Le Canada très inquiet à la suite des preuves concluant à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie

0
Des bénévoles portant des masques à gaz apprennent comment réagir face à une attaque chimique, le 15 septembre 2013 à Alep (Jm Lopez/AFP)
Des bénévoles portant des masques à gaz apprennent comment réagir face à une attaque chimique, le 15 septembre 2013 à Alep (Jm Lopez/AFP)

Alors que la Russie met en doute les conclusions du rapport d’enquête de l’ONU qui accuse son allié syrien d’avoir mené des attaques chimiques au gaz de chlore, le Canada se déclare très inquiet à la suite des preuves concluant à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a déclaré aujourd’hui que « Le gouvernement du Canada est très inquiet à la suite des conclusions du MEC [Mécanisme d’enquête conjoint (MEC) des Nations Unies et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques attribuant la responsabilité des attaques aux armes chimiques en Syrie, NDLR]. Cette enquête sérieuse, indépendante et impartiale démontre clairement que le gouvernement de la Syrie a utilisé à maintes reprises des armes chimiques contre sa population et que Daech a utilisé du gaz moutarde ».

Moscou, comme son allié syriens, rejettent le rapport de l’ONU: les enquêteurs ont trouvé « l’arme du crime » mais « il n’y a pas d’empreintes sur l’arme », a affirmé l’ambassadeur russe auprès des Nations unies Vitali Tchourkine à des journalistes après une réunion à huis clos du Conseil de sécurité consacrée à l’examen du rapport, remis la semaine dernière.

L’experte argentine en désarmement Virginia Gamba, qui a conduit l’équipe de 24 enquêteurs, a affirmé toutefois qu’ils avaient réuni des « preuves d’un haut niveau de fiabilité » et vérifiées auprès de nombreuses sources.

Elle a assuré que les enquêteurs fourniront en outre à la mi-septembre ses conclusions sur trois autres cas d’attaques chimiques présumées dans le nord de la Syrie cités dans le rapport.

Le Canada demande donc « que les responsables de l’utilisation odieuse des armes chimiques aient à répondre de leurs actes et de leurs violations flagrantes de la loi. La communauté internationale doit demander au gouvernement de la Syrie de respecter ses obligations au titre de la Convention sur les armes chimiques, du droit humanitaire international et de la résolution 2118 (2013) du Conseil de sécurité des Nations Unies », a déclaré le chef de la diplomatie canadienne.

La France, souhaite elle aussi « des sanctions contre les responsables de ces actes qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », a déclaré l’ambassadeur français François Delattre.

Il a souhaité que le mandat du JIM soit prolongé d’un an au moins.

L’ambassadrice américaine Samantha Power a affirmé que Damas devrait « payer le prix » de ces attaques mais sans préciser de quelle façon.

« Tous ceux qui sont responsables doivent rendre des comptes », a abondé l’ambassadeur britannique Matthew Rycroft. « Nous souhaitons un régime de sanctions et l’utilisation des mécanismes légaux internationaux pour rendre la justice ».

Les crimes de guerre et crimes contre l’humanité sont le domaine de compétence de la Cour pénale internationale (CPI).

« Le Canada demande aussi la fin immédiate des attaques qui ciblent les civils et les infrastructures civiles, comme les établissements de santé, et de l’utilisation de barils d’explosifs et d’autres armes qui frappent sans distinction, y compris des armes chimiques, par le gouvernement de la Syrie et par Daech », a ajouté également pour sa part le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, précisant aussi que @Le Canada appuie la prolongation du mandat du MEC pour qu’il puisse terminer ses travaux. »

Le MEC a été créé par la résolution 2235 (2015) du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le Programme de partenariat mondial du Canada a versé 2 millions de dollars américains (2,8 millions de dollars canadiens) au MEC en février 2016.

Le Canada a coparrainé la résolution 2286 (2016) du Conseil de sécurité des Nations Unies, laquelle condamne fermement les attaques ciblant le personnel et les installations médicales en période de conflit armé.

Mais les tentatives des Occidentaux au Conseil pour obtenir que la CPI se saisisse des exactions commises dans la guerre complexe en Syrie ont buté jusqu’ici sur l’opposition de la Russie et de la Chine.

Les commentaires sont fermés.