Dion et Sajjan à Washington pour discuter lutte contre l’EI

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Les ministres de la Défense des pays membre de la coalition internationale contre l'EI réunis sur l'immense base aérienne d'Andrews à Maryland, le 20 juillet 2016. (DoD)
Les ministres de la Défense des pays membre de la coalition internationale contre l’EI réunis sur l’immense base aérienne d’Andrews à Maryland, le 20 juillet 2016. (DoD)

Les ministres des Affaires étrangères Stéphane Dion et de la Défense nationale Harjit Sajjan sont à Washington ces 20 et 21 juillet pour discuter avec leurs alliés de la Coalition de lutte contre le groupe État islamique.

Pour la première réunion de la Coalition en deux ans réunissant les ministres des Affaires étrangères et de la Défense d’une quarantaine de pays, ces derniers ont discuté de coordination politico-militaire, de lutte contre les combattants étrangers terroristes, du financement antiterroriste, de contre-propagande, et de stabilisation des zones libérées.

En interview exclusive pour 45eNord.ca depuis Washington, le ministre Dion a indiqué que les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Coalition ont convenu que des progrès nets avaient été accomplis depuis le début de la lutte contre le groupe terroriste à l’été 2014. Cependant, si l’optimisme est à l’affiche, «nous avons une autre responsabilité qui est celle de l’humanitaire et de l’aide au développement».

Bagdad a besoin d’argent pour que des réfugiés retournent dans les zones reconquises et pour reconstruire le pays. «Le moment est venu d’aider l’Irak pour l’après libération», avait plaidé mardi à Washington son ministre des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari en invoquant l’esprit du plan Marshall.

Le Canada a annoncé le 19 juillet qu’il s’engageait justement à verser 158 millions $ sur trois ans pour soutenir les efforts humanitaires et de stabilisation en Irak, et jusqu’à 200 millions $ en financement supplémentaire au gouvernement de l’Irak.

Faisant écho à Stéphane Dion, le ministre Sajjan a déclaré aussi, sans pouvoir bien sûr, dire quand on va célébrer la victoire, qu’il est déjà temps de penser à l’après EI et à la reconstruction du pays.

Même si, selon Washington, l’EI a perdu en Irak et en Syrie respectivement près de 50% et de 20% à 30% des territoires conquis à son apogée en 2014, «Nous allons tous devoir en faire plus», a martelé le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter.

Un hôpital dirigé par les Canadiens en Irak

Harjit Sajjan a donc également annoncé le déploiement prochain d’environ 40 à 60 membres des Forces armées canadiennes supplémentaires dans la région de Erbil, dans le nord de l’Irak, pour un nouvel hôpital dirigé par le Canada, misant sur l’expérience et l’expertise acquise par les Canadiens à Kandahar (Afghanistan).

Le ministre a souligné que c’était un effort qu’il fallait faire en raison de l’importance de stabiliser les blessés. L’hôpital fonctionnera «loin derrière la ligne de front dans un endroit sûr».

Les Forces armées canadiennes dirigeront donc une installation médicale de rôle 2 de la coalition à Erbil, dans le nord de l’Irak, qui comprendra deux salles d’opération et des équipes chirurgicales intégrées. Les Forces armées canadiennes fourniront aussi le matériel et l’équipement médicaux nécessaires au fonctionnement de l’installation.

Les Forces armées canadiennes sont déjà actuellement à planifier les détails de ce nouvel engagement dans le cadre de l’opération IMPACT et ce nouveau projet pourrait commencer dès octobre 2016 et devrait être réalisé en un an.

Les Canadiens résolument engagés dans la lutte à l’EI

En outre, la semaine dernière, le ministre Sajjan avait déjà non seulement réitéré la volonté d’Ottawa de fournir dorénavant des armes légères aux combattants kurdes qu’il parraine en Irak, mais indiqué que le Canada envisageait très sérieusement d’étendre à l’Afrique, où s’infiltre le groupe armé, la participation du Canada à la coalition mondiale de lutte contre l’EI.

En effet, bien que les efforts sont surtout concentrés en Irak, afin de repousser les djihadistes vers la Syrie, après la future bataille de Mossoul, «aujourd’hui l’Irak, demain la Syrie, mais nous devons maintenir nos efforts pour repousser également tout risque qu’ils prennent pied encore plus solidement en Libye» et ailleurs en Afrique, selon M. Dion.

Annoncé dès le mois de février par le Premier ministre Justin Trudeau, le plan canadien de lutte contre le groupe comprend une augmentation des efforts vers les pays limitrophes, comme la Jordanie et le Liban, voire la Tunisie. «La dernière chose que nous voulons c’est que ces pays soient encore plus déstabilisés».

Enfin, revenant sur l’attaque de Nice, Stéphane Dion dit être inquiet. «À partir de peu, on peut faire beaucoup de dégâts. Alors il ne faut pas permettre au groupe d’occuper des territoires, il faut les éradiquer. Mais cela prend aussi beaucoup plus d’intelligence, de renseignement et il faut aussi penser à la déradicalisation.»

*article écrit en collaboration avec Jacques N. Godbout

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER

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