Le tireur de Dallas était un ancien soldat américain qui avait été déployé en Afghanistan

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Photo non datée de Micah Johnson. (Handout/AFP/Archives/Handout)
Photo non datée de Micah Johnson. (Handout/AFP/Archives/Handout)

Désireux de venger les homicides de Noirs par les forces de l’ordre, le tueur présumé de cinq policiers à Dallas est un ancien soldat américain qui a agi seul et soutenait des organisations de défense des Noirs dont certaines prônant la haine.

Pendant six ans, à partir de 2009, Johnson a servi dans l’armée de réserve américaine en tant que soldat de première classe avec une spécialité dans la menuiserie et la maçonnerie.

Il faisait partie de la 420e brigade du génie, basée à Seagoville, au Texas, une unité dont la mission est faciliter la progression des troupes, notamment par la maintenance des infrastructures de guerre.

L’armée américaine l’avait mobilisé à l’étranger à trois reprises, entre 2009 et 2015, pour des périodes de six mois à un an. Son dernier déploiement en Afghanistan s,est déroulée de novembre 2013 à juillet 2014.

Mais, en 2014, il avait été renvoyé d’Afghanistan après avoir été accusés d’avoir harcelé sexuellement une femme soldat. L’armée l’avait semble-t-il renvoyé aux États-Unis sans que des mesures adéquates de suivi soient prises et, en septembre 2014, l’avait simplement libéré de l’armée, selon ce que son avocat militaire, Bradford Glendening, a dit à la presse.

Lorsque les autorités ont fouillé le domicile de Johnson vendredi ils ont trouvé des matériaux de fabrication de bombes, des gilets pare-balles, des fusils, des munitions et un journal personnel sur les tactiques de combat.

Irrité par les tirs de policiers blancs contre les noirs

Sur la photo que Micah Johnson, jeune Noir de 25 ans, a publié sur Facebook, on le voit vêtu d’une tunique colorée de style africain, poing serré en l’air, rappelant le geste devenu symbole des luttes d’émancipation des Noirs aux États-Unis dans la deuxième moitié du siècle dernier et popularisé par Nelson Mandela.

La photo est prise devant le drapeau panafricain rouge, noir et vert qui était souvent porté comme symbole de ces mouvements dans les années 60 en Amérique.

Selon le ministre de la Sécurité intérieure Jeh Johnson, il aurait agi seul, tuant cinq policiers à la fin d’une manifestation dans la ville texane contre le racisme et les brutalités policières. Elle était organisée après la mort cette semaine de deux Noirs sous les balles des forces de l’ordre, dans le Minnesota et en Louisiane.

Sept autres policiers ont été blessés, ainsi que deux civils.

Le tireur n’a pas non plus de « lien connu » ni n’a été inspiré par un groupe terroriste international, a déclaré Jeh Johnson.

Mais la police a découvert à son domicile un véritable arsenal: du matériel servant à fabriquer des bombes, des gilets pare-balles, des fusils, des munitions et un journal personnel de tactiques de combat.

M. Johnson a été tué par une unité d’élite de la police au terme d’une confrontation de plusieurs heures.

Pendant les négociations avec la police, il a soutenu avoir agi seul en soutien du mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») expliquant qu’il voulait tuer des policiers blancs.

Dépourvu de casier judiciaire, il n’était affilié à aucun groupuscule radical.

Organisations prônant la haine

« Il a dit avoir été irrité par les récents tirs de policiers (contre des Noirs). Le suspect a dit qu’il en voulait aux Blancs, qu’il voulait tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs », a rapporté le chef de la police de Dallas David Brown.

Le compte Facebook de Johnson a été suspendu du réseau social vendredi. Mais des photos de ce compte continuaient de circuler sur internet.

Une autre photo montre ainsi le dessin d’un poing en noir et blanc avec les mots « black power » (pouvoir noir) écrit en lettres majuscules.

Parmi les organisations qu’il semble apprécier sur Facebook (en cliquant le bouton « j’aime ») figure la African American Defense League, qui affirme être dirigée par un psychologue clinicien répondant au nom de Mauricelm-Lei Millere.

M. Millere a appelé à des représailles violentes après la mort d’un père de famille noir Alton Sterling à Baton Rouge en Louisiane, écrivant sur Facebook: « il est temps de se rendre en Louisiane et d’allumer un barbecue. Le clou de la soirée sera de répandre le sang des cochons! »

Il a aussi cliqué sur le bouton « j’aime » d’organisations promouvant la haine, selon le Southern Poverty Law Center qui suit ces mouvements aux États-Unis. Parmi elles figurent New Black Panther Party, Nation of Islam et Black Riders Liberation Party.

Pour la plupart des Américains, le geste de Micah Johnson est celui d’un fou et d’un criminel, mais, pour certains, sur les réseaux spciaux, c’est aussi le geste d’un soldat qui défendait les siens…

*Avec AFP

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