Syrie: l’EI ignore l’ultimatum des forces arabo-kurdes à Minbej

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Des combattants de l'alliance kurdo-arabe avancent vers le sud de la ville syrienne de Minbej, un fief du groupe État islamique (EI), le 23 juin 2016. (AFP/DELIL SOULEIMAN)
Des combattants de l’alliance kurdo-arabe avancent vers le sud de la ville syrienne de Minbej, un fief du groupe État islamique (EI), le 23 juin 2016. (AFP/DELIL SOULEIMAN)

Le groupe État islamique (EI) a ignoré samedi la fin de l’ultimatum que lui avaient lancé deux jours plus tôt des forces arabo-kurdes pour que ses combattants évacuent la ville syrienne de Minbej (nord) où il sont assiégés.

« La période de 48 heures est terminée » et les djihadistes « n’ont pas répondu » à cette offre de repli, a indiqué à l’AFP un commandant du Conseil militaire de Minbej sous le couvert de l’anonymat.

Les combattants de l’EI ont au contraire attaqué les positions des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance militaire arabo-kurde syrienne soutenue par Washington, a affirmé ce responsable.

Il a précisé que l’EI « n’aura plus d’occasions comme celle-là » de fuir cette cité, point de passage important sur l’axe qui permet au groupe djihadiste d’acheminer de l’approvisionnement depuis la Turquie vers les régions qu’il contrôle en Syrie.

Un commandant des FDS à l’intérieur de Minbej a confirmé à l’AFP que des combats étaient en cours samedi, principalement « près des bâtiments de la Sécurité dans le centre ».

Des bombardements aériens de la coalition internationale dirigée par les États-Unis ont également visé des positions de l’EI, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La coalition a elle affirmé avoir procédé vendredi à neuf frappes près de Minbej.

« L’EI résiste farouchement aux tentatives des FDS de progresser à l’intérieur de la ville et pousse des enfants vers la ligne de front malgré la fin de l’ultimatum », a précisé le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Le commandant du Conseil militaire de Minbej, composante des FDS, a assuré que ses forces allaient « intensifier » leurs attaques contre l’EI et cherchaient à établir « des passages sécurisés » pour que des civils sortent de Minbej.

‘Boucliers humains’

Les forces arabo-kurdes avaient affirmé jeudi avoir lancé leur ultimatum de 48H dans le but de préserver la vie des civils encore présents.

Cette annonce était intervenue deux jours après des raids de la coalition internationale ayant tué une cinquantaine de civils près de Minbej selon un bilan de l’OSDH.

Indignée, l’opposition syrienne avait appelé la coalition à suspendre ses frappes en Syrie le temps de mener une enquête alors que des militants syriens et des ONG avaient fait part de leur colère.

Le porte-parole de la coalition internationale, le colonel Chris Garver, a affirmé vendredi que l’EI « utilisait des civils comme boucliers humains et comme appâts » à Minbej pour « attirer sur eux le feu » des forces arabo-kurdes.

Par vidéo-conférence depuis Bagdad, il a expliqué que la coalition avait reçu, après les frappes de mardi, « des informations (…) selon lesquelles il y aurait pu y avoir des civils mêlés avec les combattants de l’EI ».

La première phase de l’enquête de la coalition s’achèvera « d’ici une semaine et demi », a-t-il dit.

M. Garver a aussi indiqué que la résistance des jihadistes était plus intense à Minbej que lors des récentes campagnes dans les villes irakiennes de Ramadi et Fallouja, reprises par les forces progouvernementales avec l’appui de la coalition.

La résistance jihadiste va croissante à mesure que les FDS se rapprochent du coeur de la ville, « ce qui est assez différent de que ce que nous avions vu à Ramadi et Fallouja », a dit le colonel Garver. « C’est une lutte comme nous n’avions pas vue auparavant », selon lui.

Ailleurs en Syrie, où le conflit a tué plus de 280.000 personnes depuis cinq ans, au moins huit civils sont morts samedi dans des frappes aériennes sur la ville de Jisr al-Choughour (nord-ouest), selon l’OSDH.

L’Observatoire a également fait part de la mort de six autres civils de la même famille, dont quatre enfants, dans un raid sur un petit village de la province centrale de Hama.

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