Politique de défense et égalité des sexes: l’intégration des perspectives sexospécifiques

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La  ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu, parle égalité des sexes à une table ronde à Ottawa le 19 juillet 2016 dans le cadre des consultations visant à éclairer l'examen de la politique de défense. À sa gauche, le major-général Tammy Harris, une pionnière au sein des FAC qui fut, notamment, la première femme à commander une base canadienne majeure, la BFC Borden. (Facebook)
La ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu, parle égalité des sexes à une table ronde à Ottawa le 19 juillet 2016 dans le cadre des consultations visant à éclairer l’examen de la politique de défense. À sa gauche, le major-général Tammy Harris, une pionnière au sein des FAC qui fut, notamment, la première femme à commander une base canadienne majeure, la BFC Borden. (Facebook)

L’intégration des des perspectives sexospécifiques a été au centre de la discussion informative sur l’égalité entre les sexes dans le cadre des consultations visant à éclairer l’examen de la politique de Défense qu’a tenue aujourd’hui à Ottawa, Patty Hajdu, ministre de la Condition féminine.

Les participants ont rencontré des universitaires et des experts en la matière de divers organismes non gouvernementaux, y compris l’Institut pour une sécurité inclusive et la Campagne du ruban blanc.

« La rencontre d’aujourd’hui constitue une étape importante pour veiller à ce que le Canada demeure un chef de file mondial dans la promotion de l’égalité entre les sexes. Je suis heureuse que les Forces armées canadiennes fassent preuve de leadership en intégrant des considérations liées à l’égalité des sexes dans ses processus et dans l’élaboration de ses politiques. J’accueille l’occasion de prendre part à ce dialogue et de jouer un rôle dans la culture changeante de cette importante institution canadienne. », a déclaré la présidente de la table ronde d’aujourd’hui à Ottawa, la ministre Hajdu.

« L’égalité entre les sexes représente une priorité pour le gouvernement du Canada et les Forces armées canadiennes. En incorporant divers points de vue à nos discussions sur les enjeux touchant la défense, nous nous assurons que la nouvelle politique de défense du Canada est plus inclusive, et représente mieux les Canadiens, ainsi que les femmes et les hommes qui servent. », a déclaré pour sa part le ministre de la défense Harjit Sajjan

La discussion d’aujourd’hui a portée sur cinq points principaux, indique la Défense nationale:

  • la meilleure façon d’évaluer les répercussions liées à l’équité entre les sexes dans l’élaboration de la nouvelle politique de défense du Canada;
  • les méthodes pour faire appliquer l’Analyse comparative entre les sexes + dans la planification de nouvelles opérations;
  • comment faire en sorte qu’une carrière au sein des Forces armées canadiennes fait appel à tous, peu importe le sexe;
  • comment faire appliquer les meilleures pratiques pour s’assurer que le Canada demeure un chef de file dans la promotion des droits de la personne, surtout dans des milieux où les normes culturelles sont très différentes des nôtres;
  • les meilleurs moyens de promouvoir la stratégie de tenir compte du sexe et d’autres facteurs (comme l’âge et le niveau d’étude) pendant la conception, la mise en place, la surveillance et l’évaluation des politiques, des programmes et des opérations militaires.

Les participants ont présenté de brèves soumissions avant la rencontre, qui ont été utilisés avec le document de consultation public pour orienter la discussion.

Le processus de consultation publique accueillera des commentaires jusqu’au 31 juillet 2016 au moyen du site Web de consultations de la défense.

L’Analyse comparative entre les sexes doit être combinée à un véritable engagement

Les participants ont discuté à cette table ronde de l’Analyse comparative entre les sexes.

L’Analyse comparative entre les sexes + (ACS +) est un outil analytique utilisé par le gouvernement fédéral pour faire avancer l’égalité entre les sexes au Canada. Il évalue l’impact possible des politiques, des programmes et des initiatives sur divers groupe, et tient compte du sexe et d’autres facteurs d’identité (comme l’âge, le niveau d’études, la langue, la géographie, la culture et le revenu).

Au mois de janvier 2016, le chef d’état-major de la Défense a émis une directive qui forme la base pour l’intégration de l’ACS+ à l’échelle des FAC. Afin d’orienter et d’aider les FAC dans la mise en place de l’ACS+, des conseillers en matière d’égalité entre les sexes ont été nommés, formés et occupent maintenant des postes à des niveaux stratégiques et opérationnels, y compris au bureau du chef d’état-major de la Défense.

Susan Johnson, de la Croix-Rouge, qui avait présenté un mémoire à la table ronde de Montréal le 27 juin dernier, présidée par le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, John McKay, a elle aussi insisté sur l’utilisation de l’ACS : »Une analyse comparative entre les sexes explicite, préférablement à l’aide de l’ACS + (puisqueles FAC l’utilisent déjà), est essentielle dans le cadre de l’analyse contextuelle globale des environnements complexes ».

Susan Johnson prévient cependant que l’ACS+ doit être combinée à un engagement d’assumer la responsabilité de sa mise en place ainsi que de son financement afin de passer d’analyse à mesure.

