Washington espère achever la campagne contre l’EI avant la fin de l’été 2017

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Un F-15 Strike Eagle de la US Air Force sur la base d'Incirlik, en Turquie, prêt à participer à l'opération Inherent resolve de lutte contre le groupe armé État islamique. (DoD)
Un F-15 Strike Eagle de la US Air Force sur la base d’Incirlik, en Turquie, prêt à participer à l’opération Inherent resolve de lutte contre le groupe armé État islamique. (DoD)

Alors que des rebelles syriens soutenus par Washington ont lancé mardi une offensive en direction d’une importante ville frontalière avec l’Irak pour couper les lignes d’approvisionnement du groupe État islamique (EI) entre ces deux pays, l’administration américaine espère avoir achevé la campagne militaire contre le groupe État islamique avant la fin de l’été 2017, selon un haut responsable.

Au début de l’intervention internationale en août 2014 en Irak, elle avait affiché un objectif de 3 ans pour en finir avec le groupe jihadiste. L’opération a été étendue à la Syrie quelques semaines plus tard.

Mais « je veux que la campagne aille beaucoup plus vite que cela », a déclaré mardi devant une Commission du Sénat américain Brett McGurk, envoyé spécial du président des Etats-Unis Barack Obama auprès de la coalition anti-dihadiste.

Le diplomate américain a notamment expliqué qu’il s’était rendu en Irak la semaine dernière pour discuter avec le gouvernement irakien de l’offensive sur Mossoul, la deuxième ville du pays qui est le grand objectif désormais de la coalition.

« Nous ne voulons pas afficher d’échéances » pour reprendre la ville mais « nous voulons y arriver le plus tôt possible », a-t-il déclaré devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat.

Les forces irakiennes viennent de reconquérir la ville de Fallouja, à l’ouest de Bagdad, et se rapprochent de Mossoul vers le nord.

« Le territoire de l’EI se réduit », a indiqué M. McGurk, soulignant que les jihadistes ont perdu en dix-huit mois « 50% du territoire » qu’ils avaient conquis en Irak et « 20% » en Syrie.

Le diplomate a aussi souligné que la coalition éliminait des responsables jihadistes au rythme de « un tous les trois jours ».

Les Etats-Unis et la coalition d’environ 65 pays qu’ils dirigent ont intensifié à l’automne la pression contre le groupe Etat islamique.

Washington a envoyé des forces spéciales et des conseillers militaires supplémentaires, portant le contingent américain en Irak à plus de 4.000 hommes.

Les Américains ont aussi récemment engagé des hélicoptères Apache pour la première fois dans les combats, en appui de l’armée irakienne.

Offensive de rebelles soutenus par Washington de Syrie vers la frontière irakienne

Des rebelles syriens, soutenus par Washington, ont lancé mardi une offensive en direction d’une importante ville frontalière avec l’Irak, pour couper les lignes d’approvisionnement du groupe État islamique (EI) entre ces deux pays.

Les combattants de la Nouvelle armée syrienne (NAS) avancent en direction de Boukamal, située dans la province de Deir Ezzor (est), pour tenter de faire la jonction avec des forces irakiennes de l’autre côté de la frontière, a indiqué à l’AFP le porte-parole de ce groupe formé en novembre 2015, Mezahem al-Saloum.

Ils sont appuyés par l’aviation de la coalition internationale anti-EI menée par Washington, a-t-il ajouté, précisant que « l’objectif principal est de couper les lignes d’approvisionnements militaires de l’EI entre l’Irak et la Syrie, puis dans un deuxième temps, de reprendre Boukamal », une localité de près de 50.000 habitants.

Ce poste-frontière stratégique, qui fait face à Al-Qaïm côté irakien, est aux mains de l’EI depuis juin 2014. En Irak, le groupe jihadiste est posté le long de la frontière dans la province d’Al-Anbar où il a perdu le 26 juin le contrôle de l’un de ses principaux fiefs, Fallouja.

Côté syrien, les hommes de la NAS sont engagés dans des combats avec les jihadistes de l’EI, a précisé M. Saloum.

La NAS regroupe des combattants non islamistes, entraînés par les Américains et les Britanniques dans un camp de la coalition internationale en Jordanie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Ses membres –« des centaines » selon M. Saloum– sont principalement originaires de Deir Ezzor (est), bastion de l’EI, mais aussi de Homs (centre).

« Notre offensive se fait en coordination avec les combattants tribaux de la province d’Al-Anbar et les forces gouvernementales antiterroristes irakiennes », a souligné le porte-parole de la NAS, précisant que l’assaut côté irakien avait débuté mardi en milieu de journée.

En mars, les jihadistes de l’EI avaient perdu le contrôle d’un autre point de passage situé à la frontière irakienne, celui d’Al-Tanaf.

Depuis le 31 mai, une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis –Les Forces démocratiques syriennes (FDS)– mène une vaste offensive dans le nord pour prendre Minbej, autre fief vital de l’EI situé sur la route de ravitaillement des jihadistes entre la frontière turque et Raqa, leur capitale de facto en Syrie.

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