Aaron Driver n’était pas issu de l’immigration, mais fils d’un caporal de l’Aviation royale canadienne

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Le jeune apprenti-terroriste Aaron Driver, abattu mercredi par la police canadienne, et qui avait prêté allégeance au groupe État islamique. (AFP)
Tout de noir vêtu et le visage encagoulé, Aaron Driver, 24 ans, prête allégeance à l’EI, dans une vidéo diffusée jeudi 11 août par la police qui révèle, au passage, l’avoir eu sous le radar depuis décembre 2014. (AFP)

Sur le point de perpétrer un attentat suicide où il aurait entraîné dans la mort des dizaines, voire des centaines de personnes, le jeune sympathisant de l’EI Aaron Driver, abattu mercredi par la police, n’était pas issu de l’immigration, mais le fils d’un caporal de l’Aviation royale canadienne basé à Cold Lake.

Voulant rompre rompre son isolement au sein d’une famille déstructurée, il s’était connecté à des jeunes radicalisés aux idées djihadistes.

Il n’avait plus de contact depuis environ deux ans avec son père qui a déclaré à la télévision canadienne qu’Aaron était un enfant heureux qui avait «changé» après la mort de sa mère. « Je crois qu’il m’a un peu blâmé pour la mort de sa mère et il est devenu très renfermé par la suite », a précisé le père du jeune apprenti-terroriste.

Aaron Driver, qui s’était converti à l’islam, est pourtant né dans une famille catholique de la province de Saskatchewann dans l’ouest canadien.

Mais tout semble basculer quand il a 7 ans à la mort de sa mère. Son père se remarie et s’engage dans les forces armées.

« C’est comme s’il avait éteint la lumière après avoir mis une pancarte +ne pas déranger+ sur sa porte », avait confié son père à la chaîne publique CBC en 2015.

La version donnée par Aaron Driver est un peu différente. Dans le même reportage que la CBC lui avait consacré, le jeune homme expliquait que, surpris en train de fumer du cannabis alors qu’il a 14 ans, son père le rejette en l’envoyant chez sa soeur aînée à London (Ontario, centre-sud).

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Une crise d’adolescence à la sauce islamiste

En manque de repère, il confronte ses croyances, lit la bible, suit des débats entre chrétiens et musulmans, pour finalement se tourner définitivement vers l’islam au début des années 2010.

À cette époque, quand il passe dans la maison familiale à Winnipeg (Manitoba), « il était très secret, comme un loup solitaire, aucun ami ne venait à la maison, ne disait jamais où il allait ou ce qu’il faisait », selon son père qui craint alors que son fils devienne « un extrémiste radical ».

Aaron Driver le justifiait autrement: « En voyant ce qui se passe en Syrie, cela vous révolte et en même temps ça vous brise le coeur, et je pense que si vous savez ce qui se passe vous devez faire quelque chose ».

En même temps, l’homme ne voit aucune raison à ce que « les Canadiens pensent que je suis une menace ».

Avant un strict contrôle judiciaire, Aaron Driver a échangé beaucoup avec des jeunes prônant les actions violentes contre les pays occidentaux en lutte contre le groupe EI.

Ce sont ces échanges qui ont mené à son arrestation en juin 2015 et l’obligation de déménager chez sa soeur dans la petite localité de Strathroy, à 225 km au sud de Toronto.

C’est devant sa maison qu’il a été tué dans un taxi mercredi après avoir fait exploser un engin artisanal que la police le soupçonne d’avoir voulu utiliser dans un lieu très fréquenté.

« Vous avez du sang de musulmans sur les mains et nous aurons votre sang », lançait Aaron Driver au gouvernement canadien dans ce qui est maintenant une vidéo posthume.

*Avec AFP

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