Les forces irakiennes se rapprochent du fief djihadiste de Mossoul

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Poste d'observation tenu par un peshmerga kurde au sommet du mont Zardak, 25 km à l'est de Mossoul, en Irak, le 6 août 2015. (Safin Hamed/AFP)
Poste d’observation tenu par un peshmerga kurde au sommet du mont Zardak, 25 km à l’est de Mossoul, en Irak, le 6 août 2015. (Archives/Safin Hamed/AFP)

Les forces armées irakiennes se sont un peu plus rapprochées jeudi de Mossoul, le dernier grand bastion du groupe État islamique (EI) en Irak, en s’emparant de la ville de Qayyarah, une étape « clé » dans cette reconquête selon le Premier ministre.

L’annonce de ce succès militaire a coïncidé avec la destitution par le Parlement du ministre de la Défense Khaled al-Obeidi pour des soupçons de corruption. Le Premier ministre Haider al-Abadi perd ainsi l’un de ses proches alliés sunnites dans un contexte politique tendu sur fond de manifestations anticorruption.

Les forces armées aidées des services du contre-terrorisme (CTS) sont venues à bout des djihadistes 48 heures après le lancement de l’assaut contre Qayyarah, une ville moyenne située à une soixantaine de kilomètres au sud de Mossoul.

Ces forces sont engagées depuis des semaines dans cette région avec comme objectif ultime une offensive majeure contre Mossoul dans les semaines ou mois à venir. Le Premier ministre a promis que le pays serait débarrassé de l’EI fin 2016.

A la faveur d’une offensive fulgurante en 2014, l’organisation ultraradicale s’était emparée de plusieurs pans du territoire irakien, faisant de Mossoul sa place forte.

Mais l’EI a perdu depuis du terrain face aux offensives des troupes soutenues par les raids aériens de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis.

« Nous contrôlons toute la ville et nous avons réussi, en un temps très limité, à déloger Daech » (acronyme arabe de l’EI), a annoncé à l’AFP le général Riyadh Jalal Tawfik, à la tête des forces terrestres.

Celui-ci a indiqué que des unités du génie s’attelaient à nettoyer la ville des engins explosifs laissés par les jihadistes avant leur fuite.

M. Abadi a salué la reprise de la ville par les « forces héroïques », qui « ont obtenu une grande victoire, qui représente une étape importante pour la libération de Mossoul ».

La grande majorité des villages autour de Qayyarah, un champ de pétrole ainsi qu’une raffinerie avaient été repris depuis mardi par les forces spéciales.

« La prise de Qayyarah permettra de couper Mossoul des zones plus au sud et sa conquête sera ainsi plus facile », a expliqué le général Najm al-Joubouri, du centre de commandement des opérations dans la province de Ninive, où se trouvent Qayyarah et Mossoul.

« C’est un coup dur pour Daech car cela le touche au portefeuille » avec la perte du champ pétrolier et de la raffinerie, a-t-il ajouté.


Un soldat irakien brandit le drapeau de l’Irak à Qayyarah ce jeudi 25 août 2016 pendant que des enfants dansent de joie autour de lui. (Vidéo @iraqi_day)

Cette nouvelle percée des forces irakiennes est la dernière en date d’une longue et coûteuse guerre contre les djihadistes, qui ont notamment perdu les villes de Tikrit et de Falloujah, à 50 km à l’ouest de Bagdad.

En vue de la bataille de Mossoul, Washington avait annoncé en juillet l’envoi de centaines de soldats supplémentaires pour aider les forces gouvernementales.

Mais ces opérations de reconquêtes ont été rendues plus difficiles par la crise politique qui s’éternise depuis plusieurs mois.

Le dernier épisode en date est le vote jeudi par une majorité de député de retirer leur confiance au ministre de la Défense qui avait été interrogé début août par des parlementaires au sujet d’accusations de pot-de-vin.

Les Irakiens s’étaient largement mobilisés à l’été 2015 pour dénoncer la corruption et le népotisme qui gangrènent la classe politique. Les Etats-Unis ont maintes fois exprimé leur inquiétude de voir cette crise politique irakienne prendre le pas sur la lutte antidjihadiste.

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