Recherche de vétérans sans abris: succès pour « Côte à Côte Tour Service » à Montréal

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Un sans-abri dort sur un banc public (Photo: Parole citoyenne)
Un sans-abri dort sur un banc public (Photo: Parole citoyenne)

Veterans Emergency Transition Services Canada (VETS Canada) qui tenait son premier «Côte à Côte Tour de Service» à Montréal, une «marche» nationale à la recherche d’anciens combattants en période de crise ou qui sont sans abri ou à risque de le devenir, en collaboration avec l’EMRII, l’Équipe mobile de référence et d’intervention en itinérance du SPVM, a effectivement pu identifier des vétérans dans la rue.

C’est plus d’une dizaine de bénévoles, composés d’anciens combattants et de sympathisants, qui a répondu l’appel en se présentant au Café Mission de la mission Old Brewery, un refuge de Montréal pour les sans-abris. Deux équipes de 3 bénévoles ont sillonnées des quartiers ciblés, chacune d’elle accompagnée d’un policier de l’EMRII. Au terme des deux heures de recherche, des vétérans furent localisés. Selon une source non officielle, l’organisation en aurait trouvé 4.

Pour Michel, de l’organisation Operational Stress Injury Social Support OSSIS (Montréal), l’aide à un vétéran sans-abris de Montréal est efficace et rapide, notamment en raison de la bonne collaboration des différents organismes du territoire.

Mais, si l’ensemble des intervenants rencontrés sont unanimes à dire qu’il est difficile d’établir un portrait juste de l’itinérance, ils estiment qu’il est encore plus difficile de chiffrer ceux qui ont déjà servi leur pays. Tous s’entendent sur le succès de l’événement pour l’attention qu’il a apporté sur la réalité de l’itinérance chez les ex-militaires, l’opportunité de sensibiliser et d’éduquer qu’il a représenté, le «networking» qu’il a confirmé et stimulé, mais aussi parce que tous sont profondément touchés par la cause.

Des bénévoles qui sont d’abord des vétérans

Linda Garant, qui a servi 23 ans dans les FAC et terminé sa carrière à titre de médecin-chef du secteur Québec, était la responsable au Café Mission de Old Mission Brewery de "Côte à Côte Tour Service" à Montréal organisé par VETS-Canada. (Jenny Migneaut/45eNord.ca)
Linda Garant, qui a servi 23 ans dans les FAC et terminé sa carrière à titre de médecin-chef du secteur Québec, et responsable des relations publiques de VETS Canada à Montréal, était au au Café Mission de Old Mission Brewery pour le « Côte à Côte Tour Service » de Montréal organisé par VETS-Canada. (Jenny Migneaut/45eNord.ca)
Parmi les bénévoles impliqués à l’organisation de la marche, Linda Garant. Ayant servi 23 ans dans les FAC, cette dernière a terminé sa carrière à titre de médecin-chef du secteur Québec. C’est la lecture du rapport Coderre sur l’itinérance de Montréal qui l’a poussée à s’impliquer auprès de VETS CANADA: exprimant ouvertement avoir elle-même difficilement vécu sa propre transition civile, elle s’est dite abasourdie d’apprendre que selon ces données, 6% des sans-abris de Montréal (environ 200) auraient servis au sein des FAC. «J’ai trouvé difficile de passer de soldat à civil. Si ma transition fût difficile pour moi alors que j’étais préparée et au courant des défis qui m’attendaient, j’ai compris que ça devait être terrible pour ceux qui ont perdu leur stabilité familiale et sociale» , dit-elle.

Même son de cloche pour Claude Rainville, un ancien combattant de Farnham qui a participé aux efforts de recherche: «C’était important pour moi d’être ici. Je connais de jeunes vétérans qui vivent dans l’itinérance à Québec et j’y ai vu l’opportunité d’aider.». L’expérience lui a permis de rencontrer Pierre, un vétéran sans-abris. «Il reçoit 3 400$ de pension par mois, il a un appartement, mais il n’est pas capable de vivre dedans.», a-t-il relaté, rappelant que les causes de l’itinérance sont toutes aussi nombreuses que complexes.

Forte de son expérience, Linda Garant souligne l’importance de comprendre la nature militaire et rappelle que les militaires proviennent de partout au Québec. Par conséquent, le militaire qui quitte la région de Québec pour retourner vivre dans son coin de pays d’origine est fort susceptible de vivre l’incompréhension civile, y compris à Montréal. Elle s’implique «parce que je suis d’abord moi-même un vétéran».

C’était la 6e marche du genre pour l’organisation de VETS canada et la première dans la métropole québécoise.

Jenny Migneault est une activiste, militante et «advocate». Elle est également membre du comité aviseur sur les familles d'Anciens Combattants Canada et a recu la Mention élogieuse de l'Ombudsman des vétérans. Elle est actuellement en tournée pan-canadienne pour mieux comprendre les enjeux touchant les familles des militaires et des vétérans.

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