Torture par la CIA dans l’UE: le parlement européen dénonce «l’apathie» des États membres

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Dans le hall d'entrée de son quartier général, à Langley, en Virginie, le sceau de la Central Intelligence Agency (CIA) ou Agence centrale de renseignement »), l'agence de renseignement américaine chargée de l'acquisition du renseignement (notamment par l'espionnage) et de la plupart des opérations clandestines effectuées hors des États-Unis (Archives/CIA/Headquarters Tour)
Dans le hall d’entrée de son quartier général, à Langley, en Virginie, le sceau de la Central Intelligence Agency (CIA) ou Agence centrale de renseignement »), l’agence de renseignement américaine chargée de l’acquisition du renseignement (notamment par l’espionnage) et de la plupart des opérations clandestines effectuées hors des États-Unis (Archives/CIA/Headquarters Tour)

Le Parlement européen a dénoncé mercredi « l’apathie des États membres et des institutions européennes » vis-à-vis du recours à la torture au cours des opérations de la CIA sur le sol européen entre 2001 et 2006.

Par une résolution non contraignante, adoptée par 329 voix contre 299, les députés européens ont appelé les États membres à enquêter sur « l’existence de prisons secrètes sur leur territoire dans lesquelles des individus étaient retenus par le programme de la CIA ».

Ce programme visait à capturer et interroger, hors cadre judiciaire, des personnes suspectées de liens avec Al-Qaïda.

Les eurodéputés craignent que la classification de documents comme secrets d’État offre l’impunité aux responsables de « nombreuses violations des droits de l’homme et (du) recours à la torture » et ils demandent que les tortionnaires soient traduits en justice.

Ils se prononcent pour la mise en place de missions d’enquête dans les États membres identifiés comme complices du programme de la CIA, « tels que la Lituanie, la Pologne, l’Italie et le Royaume-Uni ».

La résolution invite également les États-Unis à interdire la torture et la détention sans procès préalable et déplore que la prison de Guantánamo n’ait toujours pas été fermée.

Elle cite le rapport, accablant pour les méthodes d’interrogatoire de la CIA, rendu par le Sénat américain en décembre 2014, et regrette que malgré cette publication, aucun responsable n’ait été traduit en justice.

Selon ce rapport, 119 détenus ont été capturés et emprisonnés dans des sites dits « noirs », situés dans des pays qui ne sont jamais cités.

En Pologne, le président Aleksander Kwasniewski a reconnu en décembre 2014 que son pays avait accueilli une prison secrète de la CIA.

En février, la Cour européenne des droits de l’Homme avait condamné Varsovie pour son rôle dans les tortures infligées sur son territoire en 2002-2003 à un Palestinien et un Saoudien, avant leur transfèrement à la base de Guantánamo.

En Lituanie, une enquête a été ouverte en avril 2015 sur l’existence de centres de détention secrets pour des membres présumés d’Al-Qaïda.

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