Sept nouvelles initiatives canadiennes en matière de sécurité et de sûreté en Asie du Sud-Est

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Le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion  à la Conférence postministérielle de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et du Canada, à Vientiane, au laos, le 25 juillet 2016. (Twitter/@MinCanadaAE)
Le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion à la Conférence postministérielle de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et du Canada, à Vientiane, au laos, le 25 juillet 2016. (Twitter/@MinCanadaAE)

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a annoncé aujourd’hui sept nouvelles initiatives en matière de sécurité et de sûreté, totalisant plus de 17 millions de dollars à la Conférence postministérielle de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et du Canada, à Vientiane, en République démocratique populaire lao.

Ces sept projets soutiennent diverses initiatives lancées pour renforcer les mesures de lutte contre le terrorisme dans la région de l’ANASE, pour prévenir, empêcher et combattre le trafic des personnes, pour renforcer la sécurité biologique et nucléaire, ainsi que pour accroître la résilience lors de catastrophes humanitaires.

« Le Canada s’est engagé à renforcer ses relations avec l’ANASE et à jouer un rôle plus actif en Asie du Sud-Est. Avec ces initiatives, le Canada prend des mesures concrètes pour pousser encore plus loin son partenariat avec la région et pour promouvoir le développement durable en Asie du Sud-Est. », a expliqué le chef de la diplomatie canadienne.

Cet investissement aidera les membres de l’ANASE à se doter d’une capacité accrue pour lutter contre le terrorisme, réduire les conséquences dévastatrices du trafic d’êtres humains et les menaces engendrées par la prolifération d’armes nucléaires et d’agents biologiques pathogènes naturels ou artificiels, explique le Canada.

Le Canada a annoncé une contribution de plus de 17 millions de dollars en fonds nouveaux pour ses programmes de renforcement des capacités en matière de sécurité.

Forum de dialogue régional des responsables de la défense de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et Groupe de soutien intersession de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est

En 2017, le Canada accueillera et coprésidera le Forum régional de l’ANASE (ARF) pour les responsables de la défense de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et la réunion du groupe de soutien intersession de l’ANASE sur les mesures de renforcement de la confiance et la diplomatie préventive. Ces rencontres favorisent la collaboration en matière de sécurité et de défense en Asie et réunissent les représentants des 27 États membres de l’ARF pour discuter de questions internationales urgentes en matière de sécurité.

Programme de renforcement des capacités antiterroristes

Douze millions de dollars au cours des trois prochaines années, dont 500 000 dollars pour un programme bilatéral direct avec la République démocratique populaire lao.

Ce nouvel investissement en appui au renforcement des capacités des États membres de l’ANASE améliorera leurs capacités à lutter contre le terrorisme, grâce, entres autres, à des formations additionnelles offertes aux responsables de l’application des lois et au renforcement de la sécurité des frontières.

Aide au renforcement des capacités

Jusqu’à 3 millions de dollars en deux ans.

Cette initiative de renforcement des capacités relève du Programme visant à renforcer les capacités de lutte contre la criminalité (PRCLC) du gouvernement du Canada. Le projet soutiendra des initiatives pour prévenir, décourager et combattre le trafic de personnes grâce à des projets de formation des enquêteurs et de soutien accru en matière d’expertise judiciaire. des documents en l’Asie du Sud-Est.

Renforcement de la sécurité biologique

1,75 million de dollars en deux ans du Programme de partenariat mondial du Canada.
Un mécanisme adapté de surveillance des maladies sera conçu par le mouvement canadien Bleu Terre, en appui à l’annonce faite par le premier ministre Justin Trudeau en mars 2016 d’une contribution de 20 millions de dollars au Programme de sécurité sanitaire mondiale.

Sûreté et sécurité nucléaires

500 000 dollars en deux ans du Programme de partenariat mondial du Canada.
Cet accord de contribution entre le Programme de partenariat mondial et le Centre pour l’énergie de l’ANASE vise à lutter contre la dissémination d’armes et de matériaux de destruction massive. Ce projet permettra au Centre d’embaucher un expert en sécurité nucléaire pour soutenir pendant deux ans les spécialistes en sécurité nucléaire et radiologique en ce qui a trait à l’usage civil de l’énergie nucléaire.

Deuxième projet de développement des villes du corridor de la sous-région du Mékong

385 000 dollars américains en quatre ans.
Ce projet fournit une aide technique au Cambodge, à la République démocratique populaire lao et au Vietnam pour faciliter l’institutionnalisation de la gestion des risques de catastrophes dans les mécanismes de planification des villes et des municipalités secondaires. Il vise à influencer la conception d’un projet d’investissement plus vaste sur les infrastructures urbaines, initiative d’une valeur de 180 millions de dollars américains.

Renforcement de la résilience des communautés des pays membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est par la réduction des risques de catastrophe et l’adaptation aux changements climatiques

225 000 dollars américains en quatre ans pour un projet mis en œuvre par notre partenaire Oxfam International.

