Terrorisme: vaste coup de filet en Belgique

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Opération policière à Bruxelles, le 17 juin 2016 dans le cadre d'un dossier de terrorisme. (Belga/AFP/LAURIE DIEFFEMBACQ)
Opération policière à Bruxelles, le 17 juin 2016 dans le cadre d’un dossier de terrorisme. (Belga/AFP/LAURIE DIEFFEMBACQ)

Des dizaines de perquisitions nécessitant une « intervention immédiate » ont été menées dans la nuit de vendredi à samedi en Belgique dans le cadre d’un dossier de terrorisme, au moment où la protection de personnalités a été renforcée sur fond de menace de nouveaux attentats.
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Mise à jour au 18#06#2016 à 16h45

Trois hommes ont été inculpés de « tentative d’assassinat dans un contexte terroriste » à la suite de la vague de perquisitions menées dans la nuit de vendredi à samedi en Belgique, a indiqué dans la soirée le parquet fédéral belge.

Samir C., Moustapha B. et Jawad B., qui faisaient partie des 12 personnes interpellées lors de ces opérations, ont également été inculpés de « participation aux activités d’un groupe terroriste » et placés en détention provisoire, alors que les neuf autres ont été remises en liberté après avoir été entendues, a précisé le parquet dans un bref communiqué.

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«Les éléments recueillis dans le cadre de l’instruction nécessitaient d’intervenir immédiatement», a expliqué samedi le parquet fédéral, qui centralise les enquêtes antiterrorisme en Belgique.

Les perquisitions se sont déroulées dans 16 communes, principalement à Bruxelles mais aussi en Flandre (nord) et en Wallonie (sud), a ajouté le parquet, sans donner de précisions sur les informations qui l’ont poussé à agir aussi rapidement.

Selon la chaîne privée flamande VTM, la menace pesait sur des événements liés au match que la Belgique doit livrer samedi à 15 h (9 h, heure de l’Est) contre l’Irlande dans le cadre de l’Euro-2016 en France.

Un Conseil national de sécurité a été convoqué à 12 h (8 h, heure de l’Est) au cabinet du premier ministre Charles Michel, a-t-on indiqué de source gouvernementale.

«Quarante personnes ont été interpellées et 12 d’entre elles ont été privées de liberté. Le juge d’instruction décidera dans les prochaines heures de leur maintien éventuel en détention », indique le parquet. Ce sont 152 entrepôts qui ont été perquisitionnés, mais « ni arme ni explosif » n’ont été découverts, selon la même source.

Dans l’agglomération bruxelloise, les enquêteurs sont notamment intervenus à Molenbeek, Schaerbeek et Forest, trois communes où les auteurs des attentats de Paris (130 morts en novembre 2015) et Bruxelles (32 morts le 22 mars) avaient établi des caches, utilisées pour préparer les attaques ou qui ont notamment servi de refuge à Salah Abdeslam, suspect clé des attaques de Paris, lors de sa cavale de quatre mois.

En Flandre, l’opération s’est déroulée à Zaventem, où se situe l’aéroport de Bruxelles-National, où deux kamikazes se sont fait exploser le 22 mars, ainsi qu’à Wemmel et Ninove, dans la grande banlieue de la capitale.

En Wallonie, les interventions policières ont été menées à Fleurus – commune jouxtant l’aéroport de Charleroi, le deuxième du pays, et qui accueille l’Institut des radioéléments, spécialisé dans la fabrication de produits radioactifs pour l’industrie médicale -, ainsi qu’à Tubize (centre) et Liège (sud-est).

«En ce qui concerne les objets emportés et l’identité des personnes arrêtées, nous ne pouvons pas donner plus d’information à l’heure actuelle», a expliqué le parquet.

Tension

Trois mois après les attentats à l’aéroport de Bruxelles et dans la station de métro Maelbeek, et quelques jours après l’attaque d’Orlando (États-Unis), la tension est remontée d’un cran en Belgique.

La presse belge avait révélé mercredi que les services de police avaient été avertis que des combattants de l’organisation État islamique (EI) avaient quitté récemment la Syrie pour commettre des attentats.

« Ces personnes se sépareraient en deux groupes, l’un pour la Belgique, l’autre pour la France, afin d’aller commettre des attentats par groupe de deux. Toujours selon les renseignements recueillis, ces personnes seraient déjà en possession de l’armement nécessaire et leur action serait imminente », indiquait la circulaire dévoilée par le quotidien La Dernière Heure.

L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) avait toutefois relativisé. Ces informations « non contextualisées n’ont, en tant que telles, aucun impact direct sur le niveau de la menace actuel », avait-il expliqué.

Le degré d’alerte a été maintenu mercredi à 3, ce signifie une menace « possible et vraisemblable », tandis que le niveau 4, le plus haut, estime la menace « sérieuse et imminente ».

Ministres sous protection

«Des personnalités» belges font l’objet d’une protection renforcée, a indiqué samedi à l’AFP une source proche des autorités.

Selon la télévision publique RTBF et le quotidien flamand Het Nieuwsblad, le premier ministre Charles Michel, le chef de la diplomatie Didier Reynders, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon et le ministre de la Justice Koen Geens, ainsi que leur famille, font partie de la trentaine de personnes placées sous haute protection depuis vendredi. La RTBF avance que cette mesure n’a pas de lien avec les perquisitions menées dans la nuit.

La source proche des autorités n’a pas souhaité confirmer l’identité des personnalités concernées.

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