Orlando: terrorisme ou crime homophobe, les dirigeants du monde solidaires de la communauté gaie

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Une femme pleure à l'extérieur de l'hôtel où des familles de victimes sont rassemblées après la pire tuerie aux Etats-Unis dans un club gay d'Orlando (Floride), le 12 juin 2016. (AFP/Gregg NEWTON)
Une femme pleure à l’extérieur de l’hôtel où des familles de victimes sont rassemblées après la pire tuerie aux Etats-Unis dans un club gay d’Orlando (Floride), le 12 juin 2016. (AFP/Gregg NEWTON)

Les dirigeants de nombreux pays ont exprimé leur « solidarité », plusieurs, dont le premier ministre canadien Justin Trudeau et son ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s’adressant à la communauté LGBT, après la pire tuerie de masse de l’histoire des États-Unis qui a fait 50 morts et 53 blessés dans une boîte gay à Orlando en Floride.

Selon l’agence de presse Amaq liée au groupe État islamique, le massacre a été perpétré par « un combattant de l’EI », mais plusieurs éléments pointent aussi vers un vulgaire crime homophobe.

« J’ai été profondément choqué et attristé d’apprendre la nouvelle aujourd’hui au sujet de la fusillade à Orlando, en Floride, qui a fait tant de morts et de blessés », a déclaré le premier ministre canadien, Justin Trudeau.

« Alors que les autorités poursuivent leur enquête et que d’autres détails continuent à faire surface, il est effroyable de penser qu’au moins 50 vies ont été perdues en raison de cet acte de terrorisme intérieur visant les membres de la communauté LGBT », de poursuivre le premier ministre canadien, qui conclut en offrant ses condoléances et ses prières aux familles et amis de ceux qui ont trouvé la mort et en soulignons , au nom du gouvernement du Canada « Nous sommes solidaires avec Orlando et la communauté LGBT »..

Le tueur avait fait allégeance à l’EU dans un appel au 911 peu avant de passer à l’acte, mais mais cela n’est pas incompatible avec la thèse du crime homophobe, avec justification politico-religieuse en prime. D’ailleurs, le compte Twitter de Mateen ou ce qu’on croit être le compte Twitter de Mateen, (@omarmateen77), ouvert tout récemment et géré, bien sûr, par un tiers puisque l’auteur de l’attaque a été tué ce matin à l’aube, continue de pointer vers un crime homophobe.

Pour sa part, sur son compte Twitter, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a évoqué lui aussi un crime haineux visant la communauté gaie.

De son côté, le gouverneur général du Canada, David Johnston, dont la fonction de nature plutôt protocolaire ne l’amène pas nécessairement à s’exprimer sur l’actualité, il a tenu à David Johnston ‏à faire un appel à rester fidèle à la diversité, écrivant à son tout sur son compte Twitter: « L’attaque effroyable d’Orlando est terrifiante. Restons fidèles à la diversité, et témoignons notre soutien à nos voisins américains ».

Un texte de l’AFP

L’Américain d’origine afghane à l’origine du plus sanglant attentat aux États-Unis depuis le 11-Septembre, révulsé à la vue d’homosexuels qui s’embrassent et soupçonné d’avoir prêté allégeance au groupe Etat islamique, est décrit par ses proches comme impulsif et instable.

Qu’avait en tête Omar Seddique Mateen, 29 ans, lorsqu’il s’est engouffré armé d’un fusil d’assaut et d’une arme de poing dans le Pulse, cette boîte gay d’Orlando où les balles ont raflé dimanche cinquante vies et fait 53 blessés?

Le FBI, qui a ouvert une enquête pour « terrorisme », le soupçonne d’avoir prêté « allégeance » à l’EI dans un appel passé aux secours quelques instants avant le massacre. La police fédérale l’avait interrogé à plusieurs reprises, en 2013 et 2014, pour « d’éventuels liens avec des terroristes ». Mais sans suite.

Rien à voir avec la religion, dit son ex-femme

Sa famille, elle, lui reconnaît bien des travers mais jure que son acte n’était en rien lié à la religion. Évoquant un passé marqué par les violences conjugales, son ex-compagne ne l’avait elle jamais entendu soutenir le terrorisme.

Né à New York en 1986, le jeune homme déménage par la suite avec sa famille en Floride, où il entreprend des études de droit à l’université d’Etat Indian River.

En 2009, il se marie à sa première femme, dont il divorcera en 2011, selon des documents de justice consultés par l’AFP. Il s’était remarié et était père d’un enfant.

« Au début, c’était quelqu’un de normal qui tenait à sa famille, adorait plaisanter. Adorait s’amuser. Mais quelques mois après que nous nous soyons mariés, j’ai vu qu’il était instable, bipolaire et qu’il s’énervait sans raison », a témoigné dimanche son ex-femme, Sitora Yusufiy, lors d’une conférence de presse depuis Boulder dans le Colorado, où elle est désormais installée.

