L’auteur de l’attaque de Nice, Lahouaiej Bouhlel, un petit délinquant d’origine tunisienne connu de la police

0
Le corps d'une victime évacué sur une civière le 15 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice. (AFP/BORIS HORVAT)
Le corps d’une victime évacué sur une civière le 15 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice. (AFP/BORIS HORVAT)

L’auteur de l’attaque de Nice serait, Mohamed Lahouaiej Bouhlelm un petit délinquant d’origine tunisienne domicilié à Nice et connu de la police pour des gestes de petite criminalité.

Le chauffeur du camion loué en région Provence-Alpes-Côte d’Azur il y a quelques jours,qui a fauché la foule massée sur la Promenade des Anglais hier à Nice a été « formellement identifié » vendredi matin, selon des sources policières.

Les papiers d’identité de cet homme, connu uniquement pour des faits de violences mais pas pour radicalisation, avaient été retrouvés dans le véhicule. Une perquisition a été menée à son domicile niçois, dans un quartier populaire de l’est de la ville, en présence de policiers d’élite du raid lourdement armés, selon une voisine.

La perquisition a débuté vers 9 h 30 (heure de Nice) en présence de membres de policiers d’élite lourdement armés. En fin de matinée, des membres de la police technique et scientifique étaient toujours présents dans l’appartement supposé du jeune homme. Le petit immeuble est situé dans un quartier populaire de l’est de la ville.

Selon les médias français, Lahouaiej Bouhlel n’était pas fiché par le renseignement antiterroriste français. Sa dernière arrestation par la police daterait d’il y a moins d’un mois. Son statut en France est toujours inconnu.

Décrit par ses voisins comme étant «solitaire » et «silencieux», l’homme de 31 ans né en Tunisie, n’avait pas selon les témoignages de ses voisins l’apparence d’une personne religieuse et était souvent en «shorts».

Les événements

Alors qu’hier, 14 juillet, 30.000 personnes étaient massées sur la très touristique Promenade des Anglais pour pour le feu d’artifice de la fête nationale, l’homme, au volant d’un camion, a foncé sur la foule, provoquant un véritable carnage.

Avant 23h00 jeudi soir, le camion blanc de 19 tonnes a foncé sur la célèbre avenue, fermée à la circulation pour les célébrations de la Fête nationale, écrasant des dizaines de personnes. Son conducteur, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, a été abattu par la police au terme d’une course meurtrière de deux kilomètres.

Plusieurs enfants figurent parmi les morts, selon le président français, François Hollande, qui a évoqué « une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié ».

Le chef de l’État a décrété trois jours de deuil national, samedi, dimanche et lundi. Il est arrivée peu après 12H00 dans la cité balnéaire de la Côte d’Azur, précédé par son Premier ministre, Manuel Valls, pour une visite aux services de secours et de sécurité.

Au lourd bilan provisoire s’ajoutent 18 personnes « en état d’urgence absolue », « une cinquantaine de blessés légers » et 120 autres personnes « impliquées », choquées ou prises en charge par les secours, selon un dernier bilan officiel.

Une cinquantaine d’enfants ont été hospitalisés dans un hôpital pédiatrique de Nice, où deux d’entre eux ont succombé à leurs blessures.

Vendredi matin, des corps étaient encore étendus sur la Promenade des Anglais, recouverts parfois d’un simple drap, sous un soleil estival. Des étrangers figurent parmi les victimes, notamment deux Américains et un Ukrainien.

François Hollande a annoncé la prolongation de trois mois de l’état d’urgence, décrété il y a huit mois dans la foulée des attentats parisiens du 13 novembre, les plus meurtriers jamais commis en France avec 130 morts, et qui devait s’achever le 26 juillet. L’attentat sur la Côte d’Azur est le plus meurtrier en Europe depuis ceux de novembre, revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

‘Le petit était mort’

Les témoins de l’attaque, dont un journaliste de l’AFP présent sur place, ont décrit un « chaos absolu ».

« J’ai entendu un +boum+, je me suis retournée et, là, j’ai vu le camion qui fonçait et des corps qui voltigeaient. On voyait qu’il voulait faire le maximum de victimes. Il roulait vite. C’était horrible. J’ai vu un père avec son fils de deux ans dans les bras. Le petit était mort », a raconté à l’AFP Najate, une Niçoise de 52 ans.

Plusieurs personnes ont enjambé le parapet de la promenade pour se jeter en contrebas sur la plage et échapper au véhicule, dont la course s’est arrêtée non loin du Palais de la Méditerranée, pneus crevés et pare-brise criblé de balles.

« Au moment où il a été abattu par les policiers, il avait fait feu plusieurs fois », a affirmé le président de la région Paca, Christian Estrosi. Selon une source proche des enquêteurs, une grenade « inopérante » et des « armes longues factices » ont été retrouvées dans le camion.

L’enquête sur cet attentat, qui n’avait pas été revendiqué vendredi à la mi-journée, est entre les mains du parquet antiterroriste, dont quatre magistrats se sont rendus à Nice.

Au cœur de l’été, cette attaque replonge le pays dans le drame, après la parenthèse d’un Euro de football qui s’est achevé le 10 juillet sans attentat, malgré les craintes.

Cette nouvelle tuerie confirme que la France fait figure de cible privilégiée des djihadistes, notamment pour son engagement militaire contre l’EI en Syrie. Le chef de l’Etat a réuni vendredi matin un conseil restreint de sécurité et de défense et a déjà annoncé un « renforcement » de l’action de la France en Irak et en Syrie.

‘Renversez-les avec votre voiture’

L’enquête devra déterminer si le tueur a agi seul ou sur commande. Le choix du mode opératoire et de cette date hautement symbolique évoquent les consignes de groupes djihadistes comme Al-Qaïda ou l’EI.

Dans un message audio diffusé en 2014, le porte-parole officiel de l’EI, Abou Mohammed Al-Adnani, encourageait ceux qu’il nomme « les soldats du califat » à utiliser n’importe quelle arme disponible. À l’image du djihadiste Larossi Aballa, qui a assassiné avec un couteau le 13 juin un policier et sa compagne à leur domicile dans la région parisienne. « Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle », disait le porte-parole du groupe djihadiste, « débrouillez-vous (…) renversez-les avec votre voiture ».

L’attaque a suscité une vague de réactions indignées dans le monde, le président américain, Barack Obama, assurant la France, « plus vieil allié » des Etats-Unis, de sa « solidarité ».

En France, le Conseil français du culte musulman (CFCM) a lui aussi condamné l’attaque avec « la plus grande vigueur ».

La France avait basculé dans l’ère de la violence djihadiste en janvier 2015 lors des attaques contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts.

Débordé par les bonnes volontés, le centre de don de sang de Nice a doublé vendredi matin ses effectifs et son matériel de prélèvement face à l’élan de solidarité post-attentat. L’Établissement français du sang (EFS) invite les candidats au don à attendre quelques jours, assurant ne pas avoir de besoins urgents après le carnage.

*Avec AFP

Les commentaires sont fermés.