Omar le Tchétchène, l’un des principaux chefs de l’EI, tué en Irak, rapporte l’agence liée à l’EI

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Omar al-Shishani, dit "Omar le Tchétchène" le "ministre de la guerre" du groupe armé État islamique, probablement mort dans un bombardement aérien américain en Syrie la première semaine de mars. (Departement of State)
Omar al-Shishani, dit « Omar le Tchétchène » le « ministre de la guerre » du groupe armé État islamique, avait déjà été donné pour mort dans un bombardement aérien américain en Syrie la première semaine de mars, mais le groupe armé n’avait pas alors confirmé son décès. (Departement of State)

Omar al-Shishani dit « Omar le Tchétchène », l’un des commandants les plus en vue du groupe État islamique (EI), a été tué en Irak, a rapporté mercredi l’agence Amaq liée à cette organisation ultraradicale.

Citant « une source militaire », Amaq a rapporté qu’Omar al-Shishani avait été tué « dans la ville de Charqat alors qu’il participait (à la bataille) pour repousser la campagne militaire contre la ville de Mossoul », le bastion de l’EI dans le nord de l’Irak.

Amaq n’a pas précisé quand Omar al-Shishani avait été tué mais sa mort, si elle est confirmée, est un nouveau coup porté à l’EI qui a subi plusieurs défaites depuis le début de l’année.

Un responsable américain avait annoncé en mars que ce chef de l’EI avait été « probablement tué » dans un bombardement américain le 4 mars dans le nord-est de la Syrie. Le Pentagone avait confirmé qu’une frappe avait ciblé « Omar le Tchétchène » mais s’était refusé à donner toute indication sur son sort.

« Omar le Tchétchène », de son vrai nom Tarkhan Tayumurazovich Batirashvili, était de nationalité géorgienne, selon le Pentagone.

Connu pour son épaisse barbe rousse, Omar al-Shishani « a occupé plusieurs responsabilités à la tête de l’organisation militaire de l’EI, dont le ministère de la guerre », avait alors indiqué Peter Cook, le porte-parole du Pentagone.

Pour le Pentagone, sa mort allait « affecter la capacité de l’EI à recruter des combattants étrangers, spécialement de Tchétchénie et du Caucase » et sa capacité à « coordonner la défense de ses bastions » de Raqa en Syrie et de Mossoul en Irak.

L’administration américaine offrait 5 millions de dollars pour des informations fiables pouvant mener jusqu’à lui.

L’EI s’était emparé en 2014 de larges pans du territoire irakien mais a depuis perdu du terrain au profit des forces gouvernementales, soutenues par les frappes de la coalition internationale sous commandement américain.

« Omar le Tchétchène », le djihadiste à la barbe rousse de l’EI

Célèbre pour sa barbe rousse et sa férocité au combat, « Omar le Tchétchène », dont la mort en Irak a été rapportée mercredi par une agence liée au groupe Etat islamique (EI), était l’un des chefs les plus recherchés de l’organisation jihadiste.

L’agence Amaq a indiqué qu’Omar al-Shishani, dit « Omar le Tchétchène », avait été tué au combat dans la ville de Charqat, dans le nord de l’Irak, sans toutefois préciser la date de son décès.

Par le passé, « Omar le Tchétchène » a été donné pour mort sur les réseaux sociaux ou dans les médias, avant de réapparaître.

En mars, un responsable du Pentagone avait annoncé sa mort « probable » dans un bombardement américain dans le nord-est de la Syrie, dont des pans entiers sont sous contrôle de l’EI.

Preuve de l’envergure du djihadiste: Washington présentait ce « chef de guerre expérimenté » comme l’équivalent du ministre de la Défense au sein de l’organisation djihadiste et avait mis sa tête à prix pour cinq millions de dollars.

De son vrai nom Tarkhan Taïmourazovitch Batirachvili, « Omar le Tchétchène » était né en 1986 d’un père chrétien et d’une mère musulmane dans la vallée de Pankissi en Géorgie, peuplée principalement de Tchétchènes.

Après avoir combattu contre les Russes dans l’armée géorgienne en 2008, il quitte l’armée et fait 16 mois de prison pour possession d’armes. Il rejoint ensuite la Syrie et un groupe combattant le régime de Bachar al-Assad.

Il devient en 2012 le chef militaire d’un bataillon de combattants étrangers, affirme Aymenn Jawad al-Tamimi, chercheur au Middle East Forum, un centre de réflexion américain.

En mai 2013, alors que l’EI s’établit, il fait allégeance à son dirigeant Abou Bakr al-Bagdadi et est nommé commandant militaire du groupe pour le nord de la Syrie, précise M. Tamimi.

‘Loyauté’

Même si son rang exact reste flou, Richard Barrett, du Soufan Group, une société d’analyse du renseignement, le considérait comme « le plus haut commandant militaire » de l’EI.

Omar le Tchétchène possédait la « loyauté des combattants tchétchènes, considérés par l’EI comme des troupes d’élites », souligne M. Barrett.

Il ne faisait cependant pas partie de la direction politique du groupe jihadiste, une structure encore plus obscure que sa branche militaire.

Une biographie du jihadiste écrite par un sympathisant de l’EI et publiée en ligne le décrit comme « l’un des meilleurs stratèges » qui n’a « jamais perdu aucune de ses batailles ».

Signe de la popularité du « Tchétchène » auprès des militants jihadistes, son biographe va jusqu’à le présenter comme « le nouveau Khalid Ibn al-Walid », en référence à celui qui a joué un rôle crucial en diffusant l’islam en Syrie et en Irak après la mort du prophète Mahomet.

D’autres experts minimisent cependant son importance.

Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), l’annonce de sa mort n’aura « pas d’impact concret sur les champs de bataille ».

« L’EI choisit quelles figures rendre visibles pour les médias et garde dans l’ombre ses véritables dirigeants », estimait-il lors d’une interview accordée à l’AFP en mars.

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