Omar Seddique Mateen était musulman pratiquant, selon Sitora Yusufiy qui a toutefois assuré ne l’avoir jamais entendu faire l’apologie du terrorisme. « Il n’y avait absolument aucun signe » que ses amis soient des radicaux lorsque le couple vivait à Fort Pierce, en Floride, a-t-elle dit.

« Il voulait être policier alors il s’entraînait avec ses amis qui étaient policiers et il avait un permis de port d’arme valide en Floride », a-t-elle ajouté.

Il a travaillé comme gardien dans un établissement pour délinquants juvéniles, ce qui lui avait permis d’obtenir le permis. Puisqu’elles ont été classées sans suite, les enquêtes du FBI ne l’ont pas empêché d’acheter les armes légalement, a souligné la police fédérale.

Son père, lui, plaide pour une homophobie viscérale

« Nous étions dans le centre-ville de Miami (…). Et il a vu deux hommes qui s’embrassaient devant les yeux de sa femme et son enfant, et il est devenu très énervé », a confié Mir Seddique à la chaîne NBC.

« Ils s’embrassaient et se touchaient et il a dit: +Regarde ça. Devant mon fils, ils font ça+ », a-t-il ajouté, assurant que la fusillade de dimanche n’avait « rien à voir avec la religion ».

L’ex-femme d’Omar Mateen, elle, avait senti la violence monter. Au point d’appeler ses parents à l’aide. Ces derniers ont fini par l’exfiltrer de l’appartement conjugal. Sitora Yusufiy avait ensuite alerté la police.

« Il était instable mentalement, et malade mentalement », a-t-elle confié aux médias, évoquant aussi le fait que son ex-mari prenait des stéroïdes. « Il était évidemment dérangé, profondément, et traumatisé ».

Elle n’a plus jamais revu l’homme à l’origine du massacre d’Orlando. « Ma famille m’a littéralement sauvée », a-t-elle dit.

D’autres n’ont pas eu cette chance.

De nombreux autres dirigeants expriment leur « solidarité » eux-aussi avec la communauté LGBT

– Le président français, François Hollande, dans un communiqué « condamne avec horreur la tuerie (…) et exprime le plein soutien de la France et des Français aux autorités et au peuple américains dans cette épreuve. »

– Le Premier ministre britannique David Cameron, sur son compte Twitter, se dit « horrifié par les récits de la tuerie de cette nuit à Orlando. Mes pensées vont aux victimes et à leurs familles. »

– Le pape François, via son porte-parole Federico Lombardi, déclare que « le terrible massacre qui a eu lieu à Orlando et qui a fait de très nombreuses victimes innocentes a suscité (…) des sentiments très profonds d’exécration et de condamnation, de douleur, de trouble devant cette nouvelle manifestation d’une folie meurtrière et d’une haine insensée ».

– Le président russe Vladimir Poutine, dans un communiqué du Kremlin, parle de « crime barbare » et présente ses condoléances aux familles des victimes.

– Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, dans un communiqué, exprime sa solidarité avec « la communauté LGBT et le peuple américain », affirmant que « la terreur et la haine ne nous changeront pas. Les membres de l’Otan restent unis face au terrorisme ».

– Federica Mogherini, à la tête de la diplomatie européenne, déplore, dans un communiqué, cette « tragédie pas seulement pour le peuple américain, mais pour le monde entier, comme le sont tous les massacres de personnes tuées pour leur foi, leur orientation sexuelle, leurs convictions dans de nombreux pays ». « Nous exprimons notre solidarité avec le peuple américain et plus particulièrement avec la communauté LGBT que cette attaque terroriste haineuse a visée ».

Le président du Conseil européen Donald Tusk, sur Twitter, écrit que « l’Europe pleure les victimes de l’horrible attaque à l’arme à feu à Orlando ».

Le président du Parlement europeen Martin Schulz, également sur Twitter, se dit « profondément choqué », ajoutant : « nous devons rester unis contre le terrorisme ».

– Le président du Conseil italien Matteo Renzi, sur Twitter, exprime la « solidarité et (l’)émotion du gouvernement italien pour l’atroce massacre d’Orlando en Floride. Notre coeur est avec nos frères américains. »

– Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, sur Twitter, « condamne vivement l’odieuse attaque d’Orlando. Ensemble, continuons à combattre pour la liberté, contre la haine et la barbarie. L’Espagne est avec les Etats-Unis ».

– Ashraf Ghani, le président de l’Afghanistan, le pays d’origine de la famille du tueur présumé, Omar Mateen, sur Twitter, « condamne cette horrible attaque à Orlando, rien ne peut justifier de tuer des civils. Mes pensées vont aux familles, aux victimes, ainsi qu’au peuple et au gouvernement américains ».

– Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écrit, dans un communiqué qu' »au nom du peuple et du gouvernement israéliens, je présente mes plus sincères condoléances au peuple américain après l’horrible attaque de cette nuit contre la communauté LGBT d’Orlando ».

– Le Premier ministre belge Charles Michel se dit, en anglais sur Twitter, « profondément attristé par la perte de tant de vies innocentes dans la tuerie d’Orlando. Nous nous joignons à la douleur des familles. »

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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