Google, Facebook et Twitter accusés de ne pas en faire assez contre le cyberdjihadisme

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La page couverture de la page Facebook de Nader Saadeh, arrêté près de New-York le 10 août 2015  et accusé de soutien au terrorisme
La page couverture de la page Facebook de Nader Saadeh, arrêté près de New-York le 10 août 2015 et accusé de soutien au terrorisme

Les géants de l’internet, en particulier Google, Facebook et Twitter, ne déploient pas suffisamment de moyens pour empêcher les cyberdjihadistes de mettre à profit leurs services, a accusé une commission du Parlement britannique jeudi.

«La ligne de front moderne, c’est internet», écrit le député Keith Vaz, président de la commission des Affaires intérieures, dans un rapport publié jeudi. «Ses forums de discussion et réseaux sociaux sont la sève de Daech et des autres groupes terroristes en matière de recrutement, de financement et de diffusion de leur idéologie», poursuit-il.

«Et c’est en toute connaissance de cause que les grandes entreprises comme Google, Facebook et Twitter (toutes trois américaines, NDLR), se révèlent incapables de répondre à cette menace», ajoute-t-il en estimant que cet «échec» fait de certaines parties d’internet des zones de non-droit.

Quant aux centaines de milliers de comptes suspendus par Twitter et aux millions de vidéos supprimées par Google, elles ne représentent qu’une «goutte d’eau dans l’océan», affirme la commission.

Le problème, souligne-t-elle, vient notamment du manque de moyens humains mis à disposition pour traquer les contenus litigieux: «Ces entreprises ont des équipes de seulement quelques centaines d’employés pour surveiller des réseaux de milliards de comptes».

«Les terroristes et l’apologie du terrorisme ne sont pas autorisés sur Facebook, et nous répondons rapidement et fermement aux signalements de contenus à caractère terroriste», a réagi Simon Milner, un des responsables de Facebook UK, affirmant que l’entreprise «travaille depuis des années avec des experts pour contrer» les discours extrémistes.

Un porte-parole de YouTube (filiale de Google) a lui assuré que la plateforme allait «continuer de travailler avec le gouvernement et les autorités judiciaires afin de définir comment mieux répondre à la radicalisation».

De son côté, Twitter a annoncé la semaine dernière avoir suspendu 235 000 comptes ces six derniers mois dans le cadre de sa lutte contre les publications faisant la promotion du terrorisme.

Ajouté aux suspensions déjà évoquées en février, quand Twitter avait donné un chiffre pour la première fois, cela porte le total des comptes à contenus terroristes suspendus depuis mi-2015 à 360 000.

L’entreprise avait réaffirmé à cette occasion qu’il n’y a «pas d’algorithme magique» pour identifier les contenus terroristes sur internet. C’est aussi ce qu’ont indiqué par le passé d’autres grands acteurs d’internet.

À l’instar du Royaume-Uni, plusieurs gouvernements ont fait monter la pression pour renforcer la lutte contre la propagande jihadiste en ligne.

La commission du Parlement britannique recommande de muscler les moyens de la police antiterroriste chargée de la surveillance d’internet. Plus insolite, elle propose également de faire appel aux créateurs de jeux vidéo pour contrer la propagande jihadiste avec des moyens sophistiqués.

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