Reprise du dialogue Otan-Russie après le sommet de Varsovie

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Le sommet de l'OTAN 2016 se déroulera les 8 et 9 juillet à Varsovie, en Pologne. (OTAN)
Le sommet de l’OTAN 2016 sMest déroulé les 8 et 9 juillet à Varsovie, en Pologne. (Photo d’illustration/Archives/OTAN)

L’Otan et la Russie vont renouer mercredi leur dialogue diplomatique pour la première fois depuis le sommet de Varsovie où l’Alliance a décidé de déployer jusqu’à 4.000 soldats à l’Est pour y renforcer sa sécurité.

Les ambassadeurs des 28 pays de l’Alliance de l’Atlantique nord et leur homologue russe Alexandre Grouchko se retrouvent dans l’après-midi au siège de l’Otan à Bruxelles pour une réunion du « Conseil Otan-Russie », une instance de dialogue plongée dans un profond sommeil depuis l’éclatement de la crise ukrainienne en juin 2014.

« Les Alliés et la Russie discuteront de trois sujets: la crise en Ukraine, la transparence militaire et la situation sécuritaire en Afghanistan », a expliqué une porte-parole de l’Otan, Carmen Romero.

Et « dans un esprit de transparence, nous informerons la Russie des décisions importantes que nous avons prises à Varsovie la semaine dernière pour renforcer notre sécurité », a précisé la porte-parole.

Lors de leur sommet le week-end dernier à Varsovie, les dirigeants de l’Alliance ont redit leur « unité » face à la Russie. Ils ont entériné une nouvelle montée en puissance militaire à l’Est, en donnant leur feu vert au déploiement de quatre bataillons multinationaux dans les trois pays baltes et en Pologne à partir de 2017.

Encadrés par les États-Unis, le Canada, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ces bataillons devraient compter entre 600 et 1.000 hommes chacun. Leur déploiement près de la frontière russe a suscité le courroux du président Vladimir Poutine, qui a accusé fin juin l’Otan de vouloir entraîner son pays dans une course aux armements « frénétique » et de rompre « l’équilibre militaire » en vigueur en Europe depuis la chute de l’URSS.

‘Relation plus constructive’

« L’Otan ne constitue pas une menace pour la Russie. Nous ne cherchons pas la confrontation. Nous continuer d’aspirer à une relation plus constructive avec la Russie, lorsque les actions de la Russie le rendent possible », a assuré Mme Romero.

Pour protester contre l’annexion de la Crimée par la Russie et l’offensive des séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine au printemps 2014, l’Otan a suspendu toute coopération pratique avec Moscou, qu’elle accuse de soutenir militairement les rebelles.

Cette crise, qui a fait naître chez les anciens pays du bloc soviétique ayant rejoint l’Otan des inquiétudes pour leur propre intégrité territoriale, a poussé les 28 pays de l’Alliance à un renforcement militaire sans précédent depuis la fin de la Guerre froide.

Depuis, la force de réaction de l’Otan (NRF) a plus que doublé – à 40.000 hommes – et une force « fer de lance » de 5.000 soldats, dont certaines composantes sont déployables en 48 heures, a été mise sur pied.

L’Alliance a aussi envoyé des avions de chasse supplémentaires pour aider les pays baltes à protéger leurs espaces aériens, et accru leurs exercices.

Parallèlement, les incidents militaires se sont multipliés et les autorités militaires russes et alliées n’ont eu aucun échange direct depuis mai 2014.

En novembre 2015, l’armée turque avait abattu un avion russe qui avait pénétré sur son territoire depuis la Syrie, ouvrant une grave crise diplomatique entre Ankara et Moscou, aujourd’hui en voie d’apaisement. Et en avril, des appareils russes avaient survolé de près et « dangereusement », selon Washington, un navire et un avion de reconnaissance de l’armée américaine en mer Baltique.

Sur l’insistance de pays comme l’Allemagne ou la France, désireux d’afficher une attitude plus constructive, un Conseil Otan-Russie s’était à nouveau réuni fin avril. Mais, à l’issue de cette première rencontre en plus de 20 mois, chacun avait campé sur ses positions sur le conflit ukrainien.

Si le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, avait alors salué des « discussions franches », il avait reconnu que l’exercice ne réglait pas les « désaccords profonds » entre l’Otan et Moscou.

Mercredi, M. Stoltenberg, puis M. Grouchko, s’adresseront à la presse à l’issue de la réunion, vers 17H00 (15H00 GMT).

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