien en 2004, a été tué par la police après avoir blessé au couteau une policière à Berlin.

En août 2015, deux combattants germanophones revendiquant leur appartenance au groupe EI en Syrie avaient pour leur part menacé dans une vidéo l’Allemagne et la chancelière Angela Merkel.

L’Euro de football

Les autorités françaises vont déployer plus de 90 000 policiers, gendarmes et agents de sécurité privée pour «éviter» une attaque terroriste lors de l’Euro 2016.(KENZO TRIBOUILLARD/AFP)

Par ailleurs, L’Euro approche dans un climat anxiogène en France.

L’Euro 2016, le premier à 24 équipes (10 juin-10 juillet), est censé être une grande fête populaire mais à une semaine du coup d’envoi, le climat est anxiogène en France, entre craintes d’attentats, grèves dans les transports et des Bleus cernés par les polémiques sur le racisme et par les blessures.

Le ministère américain des Affaires étrangères a prévenu ses ressortissants cette semaine: «Les stades de l’Euro, les « fan zones » et tous les lieux qui diffuseront le tournoi en France et à travers l’Europe représentent des cibles potentielles pour des terroristes.»

La France sait qu’elle est visée depuis l’année 2015, marquée en janvier par les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher, puis par ceux du 13 novembre revendiqués par les djihadistes de l’État islamique (EI).

Le symbole tragique du 13 novembre, 130 morts au total, reste l’attaque contre la salle de spectacles parisienne du Bataclan. Mais le football aussi était visé puisque trois kamikazes se sont fait exploser autour du Stade de France, faisant un mort et plusieurs dizaines de blessés, alors que s’y déroulait un match amical des Bleus contre l’Allemagne.

Les «fan zones» cristallisent les craintes et sont au coeur d’un débat permanent: faut-il maintenir ces lieux de rassemblement de masses installés dans les 10 villes hôtes pour accueillir les supporters (Bordeaux, Lille, Lens, Lyon, Marseille, Nice, Paris, Saint-Denis, Saint-Étienne et Toulouse)?

Six Français sur dix (64%) sont opposés à leur suppression, tout en estimant qu’il est risqué de s’y rendre, selon un sondage publié lundi.

Le préfet de police de Paris a même proposé la fermeture de la «fan zone» de Paris (92 000 personnes) les jours de match au Parc des Princes et au Stade de France, dans une lettre au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve en date du 26 mai. Raison invoquée: «l’état d’épuisement avancé» des forces de l’ordre.

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