Syrie: frappes russes contre des rebelles soutenus par les États-Unis

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Al Tanaf, un poste frontière entre la Syrie et l'Irak. (Compte Twitter/@bjoernstritzel)
Al Tanaf, un poste frontière entre la Syrie et l’Irak. (Compte Twitter/@bjoernstritzel)

Des avions russes ont mené une « série de frappes » dans le sud de la Syrie contre des rebelles qui avaient reçu pour certains un soutien américain, a indiqué jeudi un responsable de la Défense américain.

Ces bombardements qui ont eu lieu près d’Al-Tanaf « soulèvent des sérieuses inquiétudes sur les intentions russes » en Syrie, a déclaré le responsable sous couvert de l’anonymat.

« Les avions russes n’avaient pas été actifs dans cette zone du sud de la Syrie pendant un certain temps, et il n’y avait pas de forces terrestres russes ou du régime syrien dans les alentours », a déclaré le responsable américain.

« Nous allons demander des explications à la Russie sur les raisons » de ces bombardements, et « des assurances que cela ne se reproduira pas », a-t-il poursuivi.

Le responsable n’a pas fourni d’indication sur le nombre de combattants concernés, ni sur leur sort.

Les militaires américains ont formé et équipé des combattants syriens désireux de se battre contre le groupe État islamique.

Cet effort qui avait connu un démarrage calamiteux concerne surtout aujourd’hui des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui se battent en ce moment dans le nord de la Syrie, et qui sont assistés sur le terrain par des forces spéciales américaines.

Mais ils avait également concerné d’autres combattants actifs dans le sud du pays.

Al Tanaf est un poste frontière entre la Syrie et l’Irak.

La Russie et les États-Unis sont les parrains d’un processus diplomatique et politique pour la Syrie mais qui est au point mort, après plus de cinq années de guerre qui a fait 280.000 morts et des millions de réfugiés.

La Russie et les Etats-Unis ne se coordonnent pas sur le plan militaire, mais ils échangent en principe quotidiennement des informations sur les déplacements de leurs avions de combat pour éviter tout incident entre eux.

La Russie avait annoncé une trêve des combats jeudi dans Alep, la grande ville du nord meurtrie dans les combats, mais les combats ont très vite repris dans la journée.

Un soldat russe, blessé près d’Alep, est mort

Un soldat russe, blessé dans la région d’Alep au nord de la Syrie début mai, est mort, a annoncé le ministère russe de la Défense jeudi, portant à neuf le nombre de combattants russes officiellement tués dans ce conflit.

Le soldat, identifié comme le sergent Mikhail Shirokopoyas, 35 ans, a été blessé début mai lorsque des véhicules russes, qui patrouillaient pour assurer le cessez-le-feu, ont été attaqués, a précisé le ministère dans un communiqué diffusé par les agences de presse russes.

Mikhail Shirokopoyas a été évacué vers un hôpital de Moscou, où il est mort des suites de ses blessures la semaine dernière.

Le ministère a assuré que les médecins « se sont battus pour sa vie » mais que le soldat ne pouvait pas être sauvé.

Il est le neuvième soldat russe officiellement tué en Syrie depuis que la Russie a lancé une campagne de bombardements en septembre pour soutenir son allié Bachar al-Assad.

L’armée russe a également annoncé fin octobre le suicide de l’un de ses soldats déployés sur la base aérienne de Hmeimim au nord-ouest de la Syrie, une thèse contestée par sa famille.

M. Shirokopoyas servait en Syrie depuis avril, selon son père interviewé par une télévision officielle locale de l’est de la Russie.

Des diplomates américains « dissidents » critiquent la politique de Washington

Par ailleurs, des diplomates du département d’Etat américain ont formé un groupe de « dissidents » qui a formulé dans un télégramme diplomatique des critiques de la politique des États-Unis vis-à-vis du règlement du conflit en Syrie, a reconnu jeudi soir la diplomatie américaine.

Confirmant une information du Wall Street Journal, le porte-parole du département d’État John Kirby a fait état auprès de l’AFP d’un « télégramme dissident rédigé par un groupe d’employés du département d’Etat concernant la situation en Syrie ».

Le responsable américain a refusé de dévoiler le contenu précis du télégramme, le Wall Street Journal affirmant que ce texte réclame des frappes militaires américaines contre le régime du président syrien Bachar al-Assad.

« Nous examinons actuellement ce télégramme qui est sorti très récemment », s’est borné à dire M. Kirby.

Il a toutefois expliqué qu’il existait « officiellement » au département d’Etat un « canal dissident » ou « contestataire » qui « permet à des employés de faire part de points de vue différents et de perspectives alternatives sur des sujets de politique » diplomatique.

Le président Barack Obama avait renoncé à la dernière minute à l’été 2013 à bombarder des infrastructures du régime de Damas, en dépit du fait que l’armée syrienne avait eu recours à des armes chimiques en août 2013. M. Obama avait dans les mois précédents promis une action militaire contre la Syrie en cas de franchissement d’une telle « ligne rouge ».

Depuis ce renoncement, l’administration américaine refuse tout engagement militaire d’envergure en Syrie.

Les Etats-Unis pilotent toutefois une coalition militaire internationale qui a effectué 13.000 frappes aériennes depuis l’été 2014 contre le groupe jihadiste Etat islamique en Syrie, mais aussi en Irak.

Washington a également des dizaines de forces spéciales au sol en Syrie mais M. Obama a toujours résisté à la pression du déploiement massif de dizaines de milliers de soldats.

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