Syrie: les rebelles d’Alep échouent à rouvrir une route d’approvisionnement

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Tirs le 9 juillet 2016 sur Alep en Syrie. (AFP/FADI AL-HALABI)
Tirs le 9 juillet 2016 sur Alep en Syrie. (AFP/FADI AL-HALABI)

Les forces rebelles syriennes ont échoué dimanche à rouvrir la dernière route d’approvisionnement vers leurs quartiers dans la ville d’Alep (nord) au cours de violents combats dans lesquels ils ont perdu une trentaine de combattants.

Quelque 200.000 personnes vivent dans les quartiers est de la deuxième ville de Syrie tenus par les rebelles depuis 2012 et que les troupes du régime de Bachar al-Assad cherchent à totalement assiéger et reprendre.

Les insurgés ont lancé samedi soir une contre-attaque pour rouvrir la route dite du Castello, située au nord de la ville d’Alep et que les forces du régime étaient parvenues à couper de facto jeudi, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Cette route est cruciale puisqu’elle représente la dernière voie d’approvisionnement vers les quartiers contrôlés par l’opposition.

Au moins 29 combattants du groupe rebelle islamiste Faylaq al-Cham et de son allié le Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) ont été tués dans les combats ou par des mines. Les affrontements ont aussi fait des victimes dans les rangs des forces du régime, mais aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat, a ajouté l’OSDH.

« L’attaque a pris fin et la route reste complètement fermée », a déclaré le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Craintes de pénuries

La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)
La route du Castello, à Alep, qui sépare les quartiers rebelles (G) de la zone gouvernementale. (AFP/STR)
Ces combats interviennent malgré une trêve entrée en vigueur mercredi et prolongée de 72 heures par le régime du président Bachar al-Assad.

Samedi, les forces prorégime se trouvaient à moins de 500 mètres de la route du Castello. Depuis jeudi, elles peuvent surveiller et tirer sur toute personne ou tout véhicule empruntant cet axe utilisé par les civils et les rebelles, qui se retrouvent bloqués.

Des factions de l’opposition dissuadaient les civils d’utiliser cette route, a constaté un journaliste de l’AFP dans la partie est de la ville. Il a également rapporté des bombardements sur cette zone dimanche matin. Vendredi, un homme et deux enfants ont péri dans des bombardements du régime sur cette route alors qu’ils tentaient de fuir la ville.

Les forces du président Bachar al-Assad tentent depuis deux ans de couper la route du Castello pour isoler les combattants rebelles dans la ville, un des enjeux majeurs du conflit.

Samedi, les habitants des secteurs rebelles d’Alep vivaient dans la crainte de pénuries, les produits de première nécessité devenant de plus en plus rares.

Du côté gouvernemental, dans l’ouest de la ville, on exprimait sa peur de représailles des rebelles, notamment après une journée particulièrement meurtrière vendredi où plus de 40 personnes ont péri dans des tirs des insurgés.

Des habitants ont affirmé à l’AFP ne pas circuler dans beaucoup de quartiers pour éviter les roquettes et les tireurs embusqués. « Nous ne sortons pas de chez nous, même rester chez soi est devenu dangereux », affirme Abdel Wahhab Qabbani, un employé de 25 ans.

Plainte contre Damas

Par ailleurs, la famille de la journaliste américaine Marie Colvin a porté plainte samedi aux Etats-Unis contre le régime syrien de M. Assad, l’accusant d’avoir tué « délibérément et avec préméditation » la reporter dans un bombardement à Homs en 2012.

L’armée syrienne a intercepté les communications de la journaliste du Sunday Times avant d’envoyer un déluge de bombes sur le lieu où elle se trouvait, un appartement transformé en centre de presse dans le quartier rebelle de Bab Amr, selon le plainte déposée devant un tribunal à Washington.

Le photographe français Rémi Ochlik avait également péri dans ce pilonnage survenu le 22 février 2012.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations proréformes, le conflit s’est complexifié avec l’implication de multiples acteurs syriens et étrangers et a favorisé la montée en puissance des jihadistes. Plus de 280.000 personnes y ont péri et des millions ont été poussées à la fuite.

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