Camp des cadets de Valcartier: aider les jeunes à être de meilleures personnes (PHOTOS/VIDÉO)

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Le Camp d’été des cadets de Valcartier accueille cette année jusqu’à 2 500 jeunes de 12 à 18 ans pour les aider à devenir les meilleures personnes qu’ils puissent être et aussi, en accueillant sans distinction des jeunes de tous les milieux, est un creuset social où se forgent le Canada de demain.

Ils sont arrivés « massivement » et ont tous été accueillis personnellement lundi le 4 juillet par le commandant du camp, le lieutenant-colonel André Raymond.

Des jeunes, dit le lieutenant-colonel André Raynond, qui viennent de partout, Gaspé, Senneterre, l’Outaouis et même Toronto et qui sont de niveaux différents, certains pouvant provenir de corps de cadets qui « ont un petit plus de misère ».

Et, au Camp de Valcartier, pas de nivellement par le bas! Plutôt un relèvement par le haut: « Nous, on les fait monter. À tous les ans on se donne un objectif », lance le commandant, « et cette année, c’est ‘Croire en toi, pour que demain t’appartienne ».

Certes, le camp d’été a pour mission de dispenser tous les cours de l’élément Armée. (Instruction générale, musique et expédition.) Il est également un centre d’excellence pour les trois éléments du programme des cadets pour ce qui est des cours de tir de précision à la carabine à air comprimé, de conditionnement physique et sports et d’exercices militaires et cérémonial.

Mais la plus grande responsabilisation des individus par une meilleure compréhension de leur rôle respectif au sein d’une organisation ainsi que le développement du leadership sont ce qui est véritablement au centre de l’instruction qu’ils reçoivent, Ce que ces jeunes apprendront pourra leur servir incontestablement aussi bien dans une carrière civile que militaire ou, plus simplement, dans leur vie.

Une école de leadership incomparable

Pour sa part, la Cadette adjudant Alicia Dufour, du corps de cadets 2646 Jonquière, commandant du peloton 57 au camp, rencontrée sur place et qui en est à sa troisième expérience de cadet-cadre cette année au camp de cadets de Valcartier, témoigne, non sans émotion, de l’importance de l’apprentissage du leadership et de la qualité des liens entre tous ceux qui participent à cette « aventure ».

Cadet-cadre est sans conteste une « expérience en tant que leadership qu’on ne peut pas vraiment avoir ailleurs », déclare-t-elle, soulignant aussi « qu’on est quand même 24h sur 24h avec ces jeunes, développant des liens de confiance avec eux, voyant leur développement, jusqu’où ils sont capables d’aller ».

« À la fin de l’été », n’hésite pas à affirmer la cadette-adjudant Dufour, « ce sont comme des petits frères, des petites sœurs , tu les quittes et tu as le cœur en morceaux. »

Avec une émotion moins apparente, mais pas moins de conviction, le commandant du Camp, le lieutenant-colonel André Raymond, lui-même cadet il y a quelques dizaines d’années, ne dit pas autre chose: « Le but de ce Camp est de faire de meilleurs citoyens. On essaie de prendre des choses que le jeune a, les amplifier, et, à un moment donné, ouvrir son sac à outils et mettre deux trois outils de plus, dans l’espoir que ça va grandir, prendre de l’expansion ».

Devenir de meilleures personnes et de meilleurs citoyens

La capitaine Cynthia Halley, aujourd’hui officier d’information, mais 6 ans officier CIC auparavant, a même longtemps refusé une promotion pour rester plus près de ses cadets.

Elle n’a pas hésité à faire part à 45eNord.ca d’un exemple éloquent, parmi tant d’autres, qui illustre bien tout ce qu’un pareil camp peut changer dans la vie d’un jeune en terme de confiance en soi.

Il y a quelques années, un jeune cadet lui a déclaré aux premier jours suivant son arrivée, nous confie-t-elle: « Je ne pense pas réussir le camp, vous allez me renvoyer dans quelques semaines ».

Il va sans dire que, tout l’été, les responsables du camp l’ont poussé à s’améliorer, « à devenir une bonne personne », avec comme résultat, à la fin de l’été que ce jeune, persuadé au début du camp qu’il courrait à l’échec, a pu dire au contraire à la capitaine » C’est la première fois dans ma vie que je réussis quelque chose et j’en suis extrêmement fier ».

Pour la capitaine Halley, la paye des officiers-cadres, ce sont ces moments précieux.

Des jeunes issus de l’immigration qui deviennent plus canadiens que les érables de nos forêts

Contrairement au Scouts, où les parents doivent payer, les jeunes cadets, encadrés professionnellement, non seulement n’ont rien à payer, mais ils recevront même à la fin du camp un « bonus d’entraînement » variant de 60 à 240 $.

On retrouve donc dans les cadets, et conséquemment aux camps d’été, des jeunes de toutes les strates de la société et un ensemble qui est à l’image de la diversité canadienne, avec des jeunes de tous les milieux et toutes les origines.

Les cadets et, encore plus cette période intense au camp d’été, deviennent en quelque sorte un véritable creuset social et culturel.

45e Nord.ca a ainsi pu rencontrer trois jeunes cadets issus de l’immigration, en train de devenir plus canadiens que les érables de nos forêts: les Cadets Emilio Jair Garcia, du corps de cadets 2595 Saint-Jean, d’origine mexicaine, Santiago Aroca Pinzon, de l’escadron 500 Outaouais, d’origine colombienne, et Soukaina Chnahim, du Corps de Cadets de la Marine Royale Canadienne 188 Trafalgar, d’origine marocaine.

Le cadet Aroca habite depuis 5 ans au Canada, le cadet Garcia 9, et Soukhaïna, 5 ans. « Les cadets m’ont appris à découvrir la culture d’ici et à devenir un citoyen canadien » affirme avec assurance le cadet Garcia.

Si les adultes qui arrivent au Canada s’intègrent par le travail, les plus jeunes s’intègrent par les amis qu’ils se font, d’où l’importance des liens d’amitié qui se forgent à l’occasion du camp. »Quand je suis arrivé, je n’avais pas beaucoup d’amis ici », explique le cadet Aroca et « Je ne voulais pas venir au cadets parce que je ne parlais pas si bien la langue », nous déclare aujourd’hui le jeune Canado-colombien dans un français aujoiurd’hui très maîtrisé.

Pour la jeune Soukhaïna, le camp a été également une occasion d’apprendre à parler mieux le français et de vivre parmi des gens différents de ceux de sa communauté qu’elle fréquentent dans sa vie de tous les jours. « C’est vraiment diversifié, il y a des gens de toutes les origines », dit-elle. « Au début, cela a choqué un peu, tu n’es pas habitué à te retrouver avec des gens de partout, mais avec le temps, tu apprends à connaître différentes cultures et comment les gens vivent ici ».

Et c’est donc ainsi que chaque été au Québec, près de 5000 cadets ont la chance de participer, tout à fait gratuitement, à des camps d’été d’une durée de deux, trois ou six semaines. À ce rendez-vous annuel, « des amitiés durables, des souvenirs impérissables, ainsi que des expériences qui leur seront utiles tout au long de leur vie », soulignait la capitaine Haley, mais aussi un indispensable creuset social et culturel pour un Canada plus riche et fier de sa diversité et où, tous ensemble, nous sommes toujours plus forts.

« You raise me up, so I can stand on mountains
You raise me up to walk on stormy seas
I am strong when I am on your shoulders
You raise me up to more than I can be »
(You Raise Me Up/ Secret Garden)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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