Pressé, Ottawa décide d’utiliser des modèles de navires déjà existants pour remplacer sa flotte

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La ministre des Services publics et de l'Approvisionnement du Canada, Judy Foote, au Chantier Irving à Halifax, annonce le 13 juin 2016 que son gouvernement utilisera des modèles de navire existant pour remplacer pkus rapidement la flotte de la Marine royale canadienne. (@IrvingShipbuild)
La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement du Canada, Judy Foote, au Chantier Irving à Halifax, annonce le 13 juin 2016 que son gouvernement utilisera des modèles de navire existant pour remplacer plus rapidement la flotte de la Marine royale canadienne. (@IrvingShipbuild)

La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement du Canada, Judy Foote, et le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, ont annoncé aujourd’hui une approche d’approvisionnement simplifiée pour devancer la livraison des navires de combat canadiens en misant sur des modèles de navire déjà existants.

Compte tenu de l’urgence de la situation, le gouvernement fédéral utilisera donc des modèles de navires déjà existants pour remplacer sa flotte, ce qui devrait selon lui permettre de réaliser des économies importantes et d’avoir les navires nécessaires à l’accomplissement de la mission de la Marine royale canadienne jusqu’à deux ans plus tôt que prévu.

«Je suis heureux de constater les améliorations annoncées aujourd’hui à la stratégie d’approvisionnement en matière de navires de combat canadiens. Ce nouveau processus simplifié et transparent contribuera au respect de l’engagement pris par le gouvernement à l’égard de la livraison des navires dont la Marine royale canadienne a besoin pour défendre la souveraineté du Canada, et favorisera l’essor économique au Canada.», déclare le ministre de la Défense.

L’approche d’approvisionnement améliorée permettra au Canada de sélectionner, par voie d’appel d’offres et de façon transparente, une conception de navire de guerre existante qui sera modifiée, plutôt que de continuer à utiliser l’ancienne approche, qui consistait à choisir un concepteur de navires de guerre et un intégrateur des systèmes de combat afin qu’ils travaillent ensemble à une conception sur mesure pour le navire de combat canadien, explique le gouvernement fédéral.

Quant aux économies, on ne peut bien sûr pas les chiffrer aujourd’hui. Le projet de construire 15 vaisseaux de guerre modernes pour remplacer 12 navires de patrouilles était estimé à 26 milliards de dollars lorsqu’il a été annoncé par le gouvernement précédent, mais des documents publiés l’automne dernier suggéraient plutôt que la facture pourrait s’élever à 40 milliards de dollars.

Donner aujourd’hui une estimation des économies avant qu’un appel d’offres soit publié serait «injuste et irresponsable», affirme la ministre Foote.

Devançant par ailleurs la réaction de l’industrie canadienne de la défense, « Le Canada continuera à travailler en étroite collaboration avec l’industrie et reste déterminé à générer des emplois de classe moyenne, des avantages économiques au pays et à assurer la croissance de son industrie grâce à la Stratégie nationale de construction navale », prend la peine de préciser le communiqué qui annonce la nouvelle approche..

«Le projet des navires de combat canadiens est le projet d’approvisionnement le plus complexe de l’histoire du Canada. Conjointement au projet des navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique, il favorisera la création de 2 400 emplois directs en construction navale à Halifax. Nous continuons de chercher des moyens de livrer les navires le plus rapidement possible tout en nous assurant que ce projet et les autres projets de construction navale procurent des emplois de classe moyenne aux travailleurs canadiens et assurent leur prospérité. Cette approche simplifiée cadre parfaitement avec les efforts que nous déployons en vue de moderniser l’approvisionnement et de faciliter les relations d’affaires des entreprises canadiennes avec le gouvernement.», explique également la ministre des Approvisionnements.

Le projet des navires de combat canadiens remplacera les frégates et les destroyers vieillissants du Canada. La construction navale doit commencer une fois les navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique achevés, c’est‑à‑dire au début des années 2020. L’approvisionnement s’étendra sur une période de 20 à 25 ans.

Les navires de combat canadiens seront le principal composant de combat de surface naval du Canada. La capacité de guerre et la polyvalence inhérentes de la flotte, utilisée seule ou dans un groupe opérationnel canadien ou allié, permettront un déploiement rapide à court préavis partout dans le monde.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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