Téhéran accuse la Canado-Iranienne Homa Hoodfar d’avoir voulu fomenter une «révolution féministe»

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Homa Hoodfar (FACEBOOK)
Homa Hoodfar (FACEBOOK)

La famille de Homa Hoodfar, l’anthropologue canado-iranienne, Homa Hoodfar, professeure à l’université Concordia à Montréal, arrêtée et détenue depuis le 6 juin à Téhéran à la prison d’Evin sous contrôle des Gardiens de la Révolution, affirme qu’elle fait l’objet d’une enquête pour avoir pris part à des activités féministes et pour des questions de sécurité.

La nièce de Homa Hoodfar, Amanda Ghahremani, a indiqué qu’une annonce faite vendredi par le procureur public à Téhéran – et soulignant la nature de l’enquête – constituait les premiers indices des motifs de l’arrestation.

L’anthropologue de 65 ans, qui a aussi la nationalité irlandaise, s’était rendue en Iran en février pour poursuivre ses recherches ethnographiques sur le rôle public des femmes.

Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sur les femmes et la sexualité dans le monde musulman.

Mme Hoodfar avait été interpellée une première fois le 10 mars par une unité du contre-espionnage des Gardiens de la révolution, quelques jours avant son retour prévu au Canada, selon ses proches. À cette occasion, son logement avait été perquisitionné et ses biens, y compris son passeport, ont été saisis, avait précisé aux média Amanda Ghahremani.

Homa Hoodfar ne pouvait depuis quitter l’Iran et avait été soumise à de longs interrogatoires, sans l’assistance d’un avocat, et c’est après un autre de ces interrogatoires qu’elle a finalement été emprisonnée le 6 juin.

Un porte-parole du ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion affirme que le gouvernement est impliqué activement dans le dossier de Mme Hoodfar et qu’il fait ce qu’il peut pour lui venir en aide. La fermeture de l’ambassade canadienne à Téhéran en 2012 ne facilite pas non plus la situation.

Mme Hoodfar est née en Iran mais est installée à Montréal depuis 30 ans, où elle enseignait à l’université Concordia depuis 1991, et continuait jusqu’à son arrestation à superviser des doctorants en anthropologie.

Sa famille craint pour sa santé. Elle a subi un accident vasculaire cérébral l’an dernier. En outre, Homa Hoodfar souffre d’une pathologie neurologique appelée myasthénie grave, une maladie auto-immune qui affecte les nerfs etles muscles et qui entraîne une faiblesse de certains muscles. Ses proches n’ont pas été autorisés à lui apporter les médicaments dont elle a besoin pour contrôler les symptômes de sa maladie.

Amnistie internationale avait pour sa part exigé le 14 juin une action urgente demandé aux autorités iraniennes de libérer Mme Hoodfa qui, aux dires de l’organisation de défense des droits humains, elle ne peut communiquer ni avec sa famille ni avec un avocat, et est probablement en détention à l’isolement là-même où la photographe pigiste irano-canadienne Zahra Kazemi avait été torturée et tuée en 2003.


Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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