La Jordanie a atteint «ses limites» pour l’accueil des réfugiés syriens

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Des préfabriqués servant à accueillir des réfugiés syriens au camp d'Azraq, dans le nord de la Jordanie, le 30 janvier 2016. (AFP/Archives/KHALIL MAZRAAWI)
Des préfabriqués servant à accueillir des réfugiés syriens au camp d’Azraq, dans le nord de la Jordanie, le 30 janvier 2016. (AFP/Archives/KHALIL MAZRAAWI)

La Jordanie, qui accueille des centaines de milliers de réfugiés syriens, « a atteint ses limites », a déclaré le roi Abdallah II dans un entretien publié lundi dans le quotidien semi-officiel « al-Destour ».

« La Jordanie a une grande responsabilité (quant aux réfugiés syriens) dans la région ». Cependant, nous avons atteint nos limites », a souligné le roi.

« La Jordanie fait tout son possible pour aider les réfugiés, mais cela ne se fera aucunement aux dépens des Jordaniens et de leur sécurité », a-t-il ajouté.

Le royaume hachémite fait face à une arrivée massive de réfugiés depuis le déclenchement du conflit syrien en 2011. Selon l’ONU, le pays accueille quelque 630.000 Syriens enregistrés auprès du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), mais Amman les évalue à plus de 1,3 million.

S’alarmant des « conséquences grandissantes de l’afflux de réfugiés syriens », le souverain a appelé « la communauté internationale à être (…) un partenaire à part entière pour partager cette responsabilité car il s’agit (bien) d’une crise internationale ».

« Malheureusement, (l’aide) que nous avons reçue de la communauté internationale n’a pour l’instant pas excédé 35% du coût de l’accueil des réfugiés. Le reste a été couvert par la Jordanie », a-t-il regretté.

La situation humanitaire est particulièrement préoccupante à la frontière jordanienne, où des dizaines de milliers de Syriens sont bloqués depuis le 21 juin, date d’un attentat suicide qui a tué sept militaires. A la suite de cette attaque, Amman y a établi une « zone militaire fermée » et bloqué l’aide humanitaire.

Le roi a affirmé dans l’interview que cette décision avait été prise après des informations sur la présence d’éléments extrémistes parmi les réfugiés qui se pressaient dans cette zone désertique.

« Notre sécurité nationale demeure notre priorité », a déclaré Abdallah II, ajoutant que son pays serait prêt à aider au transfert de ces réfugiés bloqués à la frontière vers « tout pays désireux de les accueillir ».

Depuis l’établissement de cette « zone militaire fermée », seule une « aide urgente » a pu être livrée le 4 août par des organismes de l’ONU.

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