Les Forces armées canadiennes devraient toujours en outre, « dans le cadre de leur instruction et de leurs opérations reconnaître la violence sexuelle liée à un conflit ainsi que la violence sexuelle et sexospécifique pendant un catastrophe et être prêtes à intervenir », fait-elle valoir.

Judi Fairholm, de la Croix-Rouge canadienne, a notamment insisté en ce qui a trait réponses et programmes externes sur l’application et mise en place de normes minimales en matière de genre et de diversité, sur l’utilisation de l’analyse comparative entre les sexes intégrée aux évaluations des besoins (l’ACS) aux évaluations de secteur et aux analyses de situation, sur la compréhension des causes fondamentales et réactions appropriées, sur la gestion des risques et l’intervention en cas de catastrophe.

La directrice de la Croix-Rouge a souligné que des recherches indiquent que les catastrophes suivies d’interventions qui font abstraction du genre peuvent renforcer, perpétuer et augmenter les inégalités entre les sexes existantes, dégradant alors la situation pour les femmes et les autres groupes vulnérables.

L’intégration des perspectives sexospécifiques, un incontournable

Est intervenue aussi à cette table ronde Kristine St-Pierre, spécialiste du rôle des hommes et des femmes dans les opérations de maintien de la paix et membre du comité directeur du Réseau Les femmes, la paix et la sécurité – Canada.

Kristine St-Pierre a pour sa part souligner l’importance d’accorder une grande importance à l’égalité des sexes parce que celle-ci. « renforcera la culture organisationnelle militaire en faisant en sorte que l’organisation est responsabilisée, représentative, non discriminatoire et respecte les droits humains de tous et de toutes, et parce qu’elle aura une incidence directe sur l’efficacité des opérations militaires.

Pour elle, comme pour les autres intervenantes à cette table ronde, Susan Johnson et Judi Fairholm, « L’intégration des perspectives sexospécifiques est une stratégie essentielle pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes. Il s’agit du « processus qui consiste à évaluer les incidences pour les femmes et pour les hommes de toute action envisagée, notamment dans la législation, les politiques ou les programmes dans tous les secteurs et à tous les niveaux ».

Pour Nancy Taber, capitaine à la retraite qui a danns sa carrière été affectée comme coordonnatrice tactique avec le 423e Escadron d’hélicoptères Sea King à bord des navires NCSM Iroquois, Athabascan et Toronto, a travaillé aux Opérations à la 12e Escadre Shearwater, elle était également coordonnatrice de l’instruction en matière de relations em milieu de travail et qui est maintenant professeure à l’Université Brock, tout passe aussi par l’intégration des perspectives sexospécifiques.

L’ex-militaire devenu universitaire recommande clairement de surcroît de mettre l’intégration des femmes et l’analyse sexospécifique au centre de l’instruction de façon à faire des rapports entre les sexes un sujet aussi important que les autres.

Rejoignant les intervenantes féminines à cette table ronde, le seul homme à cette rencontre, Todd Minerson, directeur général de la Campagne du ruban blanc, qui à « mettre un terme à la violence à l’égard des femmes et des filles et faisant la promotion de l’équité entre les sexes, des relations saines et de la nouvelle vision de la masculinité », a lui aussi souligné qu' »une culture axée sur la sécurité et l’inclusion est importante pour le recrutement et le maintien en poste de tous les sexes au sein des FAC, surtout si elles atteignent leur objectif visant un effectif qui compte 25 % de femmes ».

Pour le directeur de la Campagne du ruban blanc, il est clair « les programmes de promotion de l’égalité entre les sexes et de prévention de la violence ne peuvent pas être offerts en autonomie; ils doivent être intégrés à toutes les opérations et à tous les programmes ».

L’examen de la politique de défense

Depuis le 15 juillet 2016, le ministère de la Défense nationale (MDN) a reçu plus de 13 300 soumissions dans le cahier de consultation virtuel de l’Examen de la politique de défense, et plus de 4 700 participants ont présenté des commentaires et ont voté par l’entremise du forum de discussion en ligne, indique le ministère de la Défense dans con communiqué sur la table ronde qui s,est tenue aujourd’hui à Ottawa.

En comptant la rencontre d’aujourd’hui, le MDN a organisé huit tables rondes avec des intervenants clés dans le cadre de l’Examen de la politique de défense.

Les tables rondes qui ont déjà eu lieu étaient à Vancouver, Toronto, Yellowknife et Ottawa avec le ministre de la Défense Harjitt S. Sajjan, à Edmonton avec le ministre des Anciens Combattants et ministre associé de la Défense nationale Kent Hehr, et à Montréal et Halifax avec le Secrétaire parlementaire du ministre de la Défense John McKay.

Un guide est aussi accessible en ligne pour les collectivités qui souhaitent mener leurs propres consultations avec des citoyens intéressés. Ces événements joueront un rôle important pour accroître le travail réalisé par le MDN et les FAC, et aideront à s’assurer que le processus d’examen est crédible, fondé sur des données probantes et éclairé par le point de vue de la population canadienne.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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