Okinawa: la population s’apprête à manifester en masse contre la présence de l’armée américaine

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Un avion à décollage vertical  Osprey à la base aérienne des marines de Futenma, sur l'île d'Okinawa, au Japon (Photo : sergent Daniel K. Brown U.S. Marine Corps)
Un avion à décollage vertical  Osprey à la base aérienne des marines de Futenma, sur l’île d’Okinawa, au Japon (Photo : sergent Daniel K. Brown U.S. Marine Corps)

Plusieurs dizaines de milliers de personnes devaient manifester dimanche sur l’île japonaise d’Okinawa contre la lourde présence militaire américaine que la population a de plus en plus de mal à supporter en raison d’une récurrence d’incidents.

Les habitants et des élus locaux sont d’autant plus furieux que deux faits divers récents (meurtre et accident sous l’emprise de l’alcool) sont respectivement imputés à un employé et un marin de bases armées américaines.

Ces deux affaires ont intensifié l’opposition à la présence sur l’île méridionale de quelque 47.000 soldats des Etats-Unis, plus de la moitié du contingent stationné dans l’ensemble de l’archipel nippon.

Cette manifestation, qui doit débuter à Naha à 14H00 locale (05H00 GMT), vise aussi à stopper le projet de déplacement, dans une baie de l’île, d’installations militaires américaines actuellement situées en plein centre urbain. Depuis des décennies sise dans la ville de Ginowan, la base aérienne de Futenma doit être transférée vers une région littorale moins peuplée, à Henoko, mais les autorités d’Okinawa, le gouverneur Takeshi Onaga en tête, réclament sa disparition pure et simple de leur région.

Cet élu devait redire dimanche son engagement à censurer ce projet de déménagement sur l’île qui avait été imaginé à la suite de l’enlèvement et du viol en 1995 d’une fillette de 12 ans à Okinawa par trois militaires américains.

Washington avait alors également promis de renforcer la discipline de ses troupes.

Le déménagement, lui, n’a pu avancer en raison des changements d’élus et de gouvernements ainsi que de l’opposition continue de la population qui ne veut plus de cette base du tout.

« Le Japon est encore une colonie militaire des Etats-Unis, Futenma en est le symbole », déplore un enseignant de 59 ans, Noboru Kitano, interrogé par l’AFP.

Les États-Unis ont occupé Okinawa pendant environ 27 ans après la fin de la guerre, avant d’en rétrocéder le contrôle au gouvernement japonais en 1972, tout en y maintenant des bases, l’emplacement étant jugé stratégique en Asie.

Près de 100.000 personnes avaient participé à une manifestation de masse à Okinawa en 2010 contre la construction de la nouvelle base sur la côte nord. Le gouvernement de centre-gauche, élu en 2009, n’avait pas réussi à tenir tête aux Américains pour que la base de Futenma disparaisse du paysage d’Okinawa.

Fin 2012, la droite est revenue aux commandes avec Shinzo Abe et s’est depuis escrimée à tenter de faire avancer le projet de déménagement initialement imaginé, jugeant qu’il s’agissait « de la meilleure et unique solution ».

Mais la bataille avec le gouverneur n’a fait que s’amplifier depuis, et dimanche pourrait marquer un nouveau point d’orgue de l’opposition locale envers l’administration centrale et les Américains.

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