La Russie frappe les djihadistes en Syrie depuis l’Iran, mais après avoir prévenu les Américains

0
Le premier groupe des bombardiers Su-34 est arrivé le 15 mars à la base aérienne de la Région militaire Ouest près de Voronezh, en Russie. Avant d’atterrir les avions ont fait un passage à basse altitude en formation au-dessus de l’aérodrome où ils ont ensuite été accueillis par le Commandant en chef des Forces aérospatiales, le colonel-général Viktor Bondarev.(Ministère russe de la Défense)
Des Su034 et Tu-22M3 ont décollé de la base iranienne de Hamedan pour aller frapper les djihadistes, en Syrie.(Archives/Ministère russe de la Défense)

Des bombardiers russes ont frappé mardi pour la première fois des positions djihadistes en Syrie en décollant d’un aérodrome en Iran, un pas supplémentaire dans la coopération militaire entre les deux principaux soutiens du régime de Damas.
—–

Mise à jour au 17/08/2016 à 10h48

L’aviation russe a bombardé pour le deuxième jour consécutif mercredi des positions jihadistes en Syrie en partant de l’aérodrome d’Hamedan en Iran, a annoncé le ministère russe de la Défense.

« Le 17 août (mercredi), des bombardiers Su-34 ont décollé de l’aérodrome d’Hamedan en territoire iranien pour frapper des positions du groupe terroriste État islamique (EI) dans la région de Deir Ezzor » en Syrie, a indiqué le ministère dans un communiqué.

« Les avions étaient chargés au maximum de leur capacité avec des bombes à fragmentation », précise-t-il.

Ces frappes ont permis, selon le ministère, la destruction de deux postes de commandement et de camps d’entraînements de l’EI, ainsi que « l’élimination de plus de 150 combattants, parmi lesquels figuraient des mercenaires étrangers ».

—–
Mise à jour au 16/08/2016 à 13h57

Les autorités russes avaient prévenu la coalition contre le groupe État islamique (IE) menée par les États-Unis peu avant que ses bombardiers ne décollent d’une base en Iran pour frapper les djihadistes, selon un responsable militaire américain mardi.

La coalition internationale et la Russie essaient de s’entendre pour éviter tout accident ou confrontation inutile dans le ciel au-dessus de la Syrie entre leurs avions: les deux camps se tiennent donc en général informés des opérations en cours.

« La Russie a prévenu la coalition », a déclaré le colonel américain Chris Garver, porte-parole de la coalition, lors d’une conférence de presse par vidéo. Il est stationné à Bagdad.

« Ils nous ont informés qu’ils allaient traverser (une zone sous contrôle de la coalition) et nous avons fait en sorte de nous assurer de la sécurité des vols quand leurs bombardiers sont passés à travers la zone en se dirigeant vers leurs cibles, et quand ils sont rentrés. Cela n’a pas eu d’impact sur les opérations menées dans le même temps par la coalition, ni en Irak, ni en Syrie », a-t-il ajouté.

—–

Le ministère russe de la Défense a annoncé que des bombardiers Tu-22M3 et Su-34 avaient décollé de la base militaire de Hamedan, dans le nord-ouest de l’Iran, pour frapper en Syrie des positions du groupe État islamique (EI) et du Front al-Nosra (aujourd’hui Front Fateh al-Cham après avoir renoncé à son rattachement avec Al-Qaïda).

Ces frappes ont permis, selon le ministère, la destruction de « cinq grands dépôts d’armes et de munitions » et de camps d’entraînement à Deir Ezzor, Saraqeb dans la région d’Idleb et à Al-Bab, une ville tenue par l’Etat islamique dans la région d’Alep.

Les avions russes ont également frappé trois centres de commandement dans les régions de Jafra et Deir Ezzor, éliminant « un grand nombre de combattants », selon le communiqué.

C’est la première fois que la Russie utilise un pays tiers pour mener des frappes en Syrie depuis le déclenchement de sa campagne militaire, il y a près d’un an.

L’annonce de ces frappes a été précédée par la visite lundi à Téhéran du vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, qui a été reçu par le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif pour évoquer notamment le conflit syrien.

‘Coopération’ avec les USA

La Russie et l’Iran sont les deux grands alliés du régime syrien de Bachar al-Assad, qu’ils soutiennent politiquement, financièrement et militairement contre les groupes rebelles et les djihadistes.

Pour Moscou, ce soutien militaire a débuté fin septembre 2015 avec une campagne de bombardements aériens en soutien aux troupes syriennes, qui a permis aux forces de Bachar al-Assad de reprendre du terrain et notamment la cité antique de Palmyre aux djihadistes.

La Russie intervenait jusque-là surtout depuis l’aérodrome militaire de Hmeimim, dans le nord-ouest de la Syrie, ou via des frappes depuis des navires en mer.

Des bombardiers stratégiques Tu-22M3 partis de Russie avaient déjà frappé la Syrie mais la base de Hamedan, situé à moins de 1.000 km de la frontière syrienne, réduit considérablement leur temps de vol.

Après plusieurs mois de frappes aériennes, le président Vladimir Poutine avait annoncé en mars le retrait de la majeure partie du contingent russe de Syrie. Mais la Russie y garde des installations et des hommes et continue ses bombardements en soutien aux troupes syriennes.

Une source militaire a en outre révélé lundi à l’agence de presse russe Interfax que Moscou avait demandé à l’Iran et à l’Irak la permission de faire voler des missile de croisière à travers leur espace aérien.

Le ministre de la Défense russe, Sergueï Choïgou, a affirmé lundi que Moscou et Washington étaient proches d’un accord sur une coopération militaire à Alep, ville-clé du conflit syrien où s’affrontent âprement les forces de Damas et les rebelles. Cette information n’a pas été confirmée par les Etats-Unis.

M. Choïgou n’a pas précisé les modalités de cette coopération mais un haut-diplomate russe, Alexeï Borodavkine, a indiqué à l’agence Interfax qu’il pourrait s’agir de livraison d’aide humanitaire commune et d’un accord sur la distinction entre groupes rebelles « modérés » et jihadistes à Alep.





Les commentaires sont fermés.