Ce projet offrira un appui au secrétariat de l’ANASE afin d’augmenter le nombre de programmes susceptibles d’être reproduits, ainsi que le nombre de modèles de renforcement de la résilience des communautés dans l’ensemble de la région. Ce projet s’harmonise avec le plan d’action de l’Accord de l’ANASE sur la gestion des catastrophes et les interventions d’urgence pour 2016-2020.

Prises globalement, souligne le ministère canadien des Affaires étrangères, « ces initiatives démontrent un engagement ferme du Canada envers l’Asie du Sud-Est. Elles constituent en outre des exemples concrets de l’importance stratégique de nos relations de longue date avec l’ANASE, qui sont en pleine croissante. ».

Mer de Chine: Pékin remporte une victoire sur l’Asie du Sud-Est

Par ailleurs, Pékin a remporté lundi une victoire diplomatique concernant le conflit en mer de Chine méridionale, l’Asie du Sud-Est, soutenue en principe par le secrétaire d’Etat américain John Kerry, ayant été incapable de s’opposer frontalement aux ambitions territoriales de la deuxième puissance mondiale.

Cela fait des années que les contentieux sur des îles en mer de Chine méridionale polluent les réunions de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est élargies aux grandes puissances : Etats-Unis, Chine, Russie, Japon, Corée du Sud, Inde, Australie…

John Kerry, qui milite depuis des années pour que les dix pays de l’Asean (Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam) adoptent une position commune face à la Chine, a débarqué lundi à la mi-journée à Vientiane.

Mais il était presque trop tard : les dix membres de l’Asean avaient déjà adopté un communiqué commun a minima ménageant Pékin sur les querelles en mer de Chine méridionale.

Cette édition laotienne des réunions de l’Asean, jusqu’à mardi, est la première d’importance pour les acteurs régionaux depuis que la Cour permanente d’arbitrage (CPA) de la Haye a invalidé le 12 juillet les revendications territoriales de Pékin sur la quasi-totalité de cette zone maritime stratégique.

Il s’agit d’un carrefour crucial pour le commerce mondial, la région est de surcroît réputée riche en hydrocarbures. Après la décision de la CPA, la Chine, furieuse, avait promis qu’elle « n’arrêterait jamais » de construire des infrastructures – certaines militaires – sur les îlots disputés.

Mastodonte chinois

Face au mastodonte chinois, l’Asean a été incapable de surmonter ses divergences et son communiqué édulcoré ne fait ni référence à Pékin, ni à la CPA.

Les pays membres se contentent de répéter qu’ils sont « gravement préoccupés » par les « revendications territoriales et la multiplication des activités » dans la région et appellent à la « retenue » dans les voies navigables stratégiques.

John Kerry a été tout aussi prudent.

Lui qui dénonçait régulièrement les « provocations » de Pékin et la « militarisation » d’ilots disputés n’a pas visé explicitement la Chine devant ses hôtes de l’Asean. Il a simplement plaidé pour « un système international fondé sur des règles protégeant les droits de tous les pays, qu’ils soient grands ou petits ».

Face à son homologue chinois Wang Yi, le ministre américain s’est même félicité que la Chine et les Etats-Unis jouissent de « la relation bilatérale la plus importante dans le monde » et qu’ils « réussissent à gérer leurs différences ».

Il faut dire que l’Asean, dont la culture diplomatique est fondée depuis 1967 sur le consensus, est en revanche divisée à propos de la mer de Chine méridionale. Quatre de ses membres (Vietnam, Philippines, Malaisie et Brunei) ont des prétentions concurrentes à celle de la Chine, laquelle est une alliée du Cambodge, du Laos, voire de la Thaïlande.

Diplomates et experts ont accusé Phnom Penh, proche de Pékin, d’avoir sapé les efforts vers une déclaration conjointe qui aurait poussé Pékin à respecter la décision de la CPA.

« Nous devions sortir une déclaration. (…) Nous ne voulions pas que le monde dise que l’Asean est sens dessus dessous », a justifié auprès de l’AFP un diplomate. En 2012 en effet, les réunions de l’Asean présidées par le Cambodge s’étaient achevées sans communiqué commun en raison de désaccords sur la mer de Chine.

Le groupe régional s’est aussi penché sur les graves tensions de la Péninsule coréenne.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord, Ri Yong-Ho, était à Vientiane où il a rencontré le Chinois Wang Yi, dont le pays est l’allié de Pyongyang.

Aucune rencontre en revanche n’est prévue entre John Kerry et ce diplomate nord-coréen chevronné qui suit depuis 20 ans les dossiers des relations conflictuelles avec les Etats-Unis. Mais il n’est pas dit que les deux ministres ne se croisent pas dans un couloir.

En recevant son homologue sud-coréen Yun Byung-Se, John Kerry a d’ailleurs encore dénoncé l' »irresponsabilité » de la Corée du Nord pour ses programmes militaires nucléaire et de missiles balistiques sous sanctions internationales.

Le ministre de Séoul s’est targué d’une « alliance plus forte que jamais » avec Washington.

*Avec AFP

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