Le jeune terroriste abattu en Ontario visait la gare Union où transitent plus de 200 000 personnes par jour

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La gare Union (Toronto Union Station, où voulait poser une bombe lors d,un attentat suicide le jeune apprenti-terroriste Aaron Daniel Driver, abattu par la police le 10 août 2016 lors d'une intervention à sa résidence, est la principale gare ferroviaire de la ville de Toronto au Canada.(Wikipédia)
La gare Union (Toronto Union Station, où voulait poser une bombe lors d,un attentat suicide le jeune apprenti-terroriste Aaron Daniel Driver, abattu par la police le 10 août 2016 lors d’une intervention à sa résidence, est la principale gare ferroviaire de la ville de Toronto au Canada.(Wikipédia)

C’est à la principale gare ferroviaire de Toronto, la gare Union, où transitent des centaines de milliers de passager tous les jours, qu’Aaron Daniel Driver, 23 ans, le sympathisant de l’EI abattu hier par la police à Strathcoy en banlieue de London, en Ontario, voulait commettre un attentat suicide en souhaitant faire un maximum de morts.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait annoncé hier soir avoir reçu de «l’information crédible indiquant une menace terroriste potentielle» et avoir «identifié» un suspect, sans donner plus de détails. La chaîne privée canadienne CTV, suivie de la chaîne publique CBC, s’appuyant sur un document interne dont elle avait pou prendre connaissance, indiquait que le suspect avait l’intention de commettre ce mercredi un attentat à la bombe pour tuer le plus de personnes possible. Le document mentionnait également ses liens avec le groupe État islamique.

L’homme de 23 ans avait déjà été arrêté par la police fédérale en juin 2015 à Winnipeg, soupçonné d’avoir publié (sous le nom de Harun Abdurahman) un guide sur les réseaux sociaux afin d’aider les djihadistes à se rendre en Syrie.

Il avait également applaudi l’attentat du parlement d’Ottawa perpétré par Michael Zehaf-Bibeau en 2014 et, février 2016, à la télévision publique canadienne, s’était même vanté d’ être un «sympathisant» de l’État islamique.

Aaron Daniel Driver était depuis sous le coup d’un mandat de paix assorti de plusieurs conditions de remise en liberté. Il n’avait pas le droit d’utiliser un ordinateur ou un téléphone cellulaire et devait porter un bracelet électronique. Il avait toutefois contesté cette décision et ne portait pas ce bracelet au moment des événements.

Aaron Daniel Driver était en outre tenu d’habiter chez sa sœur à Strathcoy-Caradoc en raison de conditions de libération imposées par la Cour, et c’est là que la police est intervenue hier.

Vers 16h, les forces d’élite de la GRC, aidées des Forces spéciales des Forces armées canadiennes, déclenchant l’opération qui allait mener à la mort de Driver.

Les tireurs d’élite, prêts à faire feu, étaient postés sur plusieurs terrains résidentiels du périmètre de sécurité érigé par la police, tandis que des membres de l’escouade antibombe pénétraient dans une résidence vêtus d’habits de protection contre les explosifs. Le jeune sympathisant de l’EI était finalement abattu et les forces de l’ordre, croyant savoir que le jeune terroriste agissait seul, déclaraient que la menace était écarté.

Il semblerait donc que, cette fois, la surveillance dont faisait l’objet un jeune Canadien radicalisé ait fonctionné, évitant une hécatombe.

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La GRC alerté par le FBI

La voiture de taxi dans laquelle prenait place le sympathisant de l'EI Aaron Driver lorsqu'il a été intepellé et abattu lors d'une confrontation avec la police le 10 août 2016 à Strathcoy, en banlieue de London. (GRC)
La voiture de taxi dans laquelle prenait place le sympathisant de l’EI Aaron Driver lorsqu’il a été intepellé et abattu lors d’une confrontation avec la police le 10 août 2016 à Strathcoy, en banlieue de London. (GRC)
Le sous-commissaire à la Police fédérale Mike Cabana et la commissaire adjointe Jennifer Strachan, commandante de la Division O (Ontario) de la GRC, ont fait aujourd’hui le point sur cette maffaire.

Le 10 août 2016, la GRC a reçu de l’information du FBI au sujet d’un individu qui en était aux dernières étapes de sa planification pour perpétrer un attentat à l’engin explosif artisanal avec lequel il comptait frapper dans les 72 heures suivantes un centre urbain en pleine heure de pointe du matin ou de l’après-midi.

« La sécurité des Canadiens est de la plus haute importance pour la GRC. Dès que nous avons reçu l’information, nous avons pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité publique », a déclaré le sous-commissaire Mike Cabana. « Nous avons rapidement mobilisé les organismes de sécurité et de l’application de la loi en leur demandant de faire preuve d’une plus grande vigilance et d’être à l’affut de tout élément suspect. »

La police fédérale canadienne a alors pu identifier le suspect, Aaron Driver, et le localiser d,autant mieux qu’il était connu des milieux policiers et puisqu’il était soumis à un engagement de ne pas troubler l’ordre public en lien avec du terrorisme, comme il a été révélé hier.

Des groupes spéciaux de la police, dont le Groupe de l’enlèvement des explosifs de la GRC, ont été dépêchés dès mercredi au domicile du jeune sympathisant de l’EI.

« Quand le suspect est sorti d’une résidence de la rue Park, et est monté dans un taxi, le Groupe tactique d’intervention (GTI) de la GRC a interpellé le suspect; il y a eu une explosion à l’intérieur du taxi et le suspect est mort à la suite d’une confrontation avec la police », a expliqué pour sa part la commissaire adjointe Jennifer Strachan, commandante de la Division O (Ontario).

Les enquêteurs ont passé ensuite la nuit à recueillir des éléments de preuve, mais la GRC a refusé à cette étape-ci de fournir d’autre détail sur l’enquête en cours.

La gare Union

Ce que l’on sait, pour l’instant, est que le jeune apprenti-terroriste voulait, lors d’un attentat suicide faire exploser à la gare Union une bombe à l’heure de pointe, alors que la gare est bondée,

La gare Union (Toronto Union Station) est la principale gare ferroviaire de la ville de Toronto au Canada. Située au 65 rue Front ouest, entre la rue Bay et la rue York, elle abrite également la station du métro de Toronto la plus proche du lac Ontario dans le sud.

La gare est plus utilisée que toutes les autres gares et aéroports du Canada.

Plusieurs sociétés ferroviaires chemins de fer l’utilisent, dont Via Rail Canada, ligne Montréal-Ottawa-Vancouver (le Canadien), Windsor-Sarnia, et Niagara Falls (Ontario), GO Transit, le chemin de fer suburbain de Toronto, Amtrak, pour la ligne qui relie Toronto à New York et Blue22, le train de passagers qui connecte Toronto avec son aéroport.

En outre, plusieurs lignes d’autobus de la Toronto Transit Commission utilisent aussi la gare: la ligne de métro Yonge-University-Spadina, les lignes d’autobus 6 Bay, 65 Parliament, 72 Pape, et 97 Yonge, les lignes de trams 503 Kingston Road, 509 Harbourfront, et 510 Spadina.

En outre, il s’y déroule une multitude d’activités. De juin à septembre la gare Union accueille 20 vendeurs de nourriture, des chariots mobiles et des animations quotidiennes.

En tout, la gare est fréquentée par près de 200 000 usagers par jour, en plus des Torontois qui viennent y participer aux multiples activités qui s’y déroulent, ce qui donne une idée de l’hécatombe qu’aurait causé l’attentat si le jeune apprenti-terroriste avait pu réaliser son plan.

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