Affaire Aaron Driver: l’efficacité des services de sécurité sera évaluée, promet Trudeau

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Le jeune apprenti-terroriste Aaron Driver, abattu mercredi par la police canadienne, et qui avait prêté allégeance au groupe État islamique. (AFP)
Le jeune apprenti-terroriste Aaron Driver, abattu mercredi par la police canadienne, et qui avait prêté allégeance au groupe État islamique. (AFP)

Après que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a évité le pire en déjouant un attentat après avoir été alertée par le FBI qu’un sympathisant de l’EI, Aaron Driver, s’apprêtait à frapper durant les heures de pointe la gare Union de Toronto, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé aujourd’hui que l’efficacité des services canadiens de sécurité sera évaluée.

Dans la foulée de l’attentat terroriste déjoué de justesse, le premier ministre estime que le comité parlementaire créé pour surveiller les activités des agences de renseignement aura à évaluer l’efficacité du travail de ces agences.

Mardi matin, en Nouvelle-Écosse pour annoncer du financement pour des projets d’infrastructure, après avoir félicité les policiers canadiens pour leur travail a rappelé la nécessité d’un équilibre entre la sécurité des Canadiens et le respect de leurs droits, mais, reconnaissant la nécessité d’évaluer le travail des services de sécurité, a annoncé que le comité parlementaire sur la sécurité, annoncé par son gouvernement le printemps dernier, se penchera sur le travail des agences comme la GRC et le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité).

« La surveillance assurera que nos agences de renseignement et de sécurité sont bel et bien en train de faire tout ce qui est nécessaire pour garder les Canadiens en sécurité « , a déclaré le premier ministre.

« Cette situation de la semaine dernière et des situations semblables, c’est exactement le genre de choses sur lesquelles le comité de parlementaires aura à s’exprimer, aura à réfléchir », a-t-il précisé.

Justin Trudeau s’attend maintenant à ce que ce comité offre « des conseils sur la manière dont on peut encore mieux assurer la sécurité des Canadiens, comme nous avons pu le faire la semaine dernière ».

L’affaire Driver: Qu’en sera-t-il la prochaine fois?

Le Canada, ébranlé après être passé à un cheveu d’un massacre, continuait hier de voir son salut dans la prévention. Ralph Goodale, en visite à Montréal lundi, a indiqué que le gouvernement canadien va créer, après la métropole québécoise, un centre « pour la sensibilisation et la lutte contre la radicalisation » au niveau fédéral.

Mais le jeune apprenti-terroriste, qui aurait très bien pu entraîner dans la mort des dizaines, voire des centaines de canadiens innocents, était pourtant bien connu des services de sécurité et tous les programmes de prévention et de déradicalisation ne l’aurtait peut-être pas emp¸eché de passer à l’acte.

Mais le plus troublant est que, sans l,alerte du FBI, nous en serions peut-être aujourd’hui à compter les morts.

L’homme de 23 ans avait déjà été arrêté par la police fédérale en juin 2015 à Winnipeg, soupçonné d’avoir publié (sous le nom de Harun Abdurahman) un guide sur les réseaux sociaux afin d’aider les djihadistes à se rendre en Syrie.

Driver avait également applaudi l’attentat du parlement d’Ottawa perpétré par Michael Zehaf-Bibeau en 2014 et, février 2016, à la télévision publique canadienne, s’était même vanté d’ être un «sympathisant» de l’État islamique.

Il était depuis sous le coup d’un mandat de paix assorti de plusieurs conditions de remise en liberté. Il n’avait pas le droit d’utiliser un ordinateur ou un téléphone cellulaire et devait porter un bracelet électronique. Il avait toutefois contesté cette décision et ne portait pas ce bracelet au moment des événements. Il était en outre tenu d’habiter chez sa sœur à Strathcoy-Caradoc en raison de conditions de libération imposées par la Cour.

De coup, plusieurs Canadiens ont exprimé des doutes l’efficacité de la prévention et celle des mandats de paix à l’encontre d’individus qui, de toutes façons, méprisent nos lois.

C’est à la principale gare ferroviaire de Toronto, la gare Union, où transitent des centaines de milliers de passager tous les jours, qu’Aaron Daniel Driver, 23 ans, le sympathisant de l’EI abattu hier par la police à Strathcoy en banlieue de London, en Ontario, voulait commettre un attentat suicide en souhaitant faire un maximum de morts.

Alerté par les Américains, la semaine dernière, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a, certes, pu intercepter in extremis Aaron Driver et abattre mercredi soir 10 août, dans une petite ville du sud-est de l’Ontario, le jeune Canadien radicalisé qui préparait une attaque terroriste, mais, qu,en sera-til la prochaine fois?

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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