Marche dans les rues de Montréal à la recherche de vétérans en difficulté

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VETS Canada tient son premier "Côte à Côte Tour de Service" le 11 juin à Montréal, une marche Nationale à la recherche d’anciens combattants parmi les sans-abri, (VETS Canada)
VETS Canada tient son premier « Côte à Côte Tour de Service » le 11 juin à Montréal, une marche Nationale à la recherche d’anciens combattants parmi les sans-abri, (VETS Canada)

Veterans Emergency Transition Services Canada (VETS Canada) tiendra bientôt son premier « Côte à Côte Tour de Service » à Montréal, une « marche » nationale à la recherche d’anciens combattants en période de crise ou qui sont sans abri ou à risque de le devenir, en collaboration avec l’EMRII, l’Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance du SPVM.

D’autres marches se dérouleront dans d’autres villes canadiennes: St. John’s, Halifax, Charlottetown, Fredericton, Ottawa, Toronto, Winnipeg, Regina, Edmonton, Calgary et Vancouver.

C’est la 6e marche du genre pour l’organisation et la première dans la métropole québécoise.

Veterans Emergency Transition Services Canada, en abrégé VETS Canada, est un organisme sans but lucrative et fournisseur de services d’Anciens Combattants Canada. Cette organisation, dirigée par des bénévoles et qui a aidé des centaines d’anciens combattants sans abri ou en période de crise depuis 2010, peut compter sur un millier de bénévoles à travers le Canada.

À Montréal, la marche partira le 11 juin à 13h du Café Mission de la Mission Old Brewery, un refuge situé au 906 boulevard Saint-Laurent, et ratissera ce secteur fréquenté par un grand nombre de sans-abris qui y trouvent les ressources nécessaires à leur survie.

Une récente étude datée de mars 2015 estimait que le nombre d’anciens soldats dormant dans des refuges sur une base régulière est d’au moins 2250 à travers le Canada.

Au Québec, la Ville de Montréal a dénombré environ 6% de sans-abri vétérans sur son territoire, soit près de 200 cas.

Mais ces chiffres sont cependant loin d’offrir un portrait parfait de l’itinérance chez les vétérans puisqu’ils proviennent d’une base de données qui surveille les allées et venues dans seulement 60 refuges pour sans-abri au pays et surtout, même si les refuges cherchent maintenant à savoir qui, dans leur clientèle, sont des vétérans, beaucoup de sans sans-abri ne fréquentent pas les refuges et préfèrent dormir dans la rue ou les parcs,

Plusieurs vétérans sans abris dans cette situation passent ainsi carrément à travers les mailles du filet.

Trouver les vétérans parmi les sans-abris

Beaucoup d’anciens militaires sans abris citent l’alcoolisme, la dépendance aux drogues ou des problèmes de santé mentale pour expliquer ce qui les a amené dans la rue. «C’est choquant au Canada que nous ayons des vétérans qui sont sans-abri, mais c’est une triste réalité» a déclaré cette année le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense aux médias.

Et, en février dernier, le ministre des Anciens Combattants Kent Hehr a annoncé pour sa part que le problème de l’itinérance chez les vétérans était sa première priorité qu’il souhaite attaquer, notamment à l’aide d’une stratégie globale.

Mais encore faut-il les trouver. ces vétérans, parmi les sans-abris.

Le Café Mission de la Mission Old Brewery, 906 boulevard Saint-Laurent, à Montréal(Google Street)
Le Café Mission de la Mission Old Brewery, 906 boulevard Saint-Laurent, à Montréal(Google Street)

« VETS Canada Côte à Côte Tour de Service 2016″ est une réponse à un sérieux problème national et est basé sur ce rapport qu’un minimum de 2250 Anciens Combattants vivent sans abris » explique à 45eNord.ca Jim Lowther, co-fondateur et directeur de l’organisation, un vétéran lui-même qui, de surcroît, souffre comme beaucoup de ses camarades du syndrome de stress post-traumatique et sait pertinemment de quoi il parle quand il est question du sort des anciens combattants.

« Même un ancien combattant vivant sans abri est un de trop, ceux qui ont protégés nos foyers ne devraient jamais vivre sans le leur [un foyer à eux,ndlr]. Cette tournée veut encourager un dialogue au niveau communautaire aussi bien que national et aidera à identifier ces anciens combattants qui on besoin de notre aide. Le moment est venu de prendre des mesures. », martèle M. Lowther.

C’est ainsi que des équipes de bénévoles de VETS Canada parcourront les rues de Montréal en compagnie des policiers du EMRII (l’Équipe mobile de référence et d’intervention et en itinérance) du SPVM à la recherche de vétérans sans-abris dont même les plus réfractaires seront probablement davantage susceptibles de se confier à une organisation faite de vétérans comme eux. En outre, de souligner Jim Lowther à 45eNord.ca,, cette marche devrait contribuer à sensibiliser les citoyens, dont beaucoup passent sans même jeter un regard à ceux qui leur tendent la main.

« Nous sommes presque tous « à trois chèques de paye » de la rue », de rappeler le co-fondateur de VETS Canada.

L’accueil au Café Mission

Non seulement les bénévoles de VETS Canada qui accompagneront les policiers de l’EMRII offriront aux vétérans sans-abris qu’ils pourraient rencontrer de l’information sur la façon dont l’organisation peut les aider et leur laisseront une carte d’affaires, mais ils inviteront ceux qui le désirent à se rendre de 13h à 15h au Café Mission de la Old Brewery où une équipe de VETS Canada dirigée par Brenda Fewster, une bénévole bien au fait de la problématique et qui prépare même un doctorat sur les difficultés de la transition à la vie civile, sera là pour les accueillir et les écouter.

L’organisation invite également ceux qui connaîtraient un ou des anciens combattants dans le besoin ou seraient intéressé à contribuer à son travail pour mettre fin à l’itinérance pour les anciens combattants à communiquer avec elle.

L’EMRII

L’Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance (EMRII) avec laquelle collaborera VETS Canada à Montréal agit auprès des personnes en situation d’itinérance de Montréal ayant fait l’objet d’interventions policières répétées.

Il s’agit d’un service de deuxième ligne, créé en septembre 2009 à l’initiative du SPVM, et qui regroupe six policiers et quatre intervenants du CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, explique le SPVM sur son site. Ceux-ci travaillent de pair pour trouver des solutions aux problèmes récurrents et multiples de certains itinérants.

L’objectif est de suivre à moyen et à long terme, parfois même pendant des années, des personnes qui autrement seraient envoyées d’un service à l’autre, sans suivi pour l’ensemble de leurs problèmes, précise également le SPVM. « Grâce à leur complémentarité, les membres d’EMRII suivent les gens dans toutes les sphères de leur vie et peuvent donc faire des recommandations, tant au niveau de la santé qu’au niveau judiciaire ».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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