Terrorisme 2015: attaques spectaculaires de l’EI, mais nombre d’attaques et de morts en baisse

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Justin Siberell, Coordonnateur par intérim de la lutte contre le terrorisme au sein du Bureau de lutte contre le terrorisme du Département d’État, présente à Washington le « Country Reports on Terrorism 2015 », publié le 2 juin 2016. (Department of State)

Le nombre d’attentats terroristes dans le monde a baissé en 2015 et ils ont fait moins de morts, malgré plusieurs attaques très médiatisées du groupe État islamique, selon un rapport annuel du département d’État publié jeudi.

Le groupe EI reste une menace majeure et a mené des attaques dévastatrices en France, au Liban et en Turquie, mais la baisse globale est due à un fléchissement des violences au Pakistan, en Irak et au Nigeria.

Selon les chiffres compilés par le département d’État, il y a eu en moyenne 981 «attaques terroristes» par mois dans le monde en 2015, qui ont fait au total 28 328 morts.

«Le nombre total d’attaques terroristes en 2015 a baissé de 13% et le nombre de morts dus à ces attentats terroristes a baissé de 14% par rapport à 2014», indique ce rapport destiné aux membres du Congrès.

«Cela représente le premier déclin du nombre d’attaques terroristes dans le monde depuis 2012», souligne encore la diplomatie américaine.

Cependant, derrière ce chiffre global encourageant se cachent des réalités plus sombres, avec par exemple de fortes hausses des attentats en Turquie, au Bangladesh, en Égypte, en Syrie et aux Philippines.

Le rapport insiste aussi sur le fait que «la menace terroriste globale a continué d’évoluer rapidement en 2015, devenant de plus en plus décentralisée et diffuse».

Le document pointe aussi du doigt certains pays, prévenant que les extrémistes exploitent les frustrations là où les moyens d’«exprimer son opinion de manière libre et pacifique ont été bloqués».

Dans les pays, y compris chez des alliés des États-Unis, où le système judiciaire est biaisé et où les forces de sécurité commettent des abus, là où les hommes politiques corrompus ne sont pas inquiétés, des acteurs non étatiques violents peuvent gagner du soutien.

Mais la principale menace reste le groupe EI et sa légion de mouvements affiliés, qui ne cessent de croître.

Le groupe a perdu du terrain sur le territoire de son «califat» autoproclamé, en Irak et en Syrie, et peine de plus en plus à trouver des financements face à la pression de la coalition internationale menée par les États-Unis.

Mais l’EI contrôle des territoires en Libye et sa filiale sur la péninsule du Sinaï s’est renforcée, attaquant les forces de sécurité locales et revendiquant un attentat contre un avion de ligne russe.

Le groupe a également un pied en Afghanistan et il a inspiré des attentats commis par «des individus ou de petits groupes autoradicalisés dans plusieurs villes autour du monde».

Le groupe Boko Haram, basé au Nigeria, a fait allégeance à l’organisation EI, mais fait face à une pression militaire accrue de la part des forces gouvernementales dans la région.

Quant à Al Qaïda, l’ancien ennemi public numéro un, il tente un retour et continue d’inspirer des attaques, particulièrement au Yémen et en Afrique de l’Est.

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