Les forces irakiennes contrôlent 20.000 déplacés à Falloujah pour éviter une fuite des djihadistes de l’EI

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Des Irakiens déplacés évacués de leurs villages par l'armée au sud de la ville de Fallouja, bastion assiégé du groupe Etat islamique (EI)le 12 juin 2016. (AFP/MOADH AL-DULAIMI)
Des Irakiens déplacés évacués de leurs villages par l’armée au sud de la ville de Fallouja, bastion assiégé du groupe Etat islamique (EI)le 12 juin 2016. (AFP/MOADH AL-DULAIMI)

Les forces irakiennes ont filtré 20.000 personnes ayant fui les combats à Falloujah, à l’ouest de Bagdad, afin de démasquer les djihadistes du groupe État islamique (EI) qui tenteraient de se mêler aux flots de déplacés, a annoncé samedi un responsable militaire.

Des dizaines de milliers de civils ont fui Falloujah à mesure que les forces gouvernementales avançaient dans la ville pour y déloger l’EI. Certains ayant été contrôlés à leur sortie du bastion djihadiste accusent les forces de sécurité de les avoir torturés et battus.

Parmi les personnes interceptées, 2.185 l’ont été sur la base de témoignages ou d’autres informations les rendant suspects, mais pour l’heure, 11.605 déplacés ont été libérés et 7.000 sont toujours interrogés, a indiqué un porte-parole du Commandement des opérations conjointes supervisant la lutte antidjihadiste.

Une fois sortis de Falloujah, des adolescents et des hommes sont arrêtés, certains étant libérés quelques heures plus tard quand d’autres poursuivent leurs interrogatoires.

Des responsables irakiens ont visité un camp de déplacés la semaine dernière et ont été assaillis par des familles inquiètes du sort de centaines d’hommes disparus.

Dans ce camp, un homme a raconté avoir été détenu quatre jours sans boire ni manger par les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi, dominées par des milices chiites, qui participent à l’offensive de Falloujah.

Un autre a assuré que les détenus étaient battus et plusieurs récits de torture incriminent les miliciens.

Début juin, l’organisation Human Rights Watch (HRW) avait appelé le gouvernement irakien à enquêter sur des abus présumés contre les civils durant l’opération de Falloujah. HRW faisait état notamment de 17 personnes ayant été exécutées par la police et le Hachd alors qu’elles fuyaient les combats à Sijr, au nord-est de Fallouja.

Le Premier ministre Haider al-Abadi a promis d’enquêter sur les abus commis par les forces de sécurité.

Les forces irakiennes ont lancé le 23 mai l’offensive pour reprendre Falloujah aux mains de l’EI depuis janvier 2014, année où le groupe ultraradical s’est emparé de plusieurs pans du territoire irakien, surtout au nord et à l’ouest de Bagdad.

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