Percée des forces irakiennes à Falloujah avec la reprise du QG à l’EI

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Un membre des forces gouvernementales irakiennes font le V de la victoire le 1- juin 2016 après la reprise de Zankura au nord-ouest de Ramadi au groupe EI. (Photo d'illustration/Archives/AFP/MOADH AL-DULAIMI)
Un membre des forces gouvernementales irakiennes font le V de la victoire le 1- juin 2016 après la reprise de Zankura au nord-ouest de Ramadi au groupe EI. (Photo d’illustration/Archives/AFP/MOADH AL-DULAIMI)

Les forces irakiennes sont entrées vendredi dans le centre de Falloujah et ont repris le QG du gouvernement, effectuant une percée dans leur offensive pour reprendre la ville aux mains du groupe djihadiste État islamique (EI) depuis 2014, selon des commandants.

Dans leur avancée vers le centre de cet important fief djihadiste situé à 50 km à l’ouest de Bagdad, les forces d’élite du contre-terrorisme (CTS) et les autres unités militaires ont fait face à une résistance limitée des djihadistes qui se sont redéployés vers l’ouest de la ville, ont-ils affirmé à l’AFP.

Depuis le lancement le 23 mai de l’offensive pour reprendre Fallouja avec le soutien aérien crucial de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, soldats, policiers et miliciens irakiens avaient réussi à encercler totalement la ville et à reconquérir les quartiers périphériques.

Mais elles peinaient ces derniers jours à avancer en direction du centre-ville en raison des engins explosifs placés par l’EI et des craintes pour les milliers de civils bloqués avec les djihadistes dans la zone.

« Les unités du CTS et les forces d’intervention rapide ont repris le complexe gouvernemental dans le centre de Fallouja », a déclaré à l’AFP le général Abdelwahab al-Saadi, le commandant de l’offensive.

Raed Shaker Jawdat, le chef de la police fédérale, a confirmé la percée des forces irakiennes, qui marque une étape importante dans l’offensive.

« La libération du QG, le principal complexe gouvernemental de la ville, symbolise le rétablissement de l’autorité de l’État », a-t-il dit. Le QG est composé notamment de bâtiments du Conseil local, de la police et des services de sécurité.

Faible résistance de l’EI

Dans leur avancée en direction du centre, les troupes irakiennes ont également repris plusieurs quartiers du sud et l’est de la ville, et contrôlent désormais près de 50% de Fallouja.

« Elles se sont heurtées à une faible résistance de Daech », a dit le commandant Saadi en utilisant un acronyme en arabe de l’EI. Les jihadistes « ont fui en masse vers l’ouest de la ville, ce qui explique cette faible résistance. Il reste quelques poches de jihadistes que nous pourchassons dans le centre-ville ».

Selon des responsables de la sécurité, de nombreux membres de l’EI ont réussi à fuir en se fondant parmi les civils sortis de la ville ces derniers jours, et dans certains cas en soudoyant des militaires.

« La grande majorité des principaux chefs (de l’EI) ne sont plus là, et les jihadistes laissés derrière ne sont pas leurs meilleurs combattants », a indiqué un responsable de la sécurité sous le couvert de l’anonymat.

L’EI s’est emparé de Falloujah, ville de la grande province d’Al-Anbar peuplée majoritairement de sunnites, en janvier 2014, cinq mois avant son offensive fulgurante en Irak qui lui avait permis de prendre le contrôle d’autres régions du pays dont Mossoul, la deuxième ville d’Irak dans le nord.

Si le groupe djihadiste perdait Fallouja, il ne lui resterait que Mossoul comme grande ville sous son contrôle en Irak, après en avoir été chassé des autres cités par les forces irakiennes.

L’EI sur la défensive

Des dizaines de milliers de personnes ont fui Fallouja depuis le 23 mai. Mais des milliers d’autres sont restées bloquées dans le centre de la ville, où selon des ONG les jihadistes les utilisent comme boucliers humains.

Parmi les milliers qui ont réussi à fuir, un grand nombre a trouvé refuge dans des camps à proximité de Falloujah.

« Nous avons un désastre humanitaire à l’intérieur de Fallouja et un autre désastre en cours dans les camps », s’est inquiété jeudi Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

« Des milliers de personnes fuyant les feux croisés après des mois de siège et de quasi-famine ont besoin d’assistance et de soins mais nos stocks seront bientôt épuisés », a-t-il dit en appelant la communauté internationale à agir d’urgence.

Les civils qui fuient risquent en outre d’être arrêtés à leur sortie par les forces armées sous l’accusation de collaborer avec le groupe jihadiste sunnite. Les forces paramilitaires, combattent avec les forces irakiennes et dominées par des milices chiites, ont été accusées par les civils en fuite de toutes sortes d’abus.

L’EI, responsable d’exactions terribles et d’attentats meurtriers dans le monde, est également la cible d’offensives en Syrie voisine, où il occupe de vastes territoires. Il est également sur la défensive en Libye où les troupes progouvernementales tentent de lui reprendre son fief de Syrte.

Mais l’EI garde sa force de frappe en recourant aux attentats suicide qui font de nombreuses victimes.

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