Trudeau s’est envolé pour son premier sommet de l’OTAN

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Trudeau s'est envolé pour son premier sommet de l'OTAN: décollage jeudi 7 juillet vers la Pologne, l'Ukraine et le Sommet de l’OTAN . (Compte Twitter/@JustinTrudeau)
Trudeau s’est envolé pour son premier sommet de l’OTAN: décollage jeudi 7 juillet vers la Pologne, l’Ukraine et le Sommet de l’OTAN . (Compte Twitter/@JustinTrudeau)

Le premier ministre Justin Trudeau s’est envolé cet après-midi à 15h pour la Pologne afin de participer pour la première fois depuis son élection au sommet des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) qui débutera le lendemain à Varsovie où doivent être annoncés les derniers détails du renforcement de l’Alliance et où sera discutée, encore, la sempiternelle question de l’augmentation des budgets de la défense.

Attendu à l’aéroport Chopin de Varsovie demain à 5h15 (heure de Pologne,) le chef du gouvernement canadien sera accueilli à 14h45 à ce sommet, qui se déroulera les 8 et 9 juillet, par le président polonais Andrzej Duda et par le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, qui a remercié le Canada plus tôt cette semaine pour avoir annoncé qu’il contribuerait à l’envoi de militaires de l’OTAN en Europe de l’Est aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Allemagne.

Il participera à compter de 3h30 à la première session de ce 27e sommet de l’Alliance depuis sa création en 1949, puis, en soirée,aura une rencontre bilatérale avec le président afghan, Ashraf Ghani.

En tant que l’une des quatre nations-cadre avec l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni, le Canada a déjà annoncé qu’il mettra sur pied et dirigera un groupement tactique multinational rotationnel de l’OTAN qui contribuera à renforcer la présence avancée de l’OTAN en Europe de l’Est et en Europe centrale.

Les détails concernant la contribution des Forces armées canadiennes seront précisés lors de ce sommet, mais, alors que L’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni commanderont les trois autres bataillons, respectivement en Lituanie, en Pologne et en Estonie, on s’attend à ce que le premier ministre Trudeau annonce que les soldats canadiens seront déployés en Lettonie.

Le déploiement de force de l’OTAN dans cette région vise à rassurer les pays d’Europe de l’Est face aux menaces « belliqueuse »s de la Russie et il s’agira là de la plus importante participation militaire canadienne en Europe depuis la guerre froide.

Les chefs d’État et de gouvernement devraient aussi décider de prolonger la mission de formation de l’OTAN en Irak et d’élargir le rôle de l’Alliance en Méditerranée centrale. Ils approuveront également le déploiement d’avions de surveillance AWACS de l’OTAN à l’appui de la coalition internationale contre l’EI. L’OTAN maintiendra également son soutien militaire et financier pour l’Afghanistan et renforcera la coopération politique et pratique avec l’Ukraine, la Géorgie et la République de Moldova.

Selon les chiffres communiqués par l’OTAN, cinquante-huit délégations officielles y participeront. Cela comprend les 28 pays membres de l’OTAN, le Monténégro, dont l’adhésion à l’Alliance est en cours de ratification, 26 pays partenaires, ainsi que des représentants de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union européenne, de la Banque mondiale et de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Environ 2 500 délégués officiels et 2 000 représentants des médias assisteront au sommet.

La question des budgets

Mais, alors que le premier ministre Trudeau se joindra à d’autres chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN pour le Sommet de Varsovie, il ne pourra éviter la question des budgets alloués à la défense qui sera certainement à l’ordre du jour de la rencontre.

L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a noté cette semaine que le budget du ministère canadien de la Défense nationale avait atteint des creux historiques l’an dernier, à 0,98 % du produit intérieur brut (PIB). Il s’agit de son plus bas niveau depuis des décennies, alors que les pays membres de l’OTAN s’étaient entendus en 2014 pour consacrer à la défense 2,0 % de leur PIB.

L’OTAN estime que ce budget atteindra cette année 0,99 % du PIB canadien, mais cette légère hausse placera tout de même le pays au 23e rang des 28 membres de l’alliance.

Les dépenses de défense des pays de l’OTAN 2009-2016 >>

Dans son discours au Parlement canadien, mercredi dernier, le président américain, Barack Obama, avait fait remarquer que l’OTAN avait «besoin de plus de Canada», et qu’Ottawa devait contribuer davantage à la sécurité commune des membres de l’Alliance atlantique.

Le premier ministre canadien a quant à lui rappelé la décision de son gouvernement de faire jouer au Canada un rôle de leader en Europe dans le cadre de la confrontation entre l’OTAN et la Russie et défendu les budgets modestes consacrés à la défense nationale, arguant que le pays accroît autrement son rôle international.

Le prédécesseur de Justin Trudeau, l’ex premier ministre conservateur Stephen Harper, avait toujours tenu lui aussi à garder sa liberté « budgétaire », allant même jusqu’à fuir les engagements permanents pour privilégier les actions ponctuelles, décidées au cas par cas.

Alors que l’Alliance atlantique est à compléter son renforcement face à la Russie, décidé après le début de la crise ukrainienne, sans précédent depuis la chute de l’Union soviétique, l’heure semble maintenant être aux engagements, et, dans ce contexte, le militaire canadien, réputé pour sa compétence et son professionnalisme, reste un atout majeur.

Après avoir pris part au sommet de l’OTAN, le premier ministre canadien se rendra en Ukraine ainsi qu’au camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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