Le ministre de la Défense termine sa visite en Éthiopie

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Le ministre de la Défense Harjit S. Sajjan pose pour une photo de groupe avec les membres du Centre international de formation au maintien de la paix de l’Éthiopie et de la délégation canadienne, au cours de sa visite en Afrique, le 10 août 2016. (Caporal-chef True-dee McCarthy/Caméra de combat des Forces canadienne)
Le ministre de la Défense Harjit S. Sajjan pose pour une photo de groupe avec les membres du Centre international de formation au maintien de la paix de l’Éthiopie et de la délégation canadienne, au cours de sa visite en Afrique, le 10 août 2016. (Caporal-chef True-dee McCarthy/Caméra de combat des Forces canadienne)

Le ministre de la Défense Harjit S. Sajjan a conclu aujourd’hui un séjour de deux jours à Addis-Abeba, en Éthiopie. Le ministre effectue actuellement la visite de cinq pays d’Afrique, au cours de laquelle il rencontre des partenaires africains dans le but de recueillir des renseignements qui orienteront la participation continue du Canada aux opérations de soutien de la paix.

Le séjour a commencé le 10 août par une séance d’information et par une visite du Centre international de formation au maintien de la paix de l’Éthiopie. Le ministre Sajjan a alors rencontré son homologue, Siraj Fergessa, ministre éthiopien de la Défense nationale, puis a tenu une réunion avec le premier ministre de l’Éthiopie, Hailemariam Desalegn. Pendant l’après-midi, le ministre a participé à une série de tables rondes avec des représentants d’ONG, de groupes de réflexion et des Nations Unies. La journée s’est terminée par une rencontre avec Haile Menkerios, chef du Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (BNUUA) et représentant spécial du Secrétaire général (RSSG) auprès de l’Union africaine.

Le 11 août, le ministre Sajjan a rencontré Mahboub Maalim, secrétaire exécutif de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Il s’est aussi entretenu avec des ambassadeurs de pays africains qui hébergent ou fournissent actuellement des militaires à l’appui des opérations de soutien de la paix, ainsi qu’avec des ambassadeurs de pays finançant les missions de paix des Nations Unies et de l’Union africaine. La journée s’est terminée par une réunion avec des représentants du département Paix et Sécurité de l’Union africaine, notamment le commissaire chargé des affaires sociales, Mustapha Sidiki Kaloko. À cette occasion, on lui a donné un exposé complet des capacités et efforts actuels du département Paix et sécurité.

Le ministre poursuivra sa tournée africaine en se rendant en République démocratique du Congo, au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda d’ici au 16 août.

L’Afrique et la paix, entre le maintien et l’imposition

Faisant écho aux remarques de Harjit Sajjan peu après le Sommet de l’OTAN de Varsovie et juste après une visite en Irak et au Koweït, le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, avait clairement confirmé à la mi-juillet que les Forces armées canadiennes allaient de nouveau reprendre le chemin de l’Afrique et annoncé une visite d’exploration.

La visite du ministre en Afrique doit contribuer à orienter la participation continue du Canada aux opérations de paix tout en appuyant l’examen de la politique de défense du Canada, qui s’est récemment conclu.

«Certaines parties du monde… n’ont pas eu l’attention qu’elles méritaient, et voilà pourquoi nous regardons maintenant l’Afrique», avait déclaré le ministre Sajjan le mois dernier, ajoutant également que «Contenir la propagation du terrorisme en Afrique est une préoccupation pour le Canada».

Bien évidemment, nombreux s’interrogent avec raison sur la pertinence d’un «maintien de la paix» dans une zone de conflit et les conséquences que cela peut avoir sur les troupes sur le terrain.

Selon le ministre lui-même, on ne peut raisonnablement plus, justement, appelé les opérations actuelles des Casques bleus comme étant un maintien de la paix, vu la nature même des missions.

Harjit Sajjan reconnaît ainsi que le travail dans les pays ravagés par les conflits est potentiellement plus dangereux ces jours-ci et préfère plutôt l’expression «opérations de soutien de la paix» pour décrire la tâche que Canada se prépare à embrasser dans un ou plusieurs endroits en Afrique. La nuance est importante, puisque le terme de soutien permettrait aux militaires déployés de «naviguer» entre le maintien de la paix et l’imposition de la paix (voir les définitions plus bas, NDLR).

Le Canada a, de plus, récemment signé les Principes de Kigali, qui donne notamment plus de latitude au commandant du détachement militaire sur le terrain pour décider d’intervenir ou non.

Selon les principes de Kigali, les Casques bleus doivent «se préparer à utiliser la force pour protéger les civils autant que nécessaire, en accord avec le mandat» de leur mission, y compris en menant des «actions militaires directes contre les acteurs armés» menaçant ces civils.

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Maintien de la paix (peacekeeping) : empêcher la reprise d’un conflit armé mais ne traite pas les causes mêmes du conflit

Rétablissement de la paix (peacemaking) : étouffer un conflit en cours, ce qui suppose habituellement des efforts diplomatiques visant à conduire les parties en présence à un accord négocié

Imposition de la paix (peace enforcement) : lorsque le Conseil de sécurité a décidé d’agir face à une menace contre la paix, à une rupture de la paix ou à un acte d’agression

Consolidation de la paix (peacebuilding) : réduire le risque d’éclatement ou de reprise d’un conflit en renforçant les capacités nationales de gestion des conflits à tous les niveaux et en posant les bases d’une paix et d’un développement durables.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER

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