Turquie: 11 morts et 36 blessés dans un attentat à Istanbul

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Des policiers sur les lieux d'une attaque à la bombe ayant visé un véhicule de police à Istanbul, le 7 juin 2016. (DOGAN NEWS AGENCY/AFP/STRINGER)
Des policiers sur les lieux d’une attaque à la bombe ayant visé un véhicule de police à Istanbul, le 7 juin 2016. (DOGAN NEWS AGENCY/AFP/STRINGER)

Onze personnes dont sept policiers ont été tuées mardi dans un attentat à la voiture piégée visant la police dans un quartier historique d’Istanbul, que le président turc a attribué aux rebelles kurdes.
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Mise à jour au 08/06/2016 à 12h34

Trois personnes ont été tuées et 30 autres blessées mercredi dans une attaque à la voiture piégée contre le siège de la police à Midyat, dans le sud-est de la Turquie, au lendemain d’un attentat meurtrier à Istanbul.

Ces deux attentats, attribués aux rebelles kurdes, surviennent peu avant le début de la haute saison pour l’industrie stratégique du tourisme, durement frappée par la série d’attaques qui ont secoué cette année la Turquie, en état d’alerte maximal.

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Mise à jour au 07/06/2016 à 10h31

La police stambouliote a arrêté quatre suspects dans le cadre de l’enquête sur l’attentat à la voiture piégée qui a tué 11 personnes mardi matin sur un site commercial et historique d’Istanbul, a rapporté l’agence de presse progouvernementale Anatolie.

Les quatre suspects ont été conduits au siège de la sûreté de la mégapole turque pour y être interrogés, a souligné Anatolie, sans autre détail.

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«Sept policiers et quatre citoyens ont perdu la vie dans une attaque au véhicule piégé qui a visé la police antiémeute», a déclaré le gouverneur de la première mégapole de Turquie, Vasip Sahin, aux journalistes sur les lieux de l’attentat.

L’attaque, qui s’est produite à Beyazit, secteur très fréquenté, a également fait 36 blessés dont trois sont dans un état critique, a-t-il ajouté.

L’attentat n’a pas été revendiqué dans un premier temps, mais le président Recep Tayyip Erdogan a désigné les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

«Ce n’est pas nouveau que l’organisation terroriste (dénomination officielle du PKK) propage ses attaques dans les villes», a-t-il déclaré aux journalistes après s’être rendu au chevet des blessés dans un hôpital d’Istanbul.

«Notre lutte contre le terrorisme se poursuivra jusqu’à la fin, jusqu’à l’apocalypse», a assuré l’homme fort de Turquie.

La bombe actionnée à distance a explosé à une heure de pointe aux alentours de 5 h 40 GMT (1 h 40, heure de Montréal) au passage d’un bus transportant de membres de la police antiémeute, selon le responsable.

L’attentat s’est produit au deuxième jour du mois de jeûne musulman du ramadan. Les prédicateurs des mosquées avoisinantes ont appelé la population à évacuer la zone où une explosion contrôlée d’une voiture suspecte a eu lieu après l’attentat.

La violente déflagration s’est produite près de la station de tramway de Vezneciler, proche des principaux sites touristiques du centre historique, dont la mosquée Suleymaniye.

Cette zone est également à proximité du Grand Bazar et de l’Université d’Istanbul, la plus grande de la ville. Les examens ont été reportés dans cet établissement qui a également subi des dégâts. Une mosquée de la période ottomane et un foyer de jeunes filles ont aussi été endommagés.

L’explosion a soufflé les devantures des magasins avoisinants, et plusieurs voitures ont été endommagées.

Le président français François Hollande a condamné « de la manière la plus ferme l’odieux attentat terroriste » et adressé ses condoléances aux proches des victimes.

«Comme un séisme»

«C’était comme un séisme », a indiqué un témoin à la chaîne d’information CNN-Türk.

Le véhicule utilisé dans l’attaque ainsi que le car de police visé ont été calcinés par la déflagration qui a été entendue à des kilomètres à la ronde.

La Turquie vit depuis plusieurs mois en état d’alerte maximale en raison d’une série d’attaques attribuées à l’EI ou liées à la reprise du conflit kurde, qui ont provoqué une chute du tourisme.

Deux attentats-suicides ont notamment visé des zones touristiques d’Istanbul, et ont été attribués au groupe État islamique: le 19 mars, un kamikaze s’était fait exploser dans une artère commerçante du coeur d’Istanbul, tuant quatre touristes étrangers. En janvier, un attentat-suicide, également attribué à l’EI, avait déjà tué douze touristes allemands dans la ville.

Mais les rebelles kurdes, engagés dans des combats meurtriers avec l’armée dans le sud-est à majorité kurde du pays, sont surtout montrés du doigt par les autorités.

Le 12 mai, huit personnes, dont des militaires, avaient été blessées par l’explosion d’une voiture piégée près d’une caserne militaire sur la rive asiatique d’Istanbul. L’attaque avait été revendiquée par le PKK.

Deux autres attaques à la voiture piégée ont frappé en février et mars Ankara, faisant une soixantaine de victimes. Ils ont été revendiqués par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical affilié au PKK, qui mène depuis 1984 contre l’État turc une rébellion qui a déjà causé plus de 40 000 morts.

L’aviation turque mène régulièrement des raids contre les bases arrière du PKK situées dans le nord de l’Irak. Tard lundi, des F-16 ont visé ces bases, a indiqué l’état-major turc.

En avril, les États-Unis avaient mis en garde leurs ressortissants en raison de « menaces crédibles » d’attentats contre les touristes à Istanbul et Antalya (sud).

Le secteur touristique turc, qui a rapporté 31,5 milliards de dollars en 2015, a été frappé de plein fouet par cette récente vague d’attentats.

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