Colombie: les Farc prêtes à exclure les guérilleros pas disposés à la paix

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L'écusson d'un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)
L’écusson d’un Farc près de Montealagre, en Colombie (Archives/Luis Robayo/AFP)

Les guérilleros des Farc qui n’accepteront pas les accords de paix négociés avec le gouvernement colombien resteront « en dehors » du mouvement et ne pourront « utiliser son nom, ses armes, ni ses biens », a averti vendredi cette guérilla, soulignant qu’elle n’admettait pas de « dissidences ».

L’état-major du Bloc Commandant Jorge Briceño des Farc, qui opère dans le centre-est de la Colombie et est considéré comme le plus puissant des Farc, a averti dans un communiqué que les guérilleros qui ne respecteraient pas les décisions de la direction de cette guérilla devraient « prendre un nom différent ».

« L’état-major central et son secrétariat sont les instances supérieures et commandent aux Farc. Ses décisions, ordres et orientations sont obligatoires pour tous les membres. Se déclarer en marge de la Direction place qui le fait en dehors », souligne le texte.

Daté depuis les montagnes de Colombie, ce communiqué a été publié à la suite d’informations selon lesquelles des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) auraient décidé de ne pas se démobiliser une fois la paix signée entre la guérilla et le gouvernement, en pourparlers depuis novembre 2012 à Cuba.

Les Farc prennent leurs décisions « à la majorité » et elles sont ensuite obligatoires, ce qui empêche « la formation de dissidences de tout ordre », ajoute le texte, diffusé par l’Observatoire de la paix et du conflit de l’Université Nationale (UN) de Colombie.

Le communiqué ajoute que le « secteur de chefs et combattants du Front n°1 » des Farc qui « a décidé de renier ses principes » l’a fait à la suite de manipulations internes de certains.

« En agissant ainsi, ces chefs et combattants de longue date des Farc non seulement adoptent un comportement téméraire contraire aux décisions de la Direction nationale des Farc, mais heurtent frontalement les aspirations à la paix » des Colombiens, souligne le texte.

Mercredi, le président Juan Manuel Santos avait prévenu les guérilleros des Farc qui hésiteraient à déposer les armes que c’était « leur dernière opportunité ». « Sinon ils termineront, je vous l’assure, dans une tombe ou en prison », avait déclaré le chef de l’État.

Les FARC, issues en 1964 d’une insurrection paysanne, sont la plus importante guérilla de Colombie avec environ 7.000 combattants armés, selon des chiffres officiels.

La Colombie est meurtrie par une guerre interne de plus d’un demi-siècle qui a opposé guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite et forces armées, faisant au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

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